En Guinée, l'acrobatie permet de protéger les enfants des rues

Publié le 22 avril 2010 | Modifié le 31 mars 2016

En Guinée, au centre Tinafan, où les enfants apprennent l'acrobatie, ceux-ci se voient dotés d'une alternative à la vie dans les rues.

Bangali vient juste d'avoir 19 ans. Il vit dans le quartier très pauvre de Conakry, près d'une décharge d'ordures. Mais, récemment, la vie de Bangali a pris un tour passionnant : il a commencé à apprendre l'acrobatie au centre Tinafan.

Pour beaucoup d'enfants de Conakry, ce centre est le point de départ vers une vie meilleure. Il s'agit d'un refuge qui offre une orientation psychosociale, des cours pour apprendre à lire et à écrire, une formation professionnelle artistique et des repas nourrissants.

« Ils sont heureux quand ils viennent ici chaque jour, dit Ibrahima Bamba, le directeur du centre. J'ai vu certains d'entre eux devenir des stars. Beaucoup commencent à refaire leurs vies et cela me satisfait beaucoup. »

Hadja Kade Sek, qui enseigne l'acrobatie, ajoute : « Ils sont impatients d'apprendre et cela est très important. Ils n'ont pas eu la possibilité d'aller normalement à école. Nous voulons qu'ils apprennent un peu de ce qu'apprennent les autres enfants en plus de leurs connaissances en acrobatie. »

L'école de la vie

Les enfants du centre reçoivent aussi une formation professionnelle en vue d'acquérir des connaissances pratiques comme la couture, la ferronnerie et l'artisanat du cuir.

« Tous ne deviendront pas des stars et nous voulons donc que, pour leur avenir, ils aient un métier en mains, » dit Fofana Malik, directeur de la formation artistique. 

La troupe acrobatique du centre est une source de fierté pour ce pays défavorisé où environ 70% de la population vit sous le seuil international de la pauvreté de 1,25$ par jour. Les acrobates sont actuellement en tournée pour des spectacles en Algérie, au Cambodge et aux Etats-Unis. Une partie des enfants du centre sont partis rejoindre le célèbre Cirque du Soleil.

Faute de programmes de ce type, les enfants guinéens se retrouvent souvent sans protection ou soutien et sont exposés à la violence, aux mauvais traitements et à l'exploitation, y compris la prostitution.

Des outils pour l'avenir

« Avec le programme Tinafan, nous avons pour but de sortir les enfants de la pauvreté et de leur offrir des outils adaptés pour leur avenir, » affirme le responsable de la protection de l'enfance d'UNICEF Guinée, Kadiatou Pate Toure.

« L'idée de cette opération, explique le représentant de l'UNICEF en Guinée, Julien Harneis, c'est de bâtir quelque chose à partir de ce qu'il y a de solide dans la culture guinéenne elle-même. Nous voulions trouver quelque chose qui ait une réputation internationale et aide les enfants à s'épanouir en dehors de leurs villages, de leurs villes et de leur pays et qui montre au monde quelque chose de spectaculaire. »

Le but du programme est de construire des partenariats avec des cirques mondialement connus et de donner à davantage d'enfants des rues de Guinée une chance de réaliser tout leur potentiel et d'accomplir leurs rêves.

 

 

 

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