Enfants Roms : "Leur situation en France est scandaleuse !"

Publié le 20 août 2010 | Modifié le 22 décembre 2015

"Cette situation qui n'a que trop duré est scandaleuse !" Ces propos proviennent de Fabienne Quiriau, présidente de la Commission Enfance en France de l'Unicef. Elle réagit sur les reconduites à la frontière des enfants Roms dans un article publié sur le Nouvelobs.com.

 

La présidente de la Commission Enfance en France de l’Unicef estime que "l'enfant doit être au cœur du débat". Selon Fabienne Quiriau, l'Unicef se préoccupe "en premier lieu du respect de leurs droits fondamentaux. Droits qui sont inscrits dans la convention internationale des droits de l'enfant, signée et ratifiée par la France il y a 20 ans. D'après elle, « lorsque Nadine Morano (ndlr : secrétaire d'Etat à la famille) parle de mendicité, elle oublie les raisons de leur dénuement ».

 

Fabienne Quiriau ajoute que « la seule question qui vaille d'être posée est : Pourquoi ces enfants sont-ils livrés à la mendicité ? » Elle estime que la secrétaire d’Etat « occulte leurs conditions de vie précaires, leur manque criant de ressources et tant d'autres aspects de la vie quotidienne qui les enracinent dans la misère et les exposent à tous les dangers. »

Fabienne Quiriau pointe aussi « le manque de considération du gouvernement français à l'encontre des enfants Roms ». Elle ajoute que ce qui « paraît insupportable est l'absence d'une véritable politique à l'égard des enfants Roms, le manque de moyens consentis pour améliorer la situation, le peu d'intérêt porté à cette question, l'amalgame entre enfants Rom et délinquance juvénile. Manifestement, ces enfants ne jouissent pas du même sort que les autres enfants sur notre sol. Cette situation qui n'a que trop duré est scandaleuse ».

La présidente de la Commission Enfance en France précise que « c'est d'ailleurs ce qu'a pointé le Comité des Droits de l'Enfant des Nations-Unies en juin 2009, jugeant que la France n'a pas à l'égard de ces enfants une politique protectrice et équitable. Et en particulier au regard de leur droit à l'instruction ». Elle a également déclaré que « l'ensemble des droits fondamentaux de ces enfants ne sont pas respectés. Concernant le nouveau projet d'accord entre la France et la Roumanie à propos des mineurs isolés, il apparaît que les garanties minimales de protection de l'enfance ne seront pas assurées, notamment le juge des enfants ne sera plus automatiquement saisi."

 

Pour conclure, Fabienne Quiriau s’est interrogée sur le futur de ces enfants : "Avons-nous une quelconque assurance sur les conditions d'accueil et de vie qui les attendent en Roumanie ? Leur sort sera-t-il meilleur ? La question reste sans réponse".

 

 

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