Déclaration du représentant d’UNICEF en Afghanistan sur la situation des enfants dans le pays

Publié le 19 août 2021

Résumé des déclarations du représentant d’UNICEF en Afghanistan, Hervé Ludovic de Lys, pendant la conférence de presse du porte-parole du secrétaire général.

NEW YORK/KABOUL, 18 août 2021 – « De la dernière phase du conflit armé jusqu’à la prise de Kaboul il y a quelques jours, UNICEF a continué à répondre aux besoins essentiels des enfants d’Afghanistan.

« Malgré toutes les questions qui demeurent sans réponses, une chose est sûre : UNICEF est en Afghanistan pour venir en aide à chaque enfant et à chaque femme. UNICEF est présent en Afghanistan depuis 65 ans et nous ne partirons pas.

« Il est vrai que, pour notre sécurité, dans certaines régions provinciales, les Talibans nous ont demandé de stopper certaines opérations jusqu’à ce que la situation rentre dans l’ordre. Mais nous sommes en contact quotidien avec les leaders dans la quasi-totalité des provinces, et leur message est clair : ils veulent que nous restions pour continuer notre travail en Afghanistan.

« Nous avons entamé un dialogue constructif avec le nouveau leadership afin de préserver notre présence opérationnelle à travers le pays, et nous gardons espoir que cela nous permette d’intensifier notre travail pour les femmes et les enfants dans les prochains jours.

« UNICEF amplifie sa réponse humanitaire dans le pays. Sur le court terme, nous mettons en place des équipes mobiles de santé et de nutrition dans les camps pour personnes déplacées à l’intérieur du pays. UNICEF et ses partenaires travaillent aussi pour fournir un accès à l’eau à travers les camps et dans les zones affectées par la sécheresse.

« Sur le long terme, et dès que nous aurons un interlocuteur au sein du gouvernement, UNICEF veut renforcer son travail avec les ONG et organisations internationales, et clarifier les modalités de travail avec les ministères.

« Nous espérons pouvoir faire un pas vers l’éradication de la polio. L’Afghanistan est l’un des deux pays au monde où la polio est encore endémique. L’un de nos plus grands défis, ces dernières années, a été l’accès aux communautés pour vacciner les enfants. Nous espérons pouvoir avoir un meilleur accès à ces familles. Je suis certains qu’avec nos partenaires de la Fondation Gates, nous avons l’opportunité d’éradiquer la polio, grâce à la coordination de l’OMS.

« Je voudrais remercier tous les donateurs qui nous permettent de travailler en Afghanistan. Sans leur soutien, nous ne pourrions pas continuer nos opérations et fournir une aide vitale aux enfants et aux femmes les plus vulnérables.

« C’est une période de transition pour l’Afghanistan ; personne ne peut prédire ce qu’il va se passer. Mais je peux dire qu’hier, les écoles primaires et collègues étaient ouvertes à Herat, à l’Ouest, et qu’à Marouf, dans le Sud, 1500 enfants étaient à l’école, dont 500 filles. Et le fait que la Commission de Santé ait demandé à tous les personnels de santé de retourner travailler nous donne de l’espoir.

« Mais avec un demi-million de personnes déplacées à l’intérieur du pays, et 18 millions de personnes dans le besoin d’une aide humanitaire, dont près de 10 millions d’enfants, les besoins sont immenses. La sécheresse continue d’affecter le pays. Sans action urgente, 1 million d’enfants de moins de 5 ans sera en situation de malnutrition aigüe avant la fin de l’année. Depuis début 2021, UNICEF a fourni une aide humanitaire à 1,7 million de personnes. Nous avons toujours besoin de 76 millions de dollars en 2021 pour continuer à fournir une assistance vitale aux plus vulnérables.

« Notre travail vital dépend de la stabilité du pays et de la paix. Pour venir en aide aux enfants les plus difficiles d’accès, UNICEF demande à toutes les parties de garantir [aux organisations] un accès sûr et sans entraves, en ligne avec les principes humanitaires et les engagements fondamentaux pour les enfants dans les situations d’urgences.

« Nous espérons que le nouveau leadership en Afghanistan nous laissera accéder aux enfants, et leur fournir des services essentiels, dont les services de santé et d’éducation, surtout aux filles. »