Burundi : plus de 650 enfants soldats démobilisés au 17 décembre

Publié le 14 décembre 2004 | Modifié le 31 mars 2016

Les chefs de six mouvements armés rebelles s’engagent à démobiliser et cesser le recrutement de jeunes de moins de 18 ans

C’est une nouvelle victoire pour le Burundi, où la deuxième phase de démobilisation des enfants soldats a été lancée vendredi dernier. Plus de 650 enfants soldats seront démobilisés d’ici au 17 décembre. Parmi ces enfants, 182 ont intégré le centre de démobilisation de Gitega, dans la région centrale du pays. Ces enfants font partie des six mouvements armés rebelles ayant signé des accords de cessez-le-feu avec le gouvernement burundais. Les Forces Nationales de Libération (FNL) d’Agaton Rwasa, pour leur part, ne les ont toujours pas signés.

« Le recrutement des enfants constitue une violation des droits des enfants qui se produit malheureusement souvent dans les conflits armées. Ces enfants ont vu une partie de leur enfance leur être arraché. Ils ont besoin d’être réintégrés dans leurs communautés d’origines. L’UNICEF, le Gouvernement et la Structure nationale pour la Démobilisation et la Réintégration des Enfants Soldats (SNES), en collaboration avec des agences de Nations unies et dix ONG partenaires fourniront un appui à la démobilisation et à la réintégration de ces enfants pendant une période du 18 mois. Des services de base telle que l’éducation, l’appui psychosocial, la formation professionnelle et le montage des projets générateurs de revenues seront fournis » a déclaré la représentante de l’UNICEF au Burundi, Mme Catherine Mbengue.

« Nous voulons réintégrer chaque enfant dans chacune des 17 provinces et des 2 700 collines que compte le Burundi », a ajouté Laurence Fayolle, responsable UNICEF du programme de démobilisation des enfants soldats.

"La démobilisation des enfants soldats est une très grande priorité pour le gouvernement, c'est pourquoi le centre de Gitega leur est réservé durant les premières semaines", a affirmé le secrétaire exécutif de la Structure nationale pour la Démobilisation et la Réintégration des Enfants Soldats (SNES), Libérat Ntunzwenayo.

Les leaders des six mouvements armées ont signé officiellement une lettre d’engagement en acceptant et reconnaissant les principes directeurs du processus de démobilisation des enfants soldats. Ils se sont engagés solennellement à cesser le recrutement de personnes de moins de 18 ans et à démobiliser tous les enfants qui se trouvent dans leurs rangs.

La première phase de démobilisation des enfants a commencé en janvier 2004. Depuis cette date, 2,261 enfants soldats ont été démobilisés parmi les Forces armées burundaises (FAB) et la force de défense locale, les « gardiens de la paix ».

Pourtant, les acteurs de la démobilisation des enfants soldats doivent faire face à un obstacle majeur : certains groupes armés sous-estiment volontairement le nombre d'enfants dans leurs rangs. Ces mensonges seraient liés aux indemnités versées aux soldats adultes démobilisés, et dont les enfants soldats ne bénéficient pas.

"Certains enfants soldats ne veulent pas donner leur âge. Ils préfèrent être démobilisés comme les adultes, et recevoir des indemnités, ou bien intégrer la nouvelle armée. Etant donné que la carte d'identité n'existe pas au Burundi, il nous est difficile de les identifier", explique Sarah Johansson, chargée de communication UNICEF Burundi. "Ces enfants vont recevoir une aide mensuelle en nature équivalant à 20 dollars pendant 18 mois. Nous ne donnons pas d'argent en nature aux enfants soldats".

De leur côté, les combattants adultes démobilisés recevront 18 mois de salaire (calculé en fonction de leur grade) et une prime de réinsertion de 500.000 francs burundais (450 dollars, soit 338 euros).

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