Au cœur de l’Égypte rurale, Yusriya croit en l’avenir grâce à l’école

Publié le 17 septembre 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Chaque matin, Yusriya est la première à arriver à l’école. C’est elle qui rassemble les badges avec les noms de ses copains. Elle les distribue alors à ses petits camarades pendant qu’ils se mettent en rang, avant le début de la classe. 

«L'école est un endroit où j'adore être», dit Yusriya. Selon ses professeurs de l'école Al-Soulieman, la jeune fille est un leader né. Elle participe énormément, travaille dur et encourage les autres élèves.

Jusqu’à très récemment, Yusriya n'aurait eu qu'une faible chance d’aller à l'école. Dans cette région de l’Égypte rurale du sud, située à quatre heures et demie du Caire, très peu d'adultes ont fait des études. Et les femmes qui bénéficient d’une éducation primaire de base sont minoritaires. La mère de Yusriya et ses sœurs aînées n'avaient pas le droit d'aller à l'école. Mais cela a changé quand l'école Al-Soulieman a ouvert ses portes il y a 4 ans, avec l'appui de l'Unicef, en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement d'ici à 2015.

Le but de l'école est d'apporter un enseignement d'excellente qualité aux enfants de cette région éloignée. Dans le cadre du programme de l'Unicef les «Écoles amies des enfants», l'établissement place les besoins et les droits de l'enfant au premier plan. Et comme dans les campagnes égyptiennes, une grande partie des écoles publiques se trouve loin des villages, l'Unicef fait en sorte de rendre l’enseignement accessible dans les zones les plus reculées.

L’éducation accessible à tous

Par tradition, les familles gardent les filles au foyer, alors que les fils se rendent à pied à l'école, parfois à des heures de distance à l'aller comme au retour. Désormais, l’Unicef souhaite aller à l’encontre de ce schéma, pour que tous les enfants, garçons et filles, aient accès à une éducation de base. En parallèle, des spécialistes rendent visite aux communautés qui ne disposent pas d'écoles pour les aider à en créer.

Envoyer les filles à l'école est inédit dans cette partie de l'Égypte. Alors, pour mieux sensibiliser la population et donner aux filles une voix égale à celle des garçons, les nouvelles écoles sont fondées sur un enseignement démocratique. Chaque élève a la possibilité d'exprimer ses idées et ses opinions. Ils reçoivent le choix de leurs sujets d'études et peuvent prendre de nombreuses initiatives.

Yusriya sait déjà ce qu’elle veut faire plus tard. Elle sera médecin pour aider sa famille et sa communauté. Non seulement elle est optimiste, mais en plus elle est convaincue qu'elle y parviendra. Et quand on lui demande combien d'années il lui faudra pour atteindre son but, la jeune fille répond, imperturbable : «Dix ans». Elle sait que la plus grosse difficulté - commencer par aller à l'école - a déjà été surmontée.

Soutenir nos actions