« Dilili à Paris » : Michel Ocelot crée une héroïne qui aide les enfants

Publié le 24 septembre 2018 | Modifié le 05 octobre 2018

Le réalisateur Michel Ocelot a donné naissance à Dilili, une fillette déterminée et courageuse, qui s'est donnée pour mission de sauver des filles. Ce personnage a été nommé messager de l'UNICEF.

Dans le film Dilili à Paris, l'héroïne éponyme s'évertue à libérer des fillettes portées disparues qui ont été kidnappées par une secte dénommée les « Mâles-Maîtres ». C'est ce combat en faveur des filles et de leur émancipation qui a valu à Dilili d'être nommée messagère de l'UNICEF. Le réalisateur Michel Ocelot nous en dit plus sur ce personnage.

D’après vous, quelles sont les valeurs que l’UNICEF et Dilili portent en commun ?

Dilili aide les enfants, elle délivre les petites filles. Elle a souffert, mais n’a pas cessé la lutte. Et elle pense à son avenir, à son métier. Elle s’affirme et fera quelque chose de sa vie.

Tout au long de l’œuvre, Dilili est animée par la volonté d’aider les autres. Pourquoi est-elle si passionnée par le fait de tendre la main ?

Je pense que nous sommes tous comme ça. Nous sommes tous égoïstes, mais nous avons tous un côté qui a pitié et qui veut aider. Certains ont ce côté très développé. Le roi Stanislas disait : « Le vrai bonheur, c’est de faire des heureux. »

Cette histoire est un conte chargé de symboles. On y retrouve notamment les « Mâles-Maîtres », une confrérie d'hommes résolus à empêcher les filles de s'épanouir. À vos yeux, qui sont les « Mâles-Maîtres » d’aujourd’hui ?

Tous les hommes qui font du mal aux femmes et aux filles, il y en a beaucoup sur toute la planète. Ce sont tous des hommes faibles qui ont besoin de s’affirmer et qui n’ont pas découvert qu’ils pouvaient faire autre chose que piétiner plus faible qu’eux. Il y a aussi les coutumes et les religions qu’on suit de trop près.

Louise Michel fut la principale enseignante de Dilili. Quelles sont les principales valeurs transmises par cette figure historique à cette enfant ?

D'abord, le travail bien fait. Louise Michel était institutrice, elle s’est trouvée bannie à l’autre bout de la terre et elle a continué à faire son travail. Ensuite, la générosité : à Paris, Louise Michel s’est battue pour les gens qui avaient besoin d’être défendus. En Nouvelle-Calédonie, elle a aidé plus d’un bagnard, elle a offert ses connaissances à des petits Kanaks et a cherché à défendre les grands Kanaks. L'autre grande leçon qu'elle a apprise à Dilili, c'est la non-violence. Dès l’enfance, Louise Michel a souffert des violences qu’on faisait aux humains, mais aussi aux animaux. Elle a parfois été mêlées à des actions violentes, mais ce n’est pas ce qu’elle avait voulu.

Dilili n’est finalement jamais au contact des siens. Pourquoi ?

Dilili est une métisse, vers 1900, à Nouméa. Ses parents n’ont pas pu assumer cette filiation et l’ont abandonnée. C’est une enfant des rues, et bien des gens l’ont rejetée parce qu’elle avait la peau plus claire que les autres. C’est naturellement qu’elle a voulu voir ailleurs, où on ne lui reprocherait pas d’avoir la peau trop claire. Elle découvre qu’en Europe, on trouve que sa peau est trop foncée. Elle progresse ainsi dans la connaissance des humains. Que ce soit à Nouméa ou à Paris, elle constate qu’il y a des gens qui la rejettent, et d’autres qui l’apprécient. Mais elle le dit elle-même : « Les Parisiens m’ont observée pendant des mois, c’est à mon tour d’observer les Parisiens. » Le bouillonnement de cette ville l’intéresse, et surtout « les gens qui font quelque chose », qui vont l’aider à grandir et fleurir.

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