Des bébés en meilleure santé grâce à l'allaitement exclusif !

Publié le 02 août 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Dans un village du sud du Niger, Zouera, formée par l’Unicef, sensibilise les autres mères de la communauté aux « pratiques familiales essentielles », notamment l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois. Depuis, de nombreuses femmes du village allaitent de cette manière, et les cas de malnutrition, diarrhées ou encore pneumonie, maladies mortelles, ont chuté ! Reportage.

 

 

 

Aujourd’hui à Garin Goulbi, un village de 1500 personnes près de Maradi, au sud du Niger, il fait plus de 40°C. Alors c’est sous un arbre, à la recherche d’un peu d’ombre, que Zouera Issa, 35 ans, réalise sa séance de sensibilisation avec un groupe de femmes du village.

Zouera est l’un des cinq « relais communautaires » de Garin Goulbi, formés par l’Unicef pour accompagner les mères de familles dans l’éducation de leurs enfants : gestes d’hygiène comme le lavage des mains, nourriture adaptée à l’âge de l’enfant, vigilance quant aux symptômes de maladies… Toutes ces thématiques sont abordées lors de séances de sensibilisation en groupe, mais aussi individuellement, lorsque les relais communautaires passent dans les maisons pour visiter les familles.

 

L’allaitement, un « vaccin naturel » contre des maladies mortelles

 

Aujourd’hui Zouera a décidé de parler de l’allaitement. Les mamans assises en cercle autour d’elle sur une natte, leur plus jeune bébé dans les bras et les grands jouant autour, participent activement. Elles connaissent désormais bien le sujet et en parlent librement, mais ça n’a pas toujours été le cas…« Quand j’ai eu mon premier enfant, ce n’était pas à moi de décider seule de ce qu’il fallait lui donner à manger » explique une mère de 7 enfants. Je voulais faire comme l’avait conseillé l’UNICEF, ne donner que mon lait pendant les 6 premiers mois, mais ma mère et ma tante m’ont dit ‘’si tu ne donnes pas d’eau à ton bébé, ses poumons vont s’assécher et il va mourir’’… J’ai essayé d’allaiter exclusivement quand-même, mais en mon absence, elles lui donnaient de l’eau ! »

 

 

 

Zouera (à gauche en rose)
explique à d'autres mères du village
comment bien nourrir leurs enfants.

 

 

 

 

Heureusement, pour le 2e enfant, sa famille a cédé à ses insistances : « Ma mère et ma tante voyaient bien que certains bébés du village, nourris uniquement au sein, étaient en meilleure santé que les autres… Alors elles m’ont laissé faire, et personne ne l’a regretté ! On a vu une réelle différence. Mes enfants n’ont pas souvent de diarrhées, ils ne sont pas souvent malades. Ils sont tous bien dodus, robustes… prêts à terrasser tout le monde ! » dit-elle dans un grand éclat de rire.

 

Le poids des croyances et traditions

 

Zouera doit parfois faire la médiatrice entre les mères qui souhaitent allaiter exclusivement, et leur famille qui s’y opposent par méconnaissance et par crainte pour la santé de l’enfant. « Je l’ai vécu moi-même, pour mes enfants, alors je sais ce que c’est… Et quand je n’arrive pas à convaincre seule, je sais que je peux faire appel au responsable de la case de santé, ou à l’instituteur ; ils sont instruits et savent expliquer que c’est l’avancée de la science, qu’on a la preuve que ça a marché pour d’autres enfants, qu’il faut faire confiance. »

Mais Zouera l’affirme : elle est toujours bien reçue par les mères de famille, très demandeuses d’informations, de conseils, de dialogue. Et après les avoir sensibilisées, elle leur demande de relayer à leur tour les messages autour d’elles, ce qu’elles ne manquent jamais de faire.

 

Luttons ensemble contre la mortalité infantile !

 

Malheureusement, à l’échelle du pays, l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois n’est pas une pratique très répandue : seulement 27% des bébés sont concernés, et de nombreux enfants meurent de maladies pourtant évitables notamment par l’allaitement. En encourageant cette pratique, on pourrait sauver la vie d’1 million d’enfants de moins de 5 ans par an dans les pays en développement… Vous pouvez nous aider, en soutenant nos actions afin que davantage de femmes soient formées aux « Pratiques familiales essentielles » pour lutter contre la mortalité infantile !
 

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Votre don

Grâce à vos dons, l’Unicef peut former des femmes et des hommes qui sensibiliseront les habitants de leur village aux « pratiques familiales essentielles » (hygiène, allaitement, prévention paludisme…) afin de lutter contre la mortalité infantile.

Au Niger…

Seulement 27% des enfants sont allaités exclusivement jusqu’à 6 mois.

Sur 1000 naissances, 143 enfants risquent de mourir avant leur 5 ans, notamment de diarrhées, de pneumonie ou de malnutrition, maladies pourtant évitables grâce notamment à l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois.

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