Asie du Sud : des centaines d'écoles détruites par le Tsunami

Publié le 19 janvier 2005 | Modifié le 29 décembre 2015

Cette semaine, dans certaines régions de l’océan Indien affectées par le Tsunami, des enfants ont commencé à reprendre le chemin de l’école, bien que le désastre ait détruit ou endommagé plus d’un millier d’écoles et tué des milliers d’enseignants.

En Indonésie, le pays le plus touché, le gouvernement estime que le nombre d’écoles sévèrement endommagées ou détruites se situerait entre 765 et 1 151. Au Sri Lanka, 51 écoles ont été complètement détruites et 100 partiellement endommagées. Aux Maldives, ce sont 224 écoles qui ont été détruites ou endommagées, soit une énorme partie du patrimoine scolaire. L’impact du Tsunami a été moins sensible en Thaïlande, où moins de 30 écoles ont été abîmées et très peu détruites.

Permettre aux enfants de reprendre le chemin de l’école est essentiel pour les aider à se remettre de ce drame, même si la classe doit se faire sous une tente. « Il n’y a pas meilleur moyen d’aider un enfant à retrouver un peu de normalité que de le remettre sur les bancs d’une classe », a déclaré Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF. « Un environnement studieux, d’apprentissage permet à l’enfant de renouer avec son enfance, cela lui offre un espace convivial où il peut s’évader du cauchemar qu’il a vécu. Quand une école rouvre ses portes dans une zone de désastre, un sentiment d’espoir gagne tout le monde, y compris les parents. »

Remettre et garder les enfants à l’école n’est pas seulement essentiel dans les situations d’urgence, mais garantit une meilleure qualité de vie à tous les enfants. Ce désastre représente un recul pour des pays qui enregistraient pourtant des progrès notables en matière d’accès à l’éducation. Plus vite ces enfants retrouveront leur classe, moins ce recul sera critique.

Tandis que cette semaine, les écoles rouvraient après la période de congés scolaires en Inde et en Thaïlande, les gouvernements du Sri Lanka, des Maldives et de l’Indonésie espèrent rouvrir leurs écoles dans les zones affectées par le désastre respectivement les 20, 25 et 26 janvier prochains.

En Indonésie, à côté de Banda Aceh, deux écoles soutenues par l’UNICEF ont ouvert lundi, avec 408 écoliers présents. Selon l’équipe UNICEF sur place, ce sont les parents eux-mêmes qui ont demandé que les écoles soient rapidement rouvertes.

Pour la province d’Aceh, l’UNICEF envoie par bateau des tonnes de matériel scolaire, dont 2 000 tentes-écoles, 2000 kits « école dans la boîte » (comprenant chacun des fournitures scolaires pour 50 écoliers) et 2 000 kits « loisirs » (avec chacun des jeux et matériel sportif pour 50 enfants). Cet approvisionnement servira à plus de 100 000 écoliers et 4 000 enseignants dans les zones affectées d’Aceh.
 
L’UNICEF apporte également son aide au gouvernement indonésien pour recruter et former 2 000 nouveaux enseignants et pour épauler les enseignants ayant survécu au Tsunami mais qui sont psychologiquement affectés par la catastrophe. Selon les autorités de la province d’Aceh, 1 592 enseignants sont portés morts ou disparus.

Au Sri Lanka, où quelques écoles ont rouvert lundi dernier, la destruction des salles de classe affecte 71 928 enfants et leurs 2 673 enseignants. De plus, quelque 240 écoles servent toujours d’abris temporaires pour les familles déplacées par la catastrophe. L’UNICEF fournit au Ministère sri lankais de l’Education du matériel scolaire, des livres et des manuels pédagogiques, dans le but de permettre à tous les enfants des zones affectées de retourner à l’école d’ici le 20 janvier. L’UNICEF a déjà distribué 500 kits « école dans la boîte » pour 40 000 enfants. 3 200 kits supplémentaires sont attendus à Colombo demain samedi 15 ou dimanche 16 janvier pour être immédiatement distribués. L’UNICEF a également dressé une liste de centaines de volontaires locaux pour nettoyer les écoles affectées des débris et a débloqué un budget pour une information publique aux parents selon laquelle les enfants pourront se rendre à l’école sans uniforme ni certificat de naissance.

La réouverture des écoles ne signifie pas que tous les enfants retournent à l’école. Ainsi, en Inde, où des écoles ont rouvert dans tous les districts sauf un, seuls 30% des enfants se sont présentés à la rentrée. Dans les quelques écoles qui ont rouvert au Sri Lanka, le taux de présence ne dépasse pas 50%.

« Cette faible fréquentation s’explique par le fait que de nombreux enfants sont morts ou ont été blessés ; par ailleurs, certains parents ont tant perdu qu’ils ne sont pas encore prêts à laisser leurs enfants échapper à leur protection », a commenté Carol Bellamy. « Ces parents doivent avoir l’assurance que leurs enfants non seulement sont en sécurité à l’école, mais qu’ils y recevront l’aide nécessaire pour retrouver leur sérénité. Notre travail consiste à essayer de créer l’environnement le plus positif possible pour faire revenir les enfants à l‘école. »

En Inde, où les autorités locales et nationales ont beaucoup investi dans les secours, l’UNICEF vient en appui, notamment par la fourniture de matériel scolaire et d’équipements sportifs, la reconstruction des bibliothèques, l’organisation d’activités ludiques pour les enfants et la formation d’enseignants afin qu’ils identifient les signes de détresse et soient à même d’offrir un soutien psychologique de base aux enfants.

En Thaïlande, où la plupart des écoles ont rouvert le 4 janvier, l’UNICEF fournit aux enfants des régions côtières du matériel de cuisine et scolaire, des cahiers, des uniformes, des équipements sportifs et aide à la construction d’écoles temporaires.

Aux Maldives, l’UNICEF aide le gouvernement à construire 73 classes temporaires pour permettre aux écoliers de revenir à l’école le 25 janvier. L’UNICEF apporte également son aide pour le nettoyage des écoles et la remise en marche des systèmes sanitaires. Plus de 150 kits « écoles dans la boîte » et kits de loisirs ont en outre été apportés et des centaines de boîtes de crayons, craies, papier à dessin, jeux de construction, puzzles, poupées, petites voitures et ballons ont été distribués.

« Plus les écoles peuvent pourvoir aux besoins des enfants – en nourriture, uniformes, cahiers et soutien psychologique – plus nous allégerons le fardeau des familles et mieux nous les aiderons à reconstruire leur vie », a déclaré Carol Bellamy. « Les écoles sont souvent le cœur de la communauté, donc les efforts pour les remettre debout ont un impact non négligeable sur l’ensemble des secours à long terme. »

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