Enfants soldats, victimes et non coupables !

Publié le 26 janvier 2011 | Modifié le 24 décembre 2015

Lorsqu’un conflit éclate dans leur pays, s’ils sont pauvres, s’ils sont orphelins, s’ils ne connaissent pas leurs droits ou s’ils ne sont pas scolarisés, les enfants sont confrontés au risque d’être enrôlés dans des groupes ou des forces armés. Aujourd’hui, on estime qu’il y a encore 250 000 enfants soldats à travers le monde. À l’occasion du 12 février, journée internationale des enfants soldats, l’Unicef France fait le point sur ces enfants auxquels on a volé l’innocence.

 

Que ce soit en Asie, en Afrique ou encore en Amérique Latine, les conflits armés en font des cibles faciles. Âgés de moins de 18 ans, ils devraient se trouver sur les bancs d’école, jouer avec leurs frères et sœurs, avoir des amis, faire des jeux de leur âge, mais ce n’est pas le cas. Eux, ce sont les enfants soldats, enrôlés de force ou amenés à s’engager auprès des forces armées à cause de la pauvreté ou pour venger leurs proches tués lors d’un conflit. Dès leur arrivée dans les rangs de ces groupes armés, leur vie bascule et leur enfance se transforme en un lointain souvenir. Parfois, certains ont à peine 7 ans !

Devenus cuisiniers, espions, porteurs ou combattants, les enfants soldats n’agissent pas par choix. De la participation aux massacres, aux violences sexuelles qu’ils subissent au sein même des groupes armés auxquels ils appartiennent, en passant par l’absorption de drogues leur permettant d’oublier la peur des combats, ils sont avant tout des victimes. Leur recrutement et leur utilisation violent leurs droits et leur causent des préjudices physiques, affectifs et psychologiques. À travers les horreurs auxquelles ils assistent et participent, c’est leur développement même qui est affecté. Les Nations unies estiment que 250 000 enfants sont encore directement impliqués dans des conflits armés, dans différents endroits du monde.  Pour que cela cesse, l’Unicef travaille à la sensibilisation de la communauté internationale sur le sort de ces enfants, rendus extrêmement vulnérables.
 

Lutter contre l’utilisation d’enfants dans des guerres d’adultes

Depuis septembre 2010,  95 États au total sont signataires des Engagements de Paris. Au nombre de 20, ceux-ci expriment la détermination de ces États à empêcher le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats. À travers des mesures concrètes que les gouvernements peuvent et devraient mettre en place, les Engagements de Paris ont vocation à protéger et à réintégrer  dans leur leur famillle ou leur communauté  les enfants touchés par les conflits armés.

Aujourd’hui encore, les enfants continuent d’être utilisés dans les guerres d’adultes où ils peuvent être blessés, rendus définitivement invalides ou tués, dans le pire ces cas. Les Nations Unies, l’Unicef et ses partenaires interviennent dans le processus de libération et de réinsertion dans la vie civile d’un grand nombre de ces enfants. Il arrive aussi que d’autres s’échappent et rentrent chez eux par leurs propres moyens. Mais à la place des chaleureuses retrouvailles tant attendues, ils se retrouvent souvent contraints de lutter pour se faire accepter par leur famille et leur communauté. Les filles souffrent plus particulièrement de cette situation. En effet, lorsque leurs communauté apprennent que leurs enfants sont nés d'un viol, au moment où elles étaient employées par une force armée, elles sont stigmatisées.

Malgré ce qu’ils ont vécu, ces enfants sont capables de se réadapter à une vie sans violence. S’ils reçoivent l’aide, le soutien et les encouragements nécessaires, ils peuvent reprendre goût à la vie.

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