De l’eau, des vaccins et des secours pour les déplacés du Nord Kivu

Publié le 13 novembre 2008 | Modifié le 31 mars 2016

L’insécurité rend l’accès des secours jusqu’aux déplacés extrêmement difficile, mais à Kibati et dans plusieurs autres zones, des campagnes de vaccination sont menées et des moyens de survie parviennent à être distribués (couvertures, jerricans, moustiquaires, matériel domestique de base…)

A Kibati, des campagnes de vaccination sont menées et des moyens de survie parviennent à être distribués.

9 avions chargés de secours arrivés en six jours

Des avions envoyés par le Royaume-Uni ou les Etats-Unis se sont posés à Goma. L’Unicef et ses partenaires réceptionnent le matériel pour le délivrer aux déplacés sous forme de kits d’urgence. Une distribution ciblant 15 000 personnes a débuté jeudi 13 novembre au camp de Kibati : « Les familles, explique Jaya Murthy de l’Unicef, ont reçu des bâches, des couvertures, des vêtements afin de protéger les enfants du froid et des infections respiratoires, des bidons, du savon et du matériel d’hygiène pour se prémunir de la diarrhée et du choléra, des moustiquaires contre la menace de paludisme, des sets de cuisine pour cuire la nourriture ». L’Unicef a par ailleurs achevé une enquête nutritionnelle qui l’a conduit à distribuer des biscuits BP5 aux enfants souffrant de malnutrition modérée et à transférer en centre nutritionnel à Goma ceux qui étaient victimes de malnutrition sévère. Des camions citernes continuent l’approvisionnement en eau potable de dizaines de milliers de déplacés, et des centaines de latrines sont installées.

Les campagnes de vaccination fonctionnent

13 000 enfants ont été vaccinés contre la rougeole et la polio à Kibati. La campagne de vaccination s’est accompagnée de distribution de vitamine A et de cachets de déparasitage. Une autre campagne est en cours à Kirotshe : elle vise 9 000 enfants. Dans les deux semaines à venir, ce sont 66 000 enfants supplémentaires que l’Unicef espère toucher dans d’autres zones.

Scolarité interrompue par le conflit

En territoire Rutshuru, il n’y a plus classe dans 85% des écoles (représentant 150 000 élèves), en raison de l’insécurité et de l’occupation des bâtiments scolaires par les déplacés. Cette situation livre les enfants à une menace d’abus accrue. L’Unicef cherche des moyens de rendre ces écoles à nouveau disponibles pour que les cours puissent reprendre.

L’enrôlement d’enfants soldats continue

« Des cas de recrutements d’enfants dès l’âge de 14 ans nous sont rapportés à Kitchanga, Rugare et Rutshuru, indique Jaya Murthy. Le climat actuel ne rend pas possible de négociations pour leur libération. Mais nous continuons à diffuser des messages, à la radio notamment, pour rappeler que le recrutement d’enfants est un crime de guerre, que les groupes armés ne doivent pas y avoir recours et que c’est d’ailleurs une violation de la constitution de RDC ».

Les enfants séparés de leur parents sont placés en familles d'accueil

152 enfants séparés de leurs familles ont été identifies à Kibati depuis le 27 octobre. 50 appartiennent à des familles qui n’ont plus d’adulte à leur tête. 113 ont été placés auprès de familles d’accueil.

L’accès aux personnes déplacées : un défi quotidien

Les combats continuent au Nord Kivu. « Même pendant la vaccination au camp de Kibati, poursuit Jaya Murthi, on entendait des tirs échangés à seulement quelques kilomètres du camp. Mais, dans l’ensemble, Kibati a bénéficié d’une bonne assistance. Nous voudrions pouvoir aider de la même manière les déplacés des autres zones. C’est très difficile, d’autant plus que le climat est très volatil et que les mouvements de populations sont loin de s’être stabilisés ».

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