Haïti : « les gens ne connaissaient pas la maladie »

Publié le 29 octobre 2010 | Modifié le 28 décembre 2015

Une dizaine de jours après l’apparition du choléra sur les rives de l’Artibonite, le Docteur Jean-Claude Mubalama, responsable de la section Santé de l’UNICEF Haïti, fait le point sur la situation.

1)    Combien y a-t-il de cas recensés sur tout le territoire, et à Port-au-Prince ?

À ce jour, il y a plus de 4000 cas recensés, et plus de 400 décès déclarés. Pour ce qui est de Port-au-Prince même, il y a beaucoup de rumeurs qui circulent. Pour le moment, la capitale ne compte que 5 cas confirmés. Dans peu de temps, nous aurons la confirmation pour d’autres cas de choléra, malgré les mesures très importantes de prise en charge que l’Unicef et les autres organisations humanitaires ont mis en place.

2)    Quelles sont les actions majeures de l’Unicef sur le terrain ?

Dès que l’épidémie a été détectée, nous sommes intervenus dans la prise en charge des malades, de l’approvisionnement en médicaments et fournitures comme des tentes et des bâches en plastique (ndlr : pour renforcer l’accueil des malades dans les centres de santé). L’Unicef participe largement à l’organisation de réponse globale à l’épidémie. L’un des problèmes, est qu’ici, les gens ne connaissaient pas la maladie avant cette épidémie.

En ce qui concerne l’eau, l’hygiène et l’assainissement, nous avons distribué des tablettes de chloration pour l’eau. Et nous avons aussi distribué ces tablettes auprès des services de distribution de l’eau, pour permettre l’accès à l’eau potable à un plus grand nombre de personnes.

Nous encourageons aussi des programmes de sensibilisation de la population, aussi bien pour l’hygiène individuelle que pour l’hygiène collective. Tous nos messages d’hygiène visent à éviter la propagation de la maladie : se laver régulièrement les mains avec du savon, consommer des aliments bien cuits…

Enfin, l’Unicef soutient le gouvernement haïtien, en participant à l’organisation de la coordination de l’aide humanitaire.

3)    Quelles sont les mesures appliquées plus particulièrement aux enfants ?

Les enfants sont les plus vulnérables de manière générale, et encore pendant les crises comme celles-ci. Ils se déshydratent beaucoup plus vite que les adultes lorsqu’ils sont atteints de diarrhées. On fait donc le maximum pour les prendre en charge, c’est notre priorité. Tous les efforts qui sont faits visent à limiter au maximum le nombre de décès d’enfants. Hier notamment, aucun enfant n’est mort.

Les enfants qui ont perdu leurs parents lors du séisme sont particulièrement vulnérables. Nous faisons très attention à leur apporter une assistance, grâce à des sachets de réhydratation orale.

Dans les écoles, on fait attention à ce qu’il y ait suffisamment d’eau potable, aussi bien pour boire que pour se laver les mains. Et à Port-au-Prince, on se concentre à la fois sur les camps et sur toute la ville.

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