Guerre au Yémen : près de la moitié des filles mariées avant 15 ans

Publié le 27 mars 2018 | Modifié le 27 mars 2018

Le conflit armé au Yémen empêche les enfants d’aller à l’école et les entraîne dans une spirale de pauvreté et de violence.

La guerre qui sévit depuis trois ans au Yémen fait de ce pays le pire endroit au monde où être un enfant. Alors que cela pourrait être évité, un enfant meurt toutes les dix minutes. Des nouveau-nés souffrant de malnutrition aiguë sévère voient le jour et ont besoin d’aide de toute urgence et le choléra fait partie du quotidien. Déscolarisés, près de deux millions d’enfants sont vulnérables et entrent dans le cycle de la pauvreté et du mariage précoce.

Quel est le lien entre l’école et le mariage des enfants ?

Les bombardements qui ont frappé le Yémen ont eu un impact sur 2500 écoles : 66% d’entre elles ont été endommagées, 27% ont dû fermer et les 7% restantes sont utilisées par les combattants ou hébergent des familles déplacées. De peur de voir leurs enfants mourir ou être blessés par des tirs, les parents les obligent à rester à la maison. Mais cela ne les protège pas vraiment et les expose à d’autres risques.

Dans un pays où la guerre a sapé la vie économique, il est très difficile de subvenir aux besoins d’un foyer. Les enfants non-scolarisés doivent travailler pour contribuer à la survie de la famille. Et quand il s’agit des filles, les familles les marient très jeunes. Cela constitue pour certains parents le meilleur moyen de les protéger contre des violences, mais c'est aussi une bouche en moins à nourrir. « Mon amie Eman a dû arrêter l’école et se marier à l’âge de 14 ans, a ainsi témoigné la jeune Bassmah Al-Jubail. J’étais triste pour elle et j’ai insisté auprès des professeurs pour qu’ils parlent à son père, mais ça n’a pas marché. » Or, privées d’éducation, les fillettes ainsi mariées voient leurs perspectives d’avenir diminuer. Au total, près de trois quarts des filles ont été mariées avant leurs 18 ans, et 44,5% l’ont été avant d’avoir 15 ans.

Privés d’éducation, les enfants basculent dans la pauvreté

Outre le mariage précoce et le travail des enfants, la guerre favorise l'enrôlement d'enfants dans les groupes armés. En 2017, au moins 2419 garçons ont été enrôlés dans les combats. Illettrés, ces jeunes deviennent des adultes sans diplôme et sans qualification. On estime qu’arrêter l’école pendant un an fait perdre 7% à 10% des revenus par personne.

Au vu de la situation économique du Yémen, cela a des conséquences catastrophiques. Les trois quarts des habitants vivent dans la pauvreté. Depuis 2014, la malnutrition a augmenté de 128% et touche 1,8 million d’enfants et 1,1 million de femmes enceintes ou allaitantes.

Le plaidoyer de l’UNICEF pour les enfants

Pour remédier à la situation, l’UNICEF appelle instamment les parties prenantes à cesser le conflit et à ne plus prendre les enfants et les écoles pour cibles. Mais il faut aussi investir massivement en faveur de l’éducation : les trois quarts des enseignants ne sont plus payés et ont donc dû trouver un autre emploi ou ne travaillent plus que quelques heures par jour. Et sans accès à l’eau et à l’hygiène, beaucoup de filles renoncent quant à elles à aller à l’école une fois qu’elles ont eu leurs premières règles. À ce jour deux millions d’enfants ne sont plus scolarisés et 2,5 millions d’autres enfants pourraient être à leur tour concernés.

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