Journée mondiale contre la polio

Publié le 23 octobre 2015 | Modifié le 23 octobre 2015

Jamais le nombre d’enfants atteints de la polio n’a été aussi bas ! Mais tant que tous les enfants partout dans le monde ne seront pas régulièrement et systématiquement vaccinés, la menace persistera...

NEW YORK/GENÈVE, le 23 octobre 2015 – Jamais dans l’histoire de la polio aussi peu d’enfants dans aussi peu de pays n’avaient contracté ce terrible virus, mais nous devons poursuivre nos efforts jusqu’à ce que le nombre de cas atteigne zéro, a déclaré l’UNICEF à la veille de la Journée mondiale contre la polio.
 
« Les progrès accomplis pour éradiquer la polio sont réels et ils sont spectaculaires ; il ne reste aujourd’hui que deux pays dans le monde où la transmission du poliovirus sauvage n’a jamais été interrompue : l’Afghanistan et le Pakistan, » a affirmé Peter Crowley, le responsable du programme polio de l’UNICEF. « Mais, et ce mais est important, tant que tous les enfants partout dans le monde ne seront pas régulièrement et systématiquement vaccinés contre la polio, la menace persistera. Nous ne devons pas baisser notre garde ; nous devons continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul enfant non vacciné dans le monde. »
 
Il y a seulement trois ans, le Nigéria regroupait plus de la moitié des cas de polio dans le monde. Cette année, pour la première fois, le Nigéria est parvenu à interrompre la transmission du poliovirus sauvage, et le mois dernier il a été retiré de la liste des pays où la polio est endémique. Cet accomplissement remarquable du Nigéria a plus que jamais rapproché le pays et la région de l’Afrique du statut de zone exempte de poliomyélite. En Inde, où des milliers d’enfants souffraient auparavant chaque année de paralysies provoquées par la polio, aucun cas n’a été signalé depuis quatre ans. Dans le monde, seulement 51 cas de poliovirus sauvage ont été recensés depuis le début de l’année 2015, contre 242 en 2014.

Ces réussites sont le fruit d’une volonté politique et du rôle moteur des gouvernements dans les pays touchés ; d’une mobilisation et d’un engagement forts des communautés ; du courage et de l’implication des agents de première ligne ; et des efforts associés et coordonnés des partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite : les Centers for Disease Control and Prevention, l’Organisation mondiale de la Santé, le Rotary International, la Fondation Bill et Melinda Gates et l’UNICEF.

Dans le cadre de sa contribution à cette Initiative, l’UNICEF a fourni 1,7 milliard de doses de vaccins en 2014 et appuyé la formation de dizaines de milliers d’agents de première ligne dans les communautés, de Karachi au Pakistan à l’État de Kano au Nigéria, ce qui a permis de renforcer la confiance des parents et des communautés vis-à-vis du vaccin. Parmi les autres facteurs de réussite figurent l’intégration d’interventions vitales supplémentaires pour les enfants comme la vaccination de routine, la nutrition, le lavage des mains au savon, et l’allaitement maternel, aux campagnes de lutte contre la polio, en particulier dans les régions les plus mal desservies et les plus à risque.
 
Malgré ces progrès, des poussées récentes de poliovirus dérivé du vaccin dans des pays comme la RDP lao, l’Ukraine, la Guinée et Madagascar ont souligné les risques auxquels certains pays sont encore exposés à cause de la faible couverture de la vaccination de routine. Ces poussées rappellent la nécessité vitale de redoubler d’efforts pour renforcer les systèmes de vaccination de routine et lutter contre les disparités dans l’accès des enfants aux services de santé de base. En Ukraine, par exemple, moins de 14 % des enfants sont vaccinés contre la polio.
 
« Nous voulons arrêter la transmission de la polio dans le monde d’ici un an, mais le seul moyen d’y parvenir est que les pays où les taux de vaccination sont faibles redoublent d’efforts pour atteindre tous les enfants, où qu’ils soient, et quel que soit le degré de difficulté que cela implique, » a affirmé Peter Crowley.

A suivre sur Twitter