Au Niger, l’UNICEF installe sa réponse face à la crise alimentaire et nutritionnelle

Publié le 20 mars 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Face à la gravité de la situation, notre organisation et ses partenaires ont appelé la communauté internationale à renforcer son aide aux centaines de milliers d’enfants affectés par la crise sur l’ensemble de la bande sahélienne. Pour le Niger seul, l’Unicef a besoin de plus de 22 millions d’euros pour renforcer sa réponse face à la crise alimentaire et nutritionnelle. Retour sur la mission récente de David Gressly, Directeur régional de l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Unicef.

 

 

Quand Zelika, 2 ans, a été admise à l’hôpital il y a 3 semaines, elle souffrait de malnutrition aiguë sévère. Ses chances de survie étaient très faibles. Mais grâce à un suivi nutritionnel intensif et à des soins médicaux très importants au centre de traitement de Ouallam, ses jours ne sont plus comptés. David Gressly, Directeur régional de l’Unicef et Thomas Yanga, Directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM), ont rencontré la petite fille lors d’un déplacement récent au Niger. « La crise nutritionnelle en est à son début et si les traitements adéquats sont rapidement mis en œuvre, la catastrophe peut être évitée, a déclaré David Gressly, on doit agir maintenant pour sauver les vies des enfants à risque. »

Éviter une crise majeure

L’Unicef estime que plus d’1 million d’enfant seront atteints de malnutrition aiguë sévère dans la région du Sahel en 2012. Les rares pluies, les récoltes trop faibles et l’augmentation des prix des denrées alimentaires de base ont mis de nombreuses communautés dans une situation de vulnérabilité extrême. Des efforts de grande ampleur doivent être mis en œuvre pour sauver les vies de 331 000 enfants nigériens âgés de moins de 5 ans, comme Zelika. Leur survie dépendra d’un traitement adapté, rapide et efficace face à la malnutrition aiguë sévère. Ce traitement implique l’approvisionnement suffisant de nourriture thérapeutique, de médicaments, l’appui d’un personnel de santé formé et nombreux, et enfin, l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires dans tous les centres de récupération nutritionnelle.

Les succès du passé et les défis de l’avenir

Le Niger dispose aujourd’hui du réseau le plus important de centres de récupération nutritionnelle au Sahel. « Ce pays a beaucoup progressé ces dernières années face aux problématiques liées à la malnutrition, a dit David Gressly, nous sommes témoins de ces efforts et nous relayons le message pour que d’autres pays bénéficient de cette expérience. » L’Unicef, le gouvernement du Niger et d’autres partenaires s’accordent à dire que les investissements ont porté leurs fruits. Les systèmes fonctionnent, des dispositifs sont en place pour une prévention et une prise en charge précoce de la malnutrition. Désormais, la catastrophe peut être évitée à condition que des fonds suffisants soient débloqués.

Si des améliorations sont déjà visibles, il reste des défis à relever. Près de 24 000 réfugiés du nord du Mali sont arrivés ces dernières semaines au Niger, fuyant le conflit armé. Leurs besoins humanitaires s’ajoutent à ceux de la population nigérienne, notamment en eau potable. En parallèle, l’Unicef travaille aussi avec ses partenaires à l’approvisionnement d’eau et d’autres fournitures de survie pour les populations arrivées dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), déjà très affectée par la sécheresse.

Traiter les causes sous-jacentes de la malnutrition

Les deux directeurs régionaux se rejoignent sur les efforts à poursuivre en matière de développement à plus long terme. « De la promotion de l’allaitement maternel à de meilleures installations et comportements sanitaires, en passant par des interventions simples mais efficaces pour renforcer la prévention, à travers des actions communautaires, nous devons continuer le travail avec nos partenaires sur les causes sous-jacentes de la malnutrition dans la région », a déclaré David Gressly.

En savoir plus

L’UNICEF a lancé un appel de fonds de plus de 91 millions d’euros pour répondre aux besoins des enfants et des femmes des huit pays ou zones du Sahel affectés par la crise, tout au long de l’année 2012. À ce jour, plus de 18 millions d’euros ont été reçus.

Le comité français pour l’Unicef vient de transférer plus d'1 million d'euros pour participer au financement de la réponse humanitaire notamment au Mali, à la Mauritanie, au Niger et au Tchad.

Découvrez notre article : Au Tchad, la saison de la faim est déjà là et notre dossier sur la malnutrition.

Pour mieux comprendre la crise alimentaire et nutritionnelle qui affecte le Sahel, téléchargez notre infographie.

Infographie explicative de la crise nutritionnelle au Sahel

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