Covid-19 : Une menace supplémentaire pour les enfants migrants de retour en Amérique centrale

Publié le 24 juin 2020

Pour les enfants migrants de retour dans leurs communautés, la pandémie de coronavirus représente non seulement le risque d’être contaminés, mais aussi celui de subir davantage de discriminations et de violence, déjà présentes.

Depuis début mars, près de 1000 enfants migrants non-accompagnés sont retournés dans leurs communautés d’origine dans les pays du Nord de l’Amérique centrale (au Salvador, au Guatemala et au Honduras) malgré les risques de violences aggravés par la présence de la Covid-19.
« Pour les enfants migrants à travers la région, la pandémie de coronavirus a rendu la situation, déjà critique, encore plus difficile. Des discriminations et des attaques s’ajoutent désormais aux menaces existantes, comme la violence des gangs qui a poussé ces enfants à partir en premier lieu » a déclaré la directrice générale d’UNICEF Henrietta Fore.

UNICEF s’inquiète des actes de violences et de discrimination dont font l’objet les enfants migrants de retour dans leurs communautés
« De nombreux enfants font maintenant face à un double risque et sont davantage en danger que lorsqu’ils ont quitté leurs communautés. Ce n’est jamais dans l’intérêt d’un enfant d’être renvoyé dans une situation d’insécurité », explique Henrietta Fore.
Dans la région, le manque d’informations à propos de la Covid-19, des tests et des traitements existants crée beaucoup de confusion et de peur parmi la population. Dans certaines communautés, la crainte que les enfants de retour du Mexique ou des Etats-Unis soient porteurs du virus cristallise une stigmatisation à leur encontre. A plusieurs reprises au Guatemala ou en Honduras, des personnes migrantes de retour dans leurs communautés ont été rejetées et parfois même traitées avec violence, alors que des centres de transit ou d’accueil ont été menacés et attaqués.
Dans le contexte de cette crise, l’efficacité des systèmes de protection en Amérique centrale et au Mexique est mise à mal en raison des mesures de restriction de mouvement et du manque d’équipement de protection individuelles des personnels sociaux. Cela limite malheureusement l’évaluation des risques auxquels peuvent être exposés les enfants migrants de retour dans leurs communautés.

UNICEF redouble d’efforts à travers la région pour consolider les systèmes de protection
Au Guatemala, UNICEF apporte son soutien au gouvernement pour pouvoir héberger et garantir l’accès à des services aux enfants migrants, accompagnés ou non, parmi lesquels certains ont été testés positifs au virus et se trouvent dans des centres de quarantaine et d’isolation. En parallèle, conjointement avec ses partenaires, UNICEF fait en sorte que ces enfants aient accès à des soins, à un soutien psychosocial et que leurs familles soient localisées afin qu’ils puissent les retrouver. UNICEF Guatemala met aussi en place des campagnes de prévention contre la stigmatisation des personnes migrantes au sein des communautés, ainsi que des campagnes de prévention de la violence.

Au Salvador et en Honduras, UNICEF développe ses activités de protection des migrants et enfants de retour de l’étranger. En travaillant avec le gouvernement et ses partenaires sur le terrain, UNICEF renforce l’évaluation de la protection des enfants et soutient les agences gouvernementales afin de réunir les enfants non-accompagnés avec leurs familles en permettant notamment leur transport et fournissant du matériel de protection individuelle.

Au Mexique, UNICEF soutient les autorités aux frontières au Nord et au Sud du pays afin de mettre en place des contrôles de protection et des centres d’accueil permettant de fournir des activités psychosociales, des kits d’hygiènes et du matériel d’information.

UNICEF a été informé de certains cas d’expulsions de personnes migrantes alors même qu’elles n’avaient pas eu accès aux procédures d’asile et aux contrôles d’infection à la Covid-19. Dans le même temps, les pays d’origine de ces personnes migrantes mettent en place des mesures afin de détecter les cas d’infection parmi les populations de retour, de prévenir de nouvelles infections et de s’assurer que les personnes migrantes soient en sécurité dans leurs communautés.
UNICEF demande aux gouvernements de cesser les expulsions d’enfants, qu’ils soient avec leurs familles, séparés de celles-ci ou non-accompagnés, et de leur fournir la protection et les contrôles de santé dont ils ont besoin. UNICEF insiste aussi sur l’importance de prendre des mesures concrètes afin de protéger et d’assurer le bien-être des enfants déracinés.

Parmi ces mesures, UNICEF demande aux gouvernements :
-    D’assurer les droits des enfants à demander l’asile et à être réunis avec les membres de leurs familles,
-    De cesser la détention d’enfants en raison du statut de migration de leurs parents en proposant des solutions alternatives à la détention,
-    D’assurer un accès équitable aux kits de test de la Covid-19 et aux soins, de même qu’à l’information et aux infrastructures d’eau et d’assainissement,
-    D’assurer que les services de protection de l’enfance puissent fournir une solution adéquate et respectueuse des intérêts de l’enfant dans chaque cas,
-    De travailler avec les pays et les communautés d’origines des enfants migrants pour adresser les peurs liées au virus, dans le but de garantir que les personnes de retour soient réintégrées en toute sécurité et aient accès aux services essentiels,
-    De soutenir les services de protection de l’enfance afin de fournir les services dont ont besoin les enfants les plus vulnérables, dont les enfants migrants et réfugiés.