Irak : les écoles portent les stigmates de la guerre

Publié le 14 octobre 2004 | Modifié le 31 août 2015

 Une enquête soutenue par l'UNICEF dénonce la surpopulation et le manque de moyens dans les écoles.

Le premier rapport sur l’état des écoles dans l’Irak d’après-guerre démontre que des milliers d’établissements scolaires sont dépourvus des infrastructures nécessaires à une éducation correcte pour les enfants. Près d’un quart des écoles nécessitent des travaux importants. L’enquête, rendue publique cette semaine par le Ministère de l’Education irakien, montre que dans un tiers des écoles primaires en Irak, l’alimentation en eau est inexistante, et que près de la moitié de ces écoles n’ont aucun système sanitaire.
On apprend également qu’en dépit des difficultés, les inscriptions scolaires ont augmenté en 2003/2004. Mais l’enquête révèle que le nombre d’établissements aptes à recevoir les enfants reste inférieur à la demande. 4,3 millions d’enfants sont actuellement inscrits à l’école. En 2000, ils étaient 3,6 millions.

Alors qu’il y a officiellement plus de 14 000 écoles primaires en Irak, il n’y a plus que 11 368 bâtiments disponibles pour les héberger. Et parmi ces établissements, 2 700 ont besoin d’être réhabilités.
« L’Irak avait l’un des systèmes scolaires les plus performants du Proche-Orient, » affirme le représentant de l’Unicef Roger Wright. « Aujourd’hui, de nombreux éléments montrent que ce système s’est détérioré.»
L’enquête estime que depuis mars 2003, plus de 700 écoles primaires, dont un tiers à Bagdad, ont été endommagées par les bombardements, plus de 200 ont été incendiées et plus de 3 000 ont subi des pillages. 
 

Un faible taux d’inscription recensé chez les filles

Selon l’enquête, 4,3 millions d’élèves sont inscrits dans les écoles primaires en Irak, dont 2,4 millions de garçons et 1,9 millions de filles : ce qui correspond aux chiffres antérieurs à la guerre. L’inscription des filles était inférieure à celle des garçons à tous les niveaux et dans toutes les provinces du pays. Dans la province de Wasit, les filles ne représentaient que 39% des élèves inscrits. L’inscription des filles était plus élevée dans les Etats de Bagdad et Sulaimaniya, où elles représentaient 46% des élèves inscrits.
« Il est primordial de promouvoir un système éducatif plus égalitaire, » constate M. Wright. En dépit des difficultés en Irak, l’UNICEF, le ministère de l’Education et de nombreux autres partenaires continuent à collaborer pour la réhabilitation des établissements scolaires et à former des enseignants de manière à s’assurer que les enfants irakiens obtiennent l’éducation qu’ils méritent.

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