50 ans d'UNICEF France : regards-croisés entre Liliane et Margaux

Publié le 04 avril 2014 | Modifié le 23 décembre 2015

L'une est salariée depuis 40 ans, l'autre "Jeune Ambassadrice" depuis 1 an… Liliane et Margaux partagent avec nous leur vision de notre association, qui fête cette année ses 50 ans d’existence en France. Regards-croisés sur l'UNICEF France d'hier, d'aujourd'hui… et de demain !

Quel chemin vous a menées à l’UNICEF France ?

 
Liliane : C’était il y a 40 ans. J’avais 18 ans, je cherchais du travail, et l'UNICEF a été mon premier emploi : je gérais le courrier et les appels téléphoniques… A l’époque nous étions peu nombreux, une quinzaine de personnes environ, rien à voir avec la centaine de salariés d’aujourd’hui !
 
Margaux : Moi c’était l’année dernière : une amie m’a parlé d’une organisation humanitaire qui proposait des programmes d’engagement aux mineurs, et j’ai tout de suite été emballée. Je suis donc devenue « Jeune Ambassadrice »  à 16 ans, et depuis 6 mois j’ai même créé une petite cellule UNICEF dans mon lycée !
 

Liliane, vous avez vécu l’évolution de l’association, racontez-nous !

 
Liliane : Au début on travaillait sur des machines à écrire ! Nous faisions tout par courrier, téléphone et fax… Il y a eu aussi le Minitel, très en vogue à l'époque. Par la suite, nous avons agrandi un peu le Siège et installé un accueil, alors en plus du courrier et des appels, je recevais le public… et vendais des cartes de vœux ! C’était très artisanal, on avait un petit stock de cartes au sous-sol (rires). Plus tard, nous avons eu une équipe dédiée à cette activité, et un vrai entrepôt… Les cartes de vœux finalement, c’est la seule chose qui ait traversé le temps, tout le reste a changé !
 
Margaux : C’est incroyable l’évolution… je n’arrive pas à imaginer cette époque ! Moi, pour communiquer avec d’autres jeunes, j’utilise Internet et les réseaux sociaux, et lors d’une intervention UNICEF dans une classe je projette des photos, des vidéos, des témoignages… Comment vous faisiez, avant ?
 
Liliane : Et bien notre Internet à nous, c’était notre Centre de documentation ouvert au public, avec des murs entiers de classeurs avec des fiches sur tous les pays du monde ; et pour la diffusion de photos, on prêtait des diapositives.
Margaux : Des diapositives ? C’est quoi, comme les « cassettes » ?
 
Liliane : C’est encore avant les cassettes ! (rires). Pour se faire connaître du grand public, nous avons commencé à organiser des événements, de l’affichage dans le métro, et puis il y a eu la télé, comme cette émission, « Les petits papiers de Noël » dans les années 70-80 : des chanteurs à la mode, comme Dave, Johnny ou Nicoletta, venaient se produire sur scène et pendant ce temps, le public remplissait des petits papiers avec le montant de leur promesse de don à l’UNICEF, remis ensuite aux animateurs – les téléspectateurs eux, voyaient s’afficher l’adresse du Comité français pour faire de même.
 

Margaux, la Convention des Droits de l’enfant date de 1989… Que représente-t-elle pour toi ?

 
Margaux : Je m’estime chanceuse, je suis née avec ! Du coup, c’est vrai que pour ma génération et les suivantes, c’est une évidence d’avoir des droits qui soient écrits noirs sur blanc et reconnus internationalement. C’est un acquis, c’est inconcevable d’imaginer les choses autrement. Mais pour autant, on a conscience que la CIDE (Convention internationale des droits de l'enfant, ndlr) n’est pas respectée partout, et qu’il faut se battre pour la défendre… 
 
Liliane : C’est vrai qu’il y a eu un avant et un après CIDE. Dans ces années-là, il y a eu un renforcement de nos activités avec le monde de l'éducation et la presse jeunesse. J'avais alors rejoint le service-commande « Documentation et plaidoyer », et nous proposions notamment aux professeurs des outils et des affiches pour enseigner les droits de l’enfant à l’école.
 
Margaux : Ce qui est génial aujourd’hui, c’est que les jeunes ont pris le relais ; l’UNICEF nous permet d’être acteurs de nos droits, et de sensibiliser les autres – et le message a bien plus d’impact de jeune à jeune ! Ce n’est pas un adulte qui nous dit « engage-toi ! », c’est un ado qui a les mêmes préoccupations que nous, la même envie de s’impliquer sans mettre pour autant de côté ses loisirs et ses potes… Alors on se dit « s’il le fait, je peux le faire aussi ! » Et puis si nous ne le faisons pas, qui le fera ? C’est notre responsabilité, à nous jeunes favorisés, de faire entendre la voix de ceux qui n’ont pas notre chance.
 

Pourquoi l’UNICEF et la cause de l’enfance ?

 
Margaux : Pour lutter contre l’injustice et offrir les mêmes chances à tous les enfants : aujourd’hui encore, il y a des ados de mon âge qui ne sont jamais allés à l’école ! Par notre engagement, on peut aider les autres, et on en sort nous-mêmes enrichis : grâce à l’UNICEF on fait des rencontres incroyables, on peut s’investir dans des projets collectifs concrets – nous avons organisé un concert de Gospel pour collecter pour les Philippines, un projet avec la prof d’Arts Plastiques d’un collège et ses élèves, et nous allons bientôt sensibiliser au harcèlement à l’école… On se sent reconnus, on se sent exister à travers une cause noble. C’est vraiment génial !
 
Liliane : Les enfants, c’est la base, le départ de toute chose. Travailler pour une association qui œuvre à améliorer leur sort, c’est extraordinaire. Ici, j'ai assuré plusieurs postes et effectué toute sorte de tâches, mais c’est différent que de le faire pour une entreprise lambda ; c’est utile, c’est une manière d’apporter sa petite pierre et faire avancer le monde !
 

Comment voyez-vous l’avenir – et l’UNICEF France dans 50 ans ?

 
Liliane : Ces quarante années sont passées très vite, j’ai eu plusieurs vies à l’UNICEF, et j'ai eu la chance d'être à la fois témoin et actrice de la formidable évolution de notre organisation… J’ai encore quelques petites choses à faire, puis il sera temps de passer le relais ! Mais il n’est pas impossible que je continue à m’engager bénévolement. On ne s’engage pas pour cette cause pour s’arrêter du jour au lendemain ! Pour le reste : en 2064 ? Oulà ! Je m’en remets à la jeunesse… (Se tournant vers Margaux)
 
Margaux : Ces 50 dernières années, l’asso a évolué avec la société. Je ne doute pas qu’elle continuera à s’adapter ! Je ne sais pas ce qui aura remplacé les réseaux sociaux (la téléportation ?!), mais en tout cas, si l’UNICEF dans le monde poursuit sur sa belle lancée, il y aura sûrement une amélioration conséquente de la situation des enfants défavorisés. Et j’espère que d’ici-là, tous les pays auront ratifié la Convention Internationale des Droits de l'Enfant !
Pour ce qui est de ma petite échelle… Je suis très admirative de la carrière de Liliane – intimidée, même ! Je ne pense pas que je ferai de l’UNICEF mon métier (je souhaite devenir journaliste), mais ce qui est sûr, c’est que je continuerai à défendre cette cause d’une manière ou d’une autre…

MERCI !

Un immense MERCI à tous ceux et celles, bénévoles, donateurs, salariés, collectivités, partenaires, experts, personnalités, etc. qui ont soutenu nos actions pendant 50 ans, et continuent à le faire ! 

En France, l’UNICEF est représenté par le « Comité Français pour l’UNICEF » (ou UNICEF France), association Loi 1901 reconnue d’utilité publique. Créée en 1964, elle est mandatée par l’UNICEF International pour sensibiliser aux droits de l’enfant et collecter des fonds en France.

 

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