Hatem Kotrane : le rôle des villes pour les droits de l'enfant

Publié le 27 mai 2010 | Modifié le 26 mai 2015

« Le rôle des villes est aussi important que celui des autorités centrales ». Rencontre avec Hatem Kotrane, membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU.

Invité à la 7e rencontre des Villes amies des enfants qui s’est tenue au Sénat le 3 mai dernier, Hatem Kotrane a présenté, en allocution d’ouverture, un état des lieux de la situation des enfants dans les pays industrialisés et en France, en particulier. Nombreux étaient les participants, venus pour échanger sur le thème "Droits des enfants, un pari à tenir" et sur les actions mises en place par les villes pour accompagner les parents et les enfants les plus fragilisés. L’occasion aussi pour nous de poser quelques questions à Hatem Kotrane, membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Extraits :

Le Comité des Droits de l’enfant de l’ONU a auditionné la France en mai 2009 et présenté un certain nombre de recommandations pour une meilleure application et connaissance de la CIDE en France. Quel rôle les villes peuvent-elles jouer en la matière ?

Le rôle des villes est certainement, aussi important que celui des autorités centrales.

Pourquoi ?

Les villes sont, d’abord, le premier lieu de socialisation de l’enfant. C’est à elles de définir et de mettre en place, en pleine concertation avec les familles, les centres de développement de la petite enfance (crèches, jardins d’enfants, etc.) Les villes sont, ensuite, le lieu de développement des capacités de l’enfant dans tous les domaines : éducation, formation professionnelle, théâtre, musique, sport, etc. Il leur revient aussi de développer les modes de participation des enfants à la vie citoyenne, à la démocratie.

Quel rôle peuvent jouer les villes pour le renforcement du lien social ?

Les villes jouent un rôle pionnier dans l’intégration et le dialogue citoyen entre les différentes communautés. Il leur revient, par l’aménagement des espaces et le développement de divers programmes éducatifs et interculturels, de lutter contre les inégalités, voire la ségrégation sociale et urbaine, et d’être le moteur de la cohésion sociale.

Et pour la protection de l’enfance ?

Les villes sont de plus en plus reconnues comme un des principaux acteurs  en matière de protection des enfants contre toutes les formes de violence, de négligences et de mauvais traitement, y compris notamment celles qui sont subis par les enfants au sein de leurs familles.

Et pour l’image des jeunes ?

Les villes peuvent aussi participer activement à la lutte contre la stigmatisation des  enfants et des jeunes en conflit avec la loi, en développant des programmes présentant les cas de réussite des jeunes anciennement en conflit avec la loi. Des programmes et interventions peuvent être également développer et s’avèrent souvent plus efficaces auprès des enfants lorsque ces derniers ont été invités à participer activement à l’analyse des causes de la délinquance et des motivations liées, à l’évaluation de leurs attentes et besoins, à la recherche de solutions, à l’élaboration et à la mise en place de stratégies et de solutions, et non pas simplement considérés comme des objets sans pouvoir de décision

L’interview complète d’Hatem KOTRANE est consultable sur  www.villeamiedesenfants.fr / Rubrique : actualités nationales.

 

Soutenir nos actions