3e jour : le VIH/sida, cette pandémie dévastatrice… Rencontre avec une famille éprouvée

Publié le 26 octobre 2009 | Modifié le 25 avril 2016

Alors que les 5 bénévoles ont déjà des images plein la tête, le programme continue… En ce 3e jour, elles vont toucher du doigt la réalité de la pandémie du VIH/sida, à travers des rencontres prenantes.

Lolita ne connaît pas son âge exact, mais elle pense avoir près de 75 ans. Elle a travaillé dur toute sa vie à cultiver un petit lopin de terre. Depuis la mort de son fils et de sa belle-fille, ses 3 petits enfants, Felicidad âgée de 11 ans, Azide âgé de 8 ans et Elvisio (qui a à peine 4 ans et qui a été testé VIH positif) vivent avec elle, dans une petite case sommaire. Leurs parents sont tous deux morts du VIH/sida, il y a 2 ans maintenant. Au Mozambique, le VIH/sida fait des ravages. 1 personne sur 6 âgée entre 15 et 49 ans est porteuse du virus. Là-bas, la pandémie est arrivé à un stade de maturité : les adultes infectés commencent à décéder, et dans de nombreux cas, ce sont les grands parents, comme Lolita, qui prennent la charge des fratries orphelines.

Les petits-enfants, orphelins, sont élevés par leur grand-mère

Lorsque la petite délégation française arrive, Lolita est sur le pas de sa porte accompagnée de Felicidad, Azide et Elvisio. Après des salutations très respectueuses, la vielle dame s’assoit sur une natte. Elle est un peu gênée, cela se voit. Le VIH/sida est un sujet encore tabou au Mozambique, et particulièrement dans les zones rurales reculées, toutefois elle souhaite témoigner de sa situation.

Une association fournit des ressources domestiques et des vivres

Dans son malheur, Lolita a de la chance… Elle et ses 3 petits enfants ont été identifiés par une ONG locale, Helpage, partenaire opérationnel de l’Unicef sur les questions d’appui socio-économique, médical et psychosocial aux personnes affectés et/ou infectées par le VIH/sida. Grâce à cette association mozambicaine, financée en partie par l’Unicef et dont l’ensemble des membres ont été formés aux questions liées au VIH/sida, Lolita reçoit différents soutiens lui permettant de subvenir aux besoins les plus élémentaires de ses 3 petits enfants qu’elle ne pourrait assurer seule. En effet, au Mozambique comme dans de nombreux autres pays, les enfants affectés par le VIH/sida voient souvent leur éducation, leur santé et leur bien-être compromis. Ainsi, les soutiens que la famille reçoit se résument en des dons de couvertures, de nattes, de kits de cuisine, de bâche en plastique. Ils permettent également aux 3 enfants de continuer leur scolarité dans l’école du village grâce à la fourniture pour chacun d’un kit complet de matériels scolaires et d’uniformes. Lolita bénéficie également d’une aide alimentaire, ainsi elle reçoit régulièrement du soja, de la farine, de l’huile et des haricots ce qui lui permet d’assurer l’alimentation quotidienne de ses petits enfants. Chaque semaine, un des membres de Helpage passe rendre visite à Lolita, Felicidad, Azide et Elvisio pour prendre des nouvelles mais également pour vérifier qu’ils ne manquent de rien.

Un suivi médical pour un des petits-enfants, qui est séropositif

Grâce à l’ONG locale, et sachant que leurs parents étaient morts du sida, les 3 enfants ont passé le test de dépistage du VIH/sida. Aujourd’hui, le petit Elvisio bénéficie d’un suivi médical régulier et gratuit. Faute de soins et d'un traitement, le virus se serait multiplié et aurait détruit le système immunitaire du petit garçon, diminuant sa résistance aux infections, même les plus minimes. Chaque mois, Elvisio est accompagné à l’Hôpital de Changara, situé à une vingtaine de kilomètres, par un des membres de Helpage. Là-bas, son état de santé général est diagnostiqué et son adhésion aux antirétroviraux vérifiée. Il y reçoit également les doses de médicaments lui étant nécessaire mensuellement.