En Afghanistan, l’incertitude et le silence assourdissants

Publié le 22 juin 2020

Alors que certaines régions afghanes sont confinées dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, la situation est devenue de plus en plus compliquée pour les enfants déplacés à l’intérieur du pays.

Les enfants les plus vulnérables sont les victimes cachées de cette pandémie. Des millions d’enfants déplacés à l’intérieur de leurs pays n’ont plus accès à leurs écoles, leurs maisons et leurs communautés. En Afghanistan, ces enfants, déjà vulnérables, voient leurs vies davantage bouleversées par la pandémie de coronavirus. Les lieux de vie surpeuplés, le manque d’accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires et les services de santé très limités augmentent le risque d’infection au coronavirus dans les communautés de personnes déplacées. Pour de nombreuses familles afghanes déplacées, ces risques sont une réalité quotidienne.
UNICEF et ses partenaires sur le terrain travaillent pour fournir à ces familles des conditions de vie meilleures, et participent à la prévention de la propagation du virus parmi ces communautés fragiles.

Camp de Hazrat Bilal,Afghanistan

L’intérieur d’un espace pour enfants dans le camp de Hazrat Bilal, dans la province de Balkh, au nord de l’Afghanistan

Il y a quelques mois, cet espace pour enfants dans le camp de Hazrat Bilal, dans la province de Balkh, était un lieu vivant où les enfants se réunissaient pour jouer, parler et apprendre. Les rires des enfants ont fait place à un silence assourdissant depuis que l’espace a fermé ses portes dans le cadre de la lutte contre la pandémie. En raison du confinement, des millions d’enfants n’ont plus accès à l’éducation. Des intervenants, comme Nazifa, 18 ans, se déplacent d’habitation en habitation pour sensibiliser, partager des informations sur la Covid-19 et limiter sa propagation. En raison de leur genre, les jeunes femmes et les filles ont un accès limité aux services, informations et soutiens essentiels. Ces vulnérabilités se voient exacerbées avec l’arrivée du coronavirus. La fermeture des écoles, par exemple, expose davantage les jeunes filles au risque d’être victimes d’abus : l’école peut être un lieu sûr où les professeurs et autre adultes accompagnants peuvent repérer les signes d’abus.

Afghanistan,enfants vulnérables

Une fille sourit, dans le camp de Hazrat Bilal, au nord de l’Afghanistan

Une pandémie comme celle du coronavirus pose des défis inédits, qui peuvent résulter par exemple en l’augmentation des mariages d’enfants. Car la pauvreté est l’un des moteurs de ces mariages : les familles ont plus de risques de marier leurs filles en temps de crises économiques, ne pouvant pas subvenir à leurs besoins. La récession économique annoncée à la suite de la pandémie pourrait donc se traduire en de nombreux mariages d’enfants. La violence et les catastrophes naturelles ont affecté des centaines de milliers d’Afghans déjà touchés par la pauvreté, les laissant particulièrement vulnérables face à une pandémie telle que celle de la Covid-19. Dans des lieux surpeuplés comme les camps de déplacés internes, le virus pourrait circuler et se propager rapidement. Les familles de déplacés internes à Herat, à l’Ouest de l’Afghanistan, ont reçu des savons acheminés par UNICEF dans le but de prévenir l’infection du virus pour des centaines de milliers d’enfants.

Afghanistan,enfants vulnérables

Une femme est assise avec ses enfants après avoir reçu des savons, dans le camp pour personnes dépacées d’Herat.