Haïti : les enfants démunis ont été durement touchés par la crise

Publié le 20 avril 2004 | Modifié le 31 août 2015

L’enquête, qui a été réalisée dans l’ensemble du pays au cours du mois dernier, révèle que la violence a durement touché tous les enfants en Haïti, particulièrement les enfants les plus vulnérables, tels que les 2.000 enfants vivants dans les rues de Port-au-Prince et les 120.000 filles qui travaillent comme domestiques.

L’étude révèle que :
Dans plus de 15 pour cent des zones visées par l’étude, des enfants ont été tués lors du conflit, d’après plusieurs rapports.

Des enfants ont été blessés par balles ou battus par des gangs armés dans plus du tiers des zones visées par l’étude.

Le nombre de viols d’enfants a augmenté de façon significative dans les zones urbaines les plus touchées par la violence.
Une organisation des droits de l’homme a signalé par exemple que neuf filles avaient été violées en deux jours seulement dans la ville de Cabaret.

Selon l’UNICEF, des enfants ont été contraints à prendre part aux actes de violence dans plusieurs régions du pays. L’étude révèle également :
Des enfants ont été recrutés par des gangs armés dans près du tiers des zones étudiées.

Beaucoup d’enfants qui ont pris part à des actes de violence craignent maintenant de subir des représailles en raison de leurs actions.
A quelques exceptions près, les enfants ont été affectés par la peur et l’insécurité partout :
Dans plus de 70 pour cent des zones visées par l’étude, des familles ont fui la violence pour chercher refuge dans des régions plus calmes.

Dans 8 des 10 villes principales du pays, des élèves ont été empêchés d’aller à l’école ou de participer à des activités publiques.
Plusieurs missions d’évaluation effectuées dans l’ensemble du pays par l’équipe de l’UNICEF en Haïti ont confirmé que des écoles et des hôpitaux ont été la cible de violence et de pillages.

Selon Françoise Gruloos-Ackermans, Représentante de l’UNICEF en Haïti, l’étude confirme l’évaluation de l’UNICEF durant la crise selon laquelle la vulnérabilité extrême des enfants haïtiens signifiait déjà qu’ils allaient souffrir le plus des effets de la crise.

« Le conflit a affecté tous les enfants en Haïti en raison de l’environnement d’impunité qui y règne. L’augmentation de la violence s’est traduite par une pénurie considérable de nourriture, un accès très limité aux services de santé, et la fermeture des écoles pendant plusieurs mois. La crise est terminée, mais ses effets sur les enfants nous préoccupent au plus haut point ».

Ces nouvelles données sur l’impact de la récente crise sur les enfants en Haïti sont tirées d’une étude d’évaluation rapide effectuée dans 31 zones dans l’ensemble du pays. Chacune de ces zones correspond à une ville et ses communes. Un total de 438 questionnaires ont été remplis et analysés. L’étude fournit des données préliminaires qualitatives sur l’effet de la crise sur les enfants.

Avant la crise récente, les enfants haïtiens devaient faire face à d’énormes défis. Plus d’un enfant sur 10 mourrait avant d’atteindre l’âge de cinq ans. Environ 50 pour cent des enfants n’avaient pas accès à la vaccination de routine. Près de la moitié des enfants ne fréquentaient pas l’école primaire, et 80 pour cent n’avaient pas accès à l’école secondaire. Le pays a le taux d’analphabétisme le plus élevé des Amériques.

Les partenaires de l’UNICEF dans la réalisation de l’étude sont Save the Children Canada, Save the Children US, World Vision et Plan International.

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