Au Mali, UNICEF protège des enfants comme Hachime grâce aux vaccins

Publié le 30 avril 2019

La vaccination est efficace contre les maladies et les épidémies et c’est la raison pour laquelle UNICEF et ses partenaires interviennent jusque dans les régions les plus reculées pour immuniser les enfants.

Ramata ne connaît pas son âge. Mais elle sait que cela fait trois ans qu’elle travaille en tant qu’orpailleuse à Massakama, à l’ouest du Mali. Son bébé de 11 mois, Hachime, sanglé sur le dos, Ramata passe ses journées pliée en deux à scruter la boue dans l’espoir de trouver de l’or, le tout sous un soleil brûlant.

Elle vit sur son lieu de travail avec son mari Mamadou et leurs cinq enfants. « Tous les jours, je viens ici à six heures du matin, après avoir préparé le petit-déjeuner pour mes enfants, explique-t-elle. Ils ne vont pas à l’école, ils viennent tous ici avec moi. Les plus âgés prennent soin des plus petits, pendant que je remue la boue pour trouver de l’or. »

Ramata passe ses journées à chercher de l'or dans la boue au Mali, accompagnée de ses enfants

Ramata et sa famille font partie des milliers de personnes qui travaillent aux abords de cette rivière pour trouver de l’or. « Mon mari ne travaillait pas et nous avions des difficultés à nourrir nos enfants, alors comme beaucoup de personnes du village, nous avons décidé de partir en quête d’or, raconte Ramata. On nous a dit que le gisement de Makassama faisait partie des meilleurs, que nous aurions des chances de trouver de l’or ici. Alors nous sommes partis sans hésitation. »

Mais vivre dans un endroit aussi reculé a des conséquences sur les enfants. Quand les familles arrivent ici, cela signifie que leurs enfants ne vont plus à l’école et sont souvent privés des services basiques de santé.

« Initialement, c’est le manque d’opportunités et la pauvreté qui conduisent ces familles à quitter leur village, mais une fois qu’elles travaillent dans les gisements, elles sont encore plus vulnérables, car il n’y a plus le moindre service à leur disposition – pas même des soins médicaux », fait remarquer le Dr Konate, qui travaille pour un programme UNICEF de vaccination.

Dans cette région du Mali dominée par l’exploitation minière, le nombre d’enfants vaccinés fait partie des plus bas du pays. Seuls 41% des enfants ont reçu tous les vaccins nécessaires pour être en bonne santé.

Hachime, le fils de Ramata, fait partie de ceux qui ont besoin de vaccins.

Le docteur Konate travaille au Mali pour la vaccination des enfants

« En plus de ne pas être vacciné, Hachime est visiblement fragile, il ne se développe pas aussi bien qu’il le pourrait, indique le Dr Konate. Aujourd’hui, nous allons lui administrer le vaccin anti-polio. La semaine prochaine, une équipe prendra le relais pour déterminer les prochaines étapes, notamment à quelle vitesse lui administrer les autres vaccins dont il a besoin. »

C’est dans le cadre d’une stratégie de grande ampleur mise en place par UNICEF et ses partenaires pour que des vaccins soient distribués aux enfants des zones les plus reculées que le Dr Konate visite aujourd’hui cette mine d’or. Nous fournissons aussi à des travailleurs sociaux des formations et du matériel pour aller à la rencontre des familles les plus isolées.

Ramata est très heureuse que son fils ait pu être vacciné. Elle craignait pour sa vie après avoir vu à quel point la rougeole se répandait vite autour d’elle. « J’ai vu le fils d’une de mes amies souffrir de complications liées à la rougeole, témoigne-t-elle. Elle a failli perdre son enfant. C’est un bonheur de voir que des médecins viennent jusqu’à nous dans les mines pour vacciner nos enfants. On n’aurait même pas pu imaginer ça il y a dix ans. Nous avons beaucoup de chance. »

Le soleil se couche et Ramata s’apprête à rentrer chez elle avec ses enfants. C’était une journée dans la moyenne, puisqu’elle a trouvé deux pépites. Mais c’est autre chose qui la fait sourire : « Mon plus grand trésor, c’est d’avoir pu faire vacciner mon enfant. »

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