Élections municipales 2020 : votez pour les enfants

Publié le 06 février 2020

De nombreuses décisions peuvent être prises à l’échelle des mairies pour améliorer la vie des enfants : voilà pourquoi UNICEF appelle les Français à prendre en compte les plus jeunes à l’occasion des élections municipales.

Si les droits de l’enfant sont garantis par une convention internationale, leur application débute là où vivent les enfants, dans les villes, les villages et les métropoles. De nombreuses politiques publiques peuvent être décidées en leur faveur par les maires. C’est la raison pour laquelle il est primordial que les droits des enfants constituent un enjeu des élections municipales 2020. Alors que le quotidien des enfants a été boulversé par l'épidémie de COVID-19, et que l'impact de cette crise pourrait se prolonger pour eux aussi, dans chaque commune, les maires peuvent veiller à ce que chaque enfant respire un air le moins pollué possible, reçoive une éducation de qualité, ne soit pas mis à l’écart en raison de son genre ou des revenus de ses parents, et puisse prendre part activement à la vie de sa commune en tant que citoyen.

Respirer

Les enfants sont plus vulnérables que les adultes à la pollution de l’air. Or, à ce jour, aucune des grandes villes françaises n’est allée assez loin pour en protéger efficacement ses habitants. Les maires peuvent pourtant agir concrètement pour améliorer la qualité de l’air respiré par les enfants. Dans les villes denses, des zones à faibles émissions peuvent être instaurées pour diminuer le niveau de pollution générale. Le maire peut également agir de façon plus ciblée avec des « rues scolaires » ou « rues aux enfants », rendues piétonnes de façon temporaire ou permanente, grâce auxquelles on diminue l’exposition aux gaz et particules nocifs pour la santé des plus jeunes. Les mairies peuvent aussi tenir compte de l’exposition à la pollution dans l’aménagement urbain : certaines formes urbaines et architectures favorisent la dispersion des polluants. Les conseils municipaux peuvent également choisir d’implanter les établissements scolaires ou les crèches à distance des axes routiers très fréquentés ou à l’écart des parkings.

C’est à l’échelle des villes que la décision d’interdire progressivement la circulation des véhicules diesel et essence dans les zones denses peut être prise. En plus d’agir sur la qualité de l’air, la diminution du nombre de voitures accroît la sécurité des enfants, qui peuvent alors marcher, courir ou faire du vélo plus facilement. Les villes peuvent favoriser le « savoir rouler à vélo » dans les écoles et les déplacements collectifs en vélo ou pied (pédibus ou vélobus). Dans chaque municipalité, les responsables politiques peuvent élaborer des solutions innovantes pour accompagner le changement et développer des alternatives à la voiture.

Apprendre

Les mille premiers jours, qui correspondent aux trois premières années d’un enfant, sont cruciaux dans son développement. Son cerveau établit des connexions qui lui seront utiles pendant toute sa vie et qui serviront de bases solides à tous ses apprentissages ultérieurs. Ouvrir des places en crèche, en particulier pour les enfants défavorisés et créer des passerelles pédagogiques avec les écoles maternelles, c’est aider les jeunes enfants à atteindre leur plein potentiel à terme. Cela contribue aussi à nouer une relation de confiance entre parents et enseignants. Les mairies peuvent ainsi jouer un rôle-clé dans le développement des capacités des enfants.

Les maires doivent s’assurer que chaque enfant de la commune ait accès à l’ensemble des services éducatifs, culturels et sportifs. Les municipalités disposent des moyens d’identifier les enfants exclus ainsi que les barrières qui les maintiennent à l’écart (langue, éloignement géographique, logement insalubre, manque d’informations, difficulté à produire des justificatifs, etc.). Des actions peuvent alors être entreprises, comme l’instauration de la gratuité pour les enfants et les jeunes en situation de précarité.

Inclure

Les conséquences de la crise du COVID-19 sur la pauvreté des enfants pourraient être terribles : alors que le nombre de familles ayant besoin d'aide alimentaire reste en forte hausse depuis plusieurs semaaines, et que selon une étude l'UNICEF et Save The Children, le nombre d'enfants vivant dans un ménage pauvre en Europe pourrait augmenter jusqu'à 44%, les villes ont un rôle à jouer pour limiter l'impact de la crise socio-économique sur les enfants. Les familles les plus pauvres peuvent, en particulier, être amenées à se tenir à distance du monde scolaire ; certains enfants vivants en situation de précarité ont ainsi eu des difficultés supplémentaires liées à la fermeture des écoles, et ont besoin d'un suivi rapproché pour éviter le décrochage scolaire. Les maires peuvent y remédier en encourageant les relations de confiance entre l’école et la famille : cela passe entre autres par du recours à de l’interprétariat si les parents ne maîtrisent pas le français, par une facilitation de l’inscription scolaire, par la démarche volontaire d’ « aller vers » ces familles et par la mise en place d’un accueil de qualité. Des partenariats peuvent aussi être noués avec des associations d’éducation populaire, l’Education nationale ou d’autres organismes pour encourager l’inclusion et la réussite des enfants les plus éloignés de l’école. Cela favorise leur intégration, leur bien-être et leur réussite.

Les inégalités se manifestent aussi entre les filles et les garçons. Les conseils municipaux peuvent corriger ces biais en s’assurant de favoriser des activités de loisirs que filles et garçons fréquentent dans les mêmes proportions. L’offre destinée aux filles doit également être aussi riche que celle qui est proposée aux garçons, car les inégalités que l’on constate entre les femmes et les hommes adultes apparaissent en fait dès l’enfance. Plus largement, les maires peuvent veiller à ce que des jeux mixtes soient encouragés dans les cours d’école : le classique terrain de foot, majoritairement usité par les garçons peut être repensé pour des activités plus mixtes. À terme, c’est tout l’aménagement urbain qui peut être repensé, pour insuffler l’idée d’un partage de l’espace public.

Participer

L’échelon local est idéal pour initier les plus jeunes aux rouages de la démocratie. Les politiques publiques ont un impact sur les enfants et en leur permettant de jouer un rôle actif dans les décisions qui les concernent, on favorise l’apprentissage de la citoyenneté et l’on s’assure de faire des choix plus justes et plus proches de leurs besoins. Les maires peuvent associer enfants et jeunes au budget participatif ou les consulter au moyen d’instances adaptées, comme un conseil municipal de jeunes. Avec des modes de participation informels et mobiles, on peut par ailleurs s’assurer que même les enfants et les jeunes les plus éloignés soient eux aussi impliqués.

En France métropolitaine, les 5000 bénévoles d’UNICEF France se lancent à la rencontre des candidats aux municipales pour les questionner sur la place accordée aux droits des enfants dans leur programme. Mais vous pouvez vous aussi agir : les enfants ne pourront pas voter les 15 et 22 mars prochains, alors votez aussi pour eux.

Média

Les collectivités "amies des enfants"

Pendant toute la campagne des Municipales, UNICEF a rappelé que le respect des Droits de l'enfant commence à l'échelle locale. Cher.e.s Elu.e.s, vous avez une responsabilité envers les enfants! Alors maintenant, agissez pour eux !

Vous pouvez vous engager à mettre en œuvre les droits de l’enfant au niveau local et sensibiliser à la solidarité internationale. C’est l’objectif du réseau des Villes et Intercommunalités amies des enfants.

En effet, depuis 2002, UNICEF France agit à travers ce réseau pour rendre effectifs les droits de l’enfant sur le territoire français. 246 villes et 16 intercommunalités sont à ce jour amies des enfants et engagées pour soutenir tous les enfants et les jeunes dans leur développement.

Plus d'infos sur le site dédié : Ville Amie des enfants.