Inde : prévenir les épidémies

Publié le 03 janvier 2005 | Modifié le 29 décembre 2015

Interview de Lizette Burgers, responsable UNICEF Eau et Assainissement à Madras.

Après les tsunamis, cinq cas de rougeole ont été détectés dans le Tamil-Nadu, ainsi que six cas de malaria. Les risques d’épidémies représentent une menace encore plus grande pour la population indienne. Quelle est la réponse apportée par l’UNICEF ?
Plus de 200 000 personnes se trouvent actuellement dans les camps de secours installés dans les trois Etats indiens les plus touchés par le séisme et les tsunamis : le Tamil-Nadu, le Kerala et Pondichéry. Dans ces camps, qui continueront à accueillir les survivants des raz de marée durant 6 mois, les conditions d’hygiène sont alarmantes. Nous avons été informés de quelques cas de diarrhée dans ces camps. Nous voulons absolument éviter les épidémies et adoptons de ce fait une attitude préventive. Parallèlement à la distribution d’eau potable, nous avons commencé à distribuer des savons à la population, de manière à encourager le respect des règles d’hygiène. Les survivants commencent à enterrer leurs morts, certains corps sont en putréfaction, et nous répondons à de nombreuses demandes de masques et de gants. En collaboration avec une équipe constituée de membres du gouvernement et d’ONG, nous allons équiper des voitures de hauts-parleurs et sillonner les camps en envoyant des messages clés, du type : « Pour sauver vos enfants du choléra, lavez-vous les mains ». Nous allons également mettre en place un système de ramassage des ordures et de nettoyage dans les camps de secours.

Quelle réponse apporte l’UNICEF au trauma des enfants ayant survécu aux tsunamis ?
Bien que pour le moment, notre attention se porte essentiellement sur les besoins immédiats, de l’ordre de la santé, et de l’eau et de l’assainissement, nous essayons aussi de développer un appui psychosocial de la population, en particulier des enfants. Nous sommes déterminés à ce que les écoles réouvrent à partir de lundi prochain, car il est essentiel que les enfants reprennent une vie normale le plus rapidement possible.

Au-delà des côtes ravagées par les raz de marée, la vie continue, mais certaines communautés ont été touchée plus que d’autres ?
En effet, les communautés les plus affectées sont les pêcheurs, qui sont déjà les plus pauvres parmi les pauvres. Ils ont tout perdu : leur bateau, leurs enfants, leur famille. La mer leur a tout pris. Ils ne savent plus quoi faire et sont particulièrement vulnérables. Nous espérons que les autres communautés sauront les aider à se réintégrer dans le tissu social.

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