Enfants Rohingyas : l’UNICEF en action face aux besoins immenses

Publié le 08 décembre 2017 | Modifié le 01 février 2018

Grâce aux premiers efforts des donateurs, les conditions de vie des enfants rohingyas se sont améliorées au cours des dernières semaines, mais les perspectives d’avenir restent très minces.

Dans les immenses camps de réfugiés du Bangladesh vers lesquels ont afflué 625 000 Rohingyas depuis la fin du mois d'août, le quotidien est très difficile. Plus de la moitié de ces exilés sont des enfants. Tous ont fui le Myanmar voisin en raison des violences et des persécutions dont ils ont été victimes. Comme le relate Jean-Jacques Simon de l’UNICEF, des milliers d’enfants « ont vu leur maison brûler et leurs proches tués ». Aucun enfant ne devrait voir cela.

L'UNICEF mobilisée

Depuis plusieurs mois, l’UNICEF est à pied d’œuvre pour leur venir en aide : 93 000 enfants sont régulièrement accueillis dans des espaces amis des enfants, où des personnes formées à l’encadrement de victimes de traumatismes les reçoivent et les écoutent. La survie de ces enfants est un objectif primordial pour l’organisation. Environ 7 000 bénéficient de traitements quotidiens contre la malnutrition aiguë. Malheureusement, tous n’ont pas pu être sauvés : au terme de leur douloureux périple, certains avaient atteint un taux de malnutrition trop bas pour qu’une intervention soit possible…

La santé des enfants rohingyas est une source de préoccupation permanente pour les équipes de l’UNICEF présentes sur place. Afin de renforcer leur système immunitaire, 160 000 enfants ont reçu de la vitamine A et 325 000 ont été vaccinés contre la rougeole et la rubéole. Pour lutter contre les maladies hydriques, des latrines ont été construites et 300 000 personnes en bénéficient. Et à ce jour, 210 000 personnes ont accès à de l’eau potable.

Des écoles temporaires permettent à 33 000 enfants âgés de 4 à 14 ans d’apprendre les fondamentaux. L’UNICEF accorde par ailleurs une importance particulière aux 1600 enfants non accompagnés. Des enquêtes sont menées pour retrouver leurs parents, des proches ou des membres de la communauté d’où ils sont originaires. Si ces trois solutions échouent, on tente de les placer sous la protection d’une famille d’accueil.

Des besoins immenses

Ces améliorations dans la vie des enfants rohingyas n’ont pu avoir lieu qu’avec l’appui des donateurs de l’UNICEF. Toutefois, les besoins financiers sont immenses, et seuls 40% ont été couverts. Les équipes actives sur place estiment qu’il faudrait que 50 000 enfants soient traités contre la malnutrition, que 200 000 reçoivent de la vitamine A, que 600 000 personnes aient accès à de l’eau potable, que 350 000 enfants puissent bénéficier d’un accompagnement psychosocial et que 10 000 mineurs isolés soient pris en charge.

Face à l’ampleur de la tâche, les perspectives d’avenir sont très minces. Trois mois après le début de la crise, l’afflux de réfugiés se poursuit et quelques milliers de personnes continuent à arriver dans les camps chaque semaine. Ces lieux sont bien entendu des refuges, mais ce sont aussi des espaces où se concentre la misère. Des cas d’abus, de violences, d’exploitation sexuelle ou de travail des enfants ont été rapportés aux équipes de l’UNICEF.

Les filles sont particulièrement vulnérables : dans l’espoir de les protéger contre les viols, les familles choisissent de les marier précocement, alors qu’elles n’ont qu’entre 10 et 15 ans ! Pour remédier à cette situation, l’UNICEF forme des équipes qui iront au contact de ces jeunes filles, souvent dissimulées sous les tentes et à qui l’on interdit de sortir. L’objectif sera de leur parler, de mettre en garde les familles contre le mariage des enfants et de faire en sorte que ces filles puissent participer à des clubs d’adolescents.

Le plus petit don peut considérablement améliorer la vie de ces enfants. Nous vous remercions pour votre aide.