Dix ans après le génocide, les enfants du Rwanda souffrent encore

Publié le 05 avril 2004 | Modifié le 31 mars 2016

Alors que le monde commémore le dixième anniversaire du génocide au Rwanda, la vie des enfants de ce pays demeure marquée par les effets dévastateurs de ces atrocités. Le Rwanda a la plus forte proportion d’enfants à la tête des foyers.

Lorsque le génocide a pris fin en 1994, il avait fait 800.000 victimes - dont 300.000 enfants – et il avait rendu 95.000 enfants orphelins.

« Dix ans après, les enfants rwandais subissent encore les conséquences d'un conflit causé exclusivement par les adultes », indique la Directrice générale de l’UNICEF, Carol Bellamy. « Pour eux, le génocide n’est pas seulement un événement historique, il fait partie de leur vie de tous les jours ».

« Pratiquement tous les enfants rwandais ont été les témoins d'indicibles violences », dit Carol Bellamy. « Des milliers d'enfants ont été victimes de sévices et de viols, et beaucoup d’entre eux ont été obligés de commettre des atrocités. Des dizaines de milliers d'entre eux ont perdu leurs parents. On ne peut pas sous-estimer l’impact de cette tragédie. »

Aujourd’hui, les enfants du Rwanda connaissent une situation alarmante :
On estime que 101.000 enfants dirigent environ 42.000 foyers. Ces enfants sont privés de leurs parents pour diverses raisons - un grand nombre de parents ont été tués au cours du génocide, certains sont morts du SIDA et d'autres se trouvent emprisonnés pour des crimes liés au génocide.

2.000 femmes - dont un grand nombre ayant survécu à un viol - ont subi un test de dépistage du VIH au cours des cinq années qui ont suivi le génocide de 1994. Le test s'est révélé positif pour 80 % d'entre elles. Une bonne partie de ces femmes n'avaient pas d'activité sexuelle avant le génocide.

En 2001, on estimait que 264.000 enfants avaient perdu leurs parents ou l'un d'entre eux en raison du SIDA - ce qui représente 43 % du nombre total d'orphelins.

Plus de 400.000 enfants ne sont pas scolarisés.
Le taux de mortalité infantile du Rwanda est l'un des plus élevés du monde, un enfant rwandais sur cinq meurt avant d'avoir atteint son cinquième anniversaire.
 

« Plus jamais »

Pour l’UNICEF, cet anniversaire doit être l’occasion d’exprimer notre soutien à tous ceux qui continuent de souffrir à cause du génocide. « Nous sommes encore tenus d'aider à la réconciliation et à la cicatrisation des plaies, et à veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais, » a déclaré Mme Bellamy.
« Plus jamais », cela signifie qu'il faut considérer comme responsables les auteurs de ces atrocités et rendre leur dignité aux victimes en rappelant ou en soulageant leurs souffrances. »

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