Ils nous racontent le Liban…

Publié le 31 mars 2010 | Modifié le 31 août 2015

Chaque année, quelques employés de l’Unicef France s’envolent pour un pays dans lequel leur organisation s’investit pour les populations dans le besoin. Visites, rencontres avec le personnel de l’Unicef sur le terrain…  Cette année, à la mi-mars, ils étaient sept à se rendre au Liban. Ils nous racontent les moments forts de leur voyage, qui leur a fait toucher du doigt toute l’importance de leur engagement en France. Morceaux choisis.

« Maintenant que la blessure est ouverte, vous ne pouvez plus les laisser… »

« Les premiers jours, les visites dans les camps palestiniens ont été très dures. C’était difficile d’accepter ce qu’on voyait. Je ne m’imaginais pas du tout les camps comme cela. Ce sont des villes en fait, pas des camps. Les gens y vivent depuis plusieurs générations, dans des conditions très difficiles. Surtout à Nahr El Bared où les populations qui avaient été déplacés au moment des évènements à l’été 2007 vivent dans des préfabriqués depuis 2008, dans des conditions déplorables.
Le manque d’horizon et de perspectives des populations du Sud qui vivent avec la menace des tirs au quotidien était également très marquant. Les gens n’ont pas l’envie, ni la possibilité de se projeter, d’envisager leur futur.
Il y a deux phrases que je retiendrais, une personne dans le Sud qui disait que « l’Unicef est comme une bougie dans une pièce sombre » et l’autre, dans les camps palestiniens au Nord : « Avec le centre d’écoute, on a commencé avec une blessure fermée, maintenant que la blessure est ouverte, vous ne pouvez plus les laisser ». »
Nouria, Chargée d’animation réseau.

 

« Des visages et des propos que je ne suis pas prête d’oublier »

« J’ai également été très touchée par les camps palestiniens où sont "entassés" des gens qui gardent malgré tout leur dignité et l'espoir. Je n'imaginais pas ça, en fait quand nous rentrons dans un camp, nous rentrons dans une ville. J'avais l'image de ce que nous voyons à la télévision, mais quand nous traversons toutes ces ruines et que des gens habitent là.... C'est inimaginable !
C'est à ce moment là que je me suis dis que j'avais une chance incroyable de ne pas avoir côtoyé la guerre. (…)
J'ai également été touchée par l'engagement de toutes ces femmes, notamment à Khiam (au sud, près de la frontière israélienne) où une institutrice nous raconte que les enfants ne comprennent pas pourquoi ils doivent étudier puisque bientôt, il y aura une autre guerre. « A quoi bon ? » (…) Des visages et des propos que je ne suis pas prête d'oublier.... »
Mireille, comptable.

 

« Balayer les clichés »

Notre semaine au Liban a balayé tous les clichés que nous pouvions avoir à l'égard de ce pays : le Liban est peut-être considéré comme un pays à revenu moyen mais il ne demeure pas moins que la moitié de la population se trouve dans une situation de grande pauvreté. Cette pauvreté n’a cependant pas privé les libanais de leur hospitalité et leur générosité. (…)
De ce voyage, je retiendrai plusieurs rencontres fortes. Et notamment avec ces enfants palestiniens ou libanais, si jeunes mais déjà des survivants, affectés par les nombreuses guerres et par des conditions de vie précaires. 
Sans oublier cette rencontre avec cet ancien prisonnier de guerre qui nous raconte avec précision et une grande dignité comment il a été torturé par ses geôliers pendant son emprisonnement et ce, afin que nous puissions à notre tour, le raconter... »
Sandrine, gestionnaire administrative des ventes.

 

« Mieux comprendre combien le travail de l’Unicef est important »

« Il a été passionnant de toucher du doigt la manière dont l’Unicef travaille sur le terrain : ce n’est pas un simple bailleur de fonds, il y a des stratégies très fortes de développement (ou de gestion des urgences), en lien avec le gouvernement, les acteurs locaux (école, municipalité, associations…) derrière tout programme. (…)
Finalement, cette mission a été l’occasion de mieux comprendre combien le travail de l’Unicef était important pour amener les communautés à travailler avec le gouvernement et restaurer les capacités et la confiance entre les partenaires. L’Unicef joue le rôle de médiateur à ce niveau. C’était surprenant de voir combien le service public n’était pas équitablement accessible aux populations en fonction des zones…»
Gwenaelle, responsable administrative et juridique.

 

« Combat des femmes »

« Il est très difficile de comprendre qu’un pays qui à première vue est développé fait face à des retards et de nombreuses disparités selon les régions. On nous répond : « C’est le Liban ».
On ne peut qu’être marqué quand on entre dans ces camps de réfugiés palestiniens, avec ces immeubles détruits par la guerre tout autour… et des enfants qui courent et vivent là-dedans. J’ai été très touché par le combat de toutes ces femmes  pour faire avancer les choses, leur courage pour se battre malgré les difficultés liées à la place de la femme dans ce pays.
Je retiendrai enfin la grande générosité des gens que nous avons rencontrés. Ils ont peu de moyens mais vous donnent beaucoup en retour. »

Adou, technicien réseaux.

 

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