Enfants Roms : le renvoi au pays n’est pas une solution !

Publié le 15 septembre 2010 | Modifié le 22 décembre 2015

Depuis les nouvelles mesures prises par le gouvernement, la situation des enfants Roms en France, déjà précaire, s’est dégradée. Et si le renvoi dans leurs pays d’origine peut apparaître comme une solution, la réalité est tout autre : là-bas, ils souffrent de discrimination et ne sont souvent pas scolarisés.

 

Après le rappel à l’ordre du Parlement européen à la France, par une résolution demandant la suspension immédiate des expulsions de Roms vers leur pays d’origine, l'Union européenne durcit le ton : elle a annoncé son intention de déclencher une procédure d'infraction en justice contre Paris, pour violation du droit européen, suite à ces expulsions qui ont suscité une vive controverse ces dernières semaines.

 

Des conditions de vie très précaires

 

L’Unicef s’inquiète du sort des enfants de ces familles sommées de quitter leur campement, voire de retourner dans leur pays d’origine. Certes, les conditions de vie très précaires de ces familles n’étaient souvent pas favorables aux enfants, mais la situation ne s’est pas améliorée, au contraire : aujourd’hui, beaucoup de familles se cachent pour échapper aux autorités françaises, et se retrouvent dans des conditions d’hygiène et de sécurité encore plus déplorables. Résultat : les associations ont du mal à les trouver pour leur venir en aide, et à l’heure de la rentrée des classes, les rares enfants qui bénéficiaient d’une bribe de scolarisation n’ont pas repris le chemin de l’école.

Le seul aspect positif, s’il en est un : tout cela a mis un coup de projecteur sur cette « urgence silencieuse », sur la situation de cette communauté Rom stigmatisée et en grande précarité. Aujourd’hui, ils ne sont pas plus nombreux qu’auparavant (15 000 environ en France, soit 1% des Roms d’Europe, dont 5 à 7 000 enfants), leur situation n’a pas changé, elle est juste plus médiatisée. Le risque : qu’ils retombent dans l’indifférence quand ils ne feront plus la une des journaux.

 

La France doit respecter les droits fondamentaux de ces enfants !

 

La France, qui a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) il y a tout juste 20 ans, en 1990, a, en  direction de ces enfants comme de tous les autres vivant sur son territoire, un devoir de prise en charge et de protection de leurs droits fondamentaux : accès à la santé, à l’éducation, à un environnement protecteur, etc.

Le renvoi de ces familles dans leur pays d’origine n’est souvent pas une solution pour les enfants : ils y sont souvent stigmatisés, rejetés, et ne peuvent pas suivre une scolarité normale. En Roumanie, selon le sondage le plus récent effectué en 2007 par la « Open Society Fondation », 21% des adultes Roms de moins de 40 ans ne sont jamais allés à l’école, chiffre qui s’élève à seulement 0,8% pour le reste de la population. L’Unicef en Roumanie soutient la formation d’enseignants Roms et la mise en place de programmes d’éducation dans les communautés Roms : l’accès à l’éducation est primordial pour l’intégration de ces enfants dans la société.

 

Quelles solutions pour l’intégration des familles Roms ?

 

Le problème n’est pas nouveau, et ne se résoudra pas du jour au lendemain. Il est bien sûr essentiel de réfléchir urgemment à une solution à l’échelle européenne, mais l’action à mener se situe aussi à plus petite échelle. Dans certaines villes françaises, des dispositifs qui fonctionnent ont été mis en place, et si l’on agrège ces petites expériences positives, avec le temps, la société française pourrait aller vers une meilleure intégration de la communauté Roms, et de ces enfants, qui ont les mêmes droits que les autres.

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