A 17 ans, elle plaide pour les 230 millions d’ "enfants fantômes"

Publié le 27 avril 2016 | Modifié le 19 mai 2016

Lauréate 2016 des plaidoiries du Mémorial de Caen, Anne-Laure Tollec, lycéenne à Toulouse, revient pour nous sur le sujet qu’elle a choisi de défendre à ce concours : l’enregistrement des naissances, et ces 230 millions d’enfants dans le monde qui vivent sans état civil et donc privés de tous leurs droits. Une problématique qu’elle a découverte grâce à l’UNICEF…

« Mesdames, Messieurs, je vais vous parler d’un enfant : Moussa. » C’est par ces mots que la jeune femme a commencé sa brillante plaidoirie en janvier dernier devant  le jury et le public du Concours des plaidoiries des lycéens pour les droits de l’Homme. Le ton est assuré, la voix posée, les silences bien placés. « Et pourtant je ne suis pas à l’aise à l’oral ! confie-t-elle. Mais une fois sur l’estrade, c’est venu tout seul… parce que je voulais vraiment porter un message ».

Ce message, c’est ici même, sur le site de l’UNICEF France qu’elle l’a trouvé. « Quand j’ai dû choisir mon sujet, c’était une évidence pour moi que je traiterais des droits de l’enfant : les enfants sont la base de tout, les adultes de demain. Mais la problématique est vaste, il y a tant à dire... Alors sur les conseils de mon professeur, je suis allée creuser sur Internet. J’ai lu beaucoup de choses, et puis je suis tombée sur cet article de l’UNICEF qui parlait des "Enfants fantômes", sans identité, en proie à tous les dangers, et d’un livre qui leur est consacré. »

 

Privés d’identité ? Privés de santé, d’éducation, de protection

C’est le choc : « Je n’en n’avais jamais entendu parler. Comment quelqu’un peut-il être privé d’une chose aussi basique et fondamentale que son identité ? Comment 230 millions d’enfants dans le monde peuvent ne pas exister aux yeux de la loi, et être ainsi privés de leurs autres droits – la santé, l’éducation, les services sociaux de base – et que personne n’en parle ? Alors que c’est même un sujet d’actualité – qui ne concerne pas seulement les villages isolés du fin fond de l’Afrique ou de l’Asie du sud : je pense aux enfants nés sur les routes de la crise des réfugiés et migrants en Europe, ou encore les enfants « cachés » en Chine, qui sortent dans la lumière avec la fin de la politique de l’enfant unique… »

Pour Anne-Laure, qui n’arrivait pas à décider quel droit de l’enfant défendre le jour J « car ils sont tous importants », le choix est fait : elle plaidera pour le droit à l’enregistrement des naissances, le « droit des droits », dont tous les autres dépendent. Celui dont a été privé Moussa, brillant élève malien de CM2, qui ne peut se présenter ni au Certificat d’études primaires, ni au concours d’entrée en 6e, parce que, n’ayant pas été déclaré à la naissance, il n’existe pas aux yeux de la loi. « Si dès le départ un enfant est privé d’avenir, ce n’est même plus de l’injustice… c’est un passeport pour l’exclusion ! » s’indigne Anne-Laure. Un message qu’elle a su faire passer avec brio aux plaidoiries, puisqu’elle remporte le premier prix face à treize autres jeunes talents.

 

Pas besoin d’attendre d’être adulte pour défendre une cause !

Sa plaidoirie, elle la termine en prouvant qu’il n’y a pas d’âge pour contribuer positivement au monde : elle y appelle avec aplomb à la création d’une Agence mondiale de l’Etat Civil, qui aurait pour mission d’organiser des campagnes d’information sur l’importance de la déclaration de naissance, ainsi que d’aider les Etats à mettre en place des « dispensaires d’identité ». « Peut-être utopique comme proposition, commente Anne-Laure dans un sourire, mais quand on a 10 minutes pour se faire la voix de ceux qui ne peuvent pas se faire entendre, il ne faut pas manquer l’opportunité de proposer quelque chose de concret. »

Ce qu’elle voyait au départ comme un défi oratoire, une simple prestation rhétorique, a provoqué un déclic : Anne-Laure a désormais envie d’aller plus loin. « Pourquoi attendre d’être soi-disant grand et mature pour défendre une cause ? On se heurte à des réticences quand on exprime une opinion en tant que jeune, parce qu’on est fougueux et entier. Mais je ne vois pas pourquoi quelqu’un de 17 ans ne pourrait pas autant contribuer à défendre une cause qu’un ‘adulte’ ! ».

 

Devenir Jeune Ambassadrice de l’UNICEF ?

Celle pour qui l’engagement associatif n’était jusque-là « pas familier » envisage donc, depuis sa plaidoirie, de passer à l’action. « Les programmes d’engagement jeunes de l’UNICEF France m’intéressent, ils permettent des choses très concrètes, comme créer des événements, faire des interventions pour sensibiliser d’autres jeunes, collecter des fonds… Je pense que cela apporte autant à l’organisation qu’à soi-même ; on sent qu’on contribue à quelque chose, pour le "bien" ! »

Après son bac scientifique international français/espagnol, notre plaideuse de choc – adepte par ailleurs de kick-boxing et de photojournalisme – souhaite intégrer Sciences Po. « D’autant qu’ils laissent dans le cursus la possibilité de s’investir dans des actions au-delà du scolaire,  conclue-t-elle, ce qui me permettrait de continuer à défendre la cause des enfants ! ».

 

Média

Engage-toi avec l'UNICEF !

L'UNICEF propose des programmes d'engagement pour les jeunes.
Envie d'agir ? Clique ici, et rejoins-nous vite !

Soutenir nos actions