«Je ne veux pas que mes enfants le fassent»

Publié le 18 décembre 2009 | Modifié le 28 décembre 2015

En Inde, les familles qui travaillent dans les exploitations de thé vivent dans des conditions très difficiles. Des clubs d’adolescentes ont vu le jour pour « un avenir meilleur ».

Dans les montagnes d’Assam, un Etat du nord-est de l’Inde, les familles qui travaillent dans les exploitations de thé représentent environ 20% de la population. Mais elles sont souvent marginalisées, exclues.  Peu d’enfants vont à l’école et le travail à accomplir chaque jour est difficile. Dans certaines exploitations, les travailleurs doivent ramasser au moins 20 kg de thé pour obtenir leur salaire quotidien. Ce sont les femmes qui cueillent l’essentiel des feuilles de thé. Principalement à la main. Et malgré une loi nationale qui régule le travail des enfants, les adolescentes travaillent également dans ces cultures.

« Les parents négligent leurs filles »

Janaswari Begum a 56 ans. Elle travaille dans l’exploitation de thé de Nahartoli depuis 30 ans. Lorsqu’on lui demande si elle veut que sa fille Sulekha suive ce chemin, elle secoue la tête. « Je l’ai fait mais je ne veux pas que mes enfants le fassent. » Les conditions sont toujours difficiles pour les filles dans ces exploitations. « Dans les cultures de thé, les parents négligent leurs filles, explique un agent social qui travaille dans l’une de ces exploitations. Ils ne veulent pas les envoyer à l’école. Ils préfèrent s’en servir comme nourrices ou comme cuisinières. »

Dans ces plantations, certaines filles sont mariées à l’âge de 13 ans. Au coucher du soleil, l’alcool fait son apparition dans les familles. Tout comme les violences, contre les femmes, les filles, les enfants.

Des clubs d’adolescentes

Dans l’exploitation d’Assam, l’Unicef et ses partenaires aident les filles à changer de vie, notamment en tentant de les scolariser durablement. Mais aussi grâce aux Clubs d’adolescentes qui fournissent un refuge aux jeunes filles.

La fille de Begum, Sulekha, dirige l’un de ces clubs. Cela lui apporte une certaine confiance. « Je veux être debout, gagner ma vie, souligne-t-elle. Je veux apprendre aux autres filles plus jeunes ce que je sais.» Les filles se rencontrent le dimanche, font de la couture et discutent entre amies. Elles apprennent aussi des règles importantes de santé et d’hygiène.

Aider les filles à s’aider est une méthode progressive de changement, peut-être la plus efficace. «Nous ressentons le besoin d’inclure les filles, explique Jeroo Master, de l’Unicef à Assam. Ces clubs d’adolescentes sont des catalyseurs de changement.»

Récemment, des syndicats se sont également rapprochés du club de Sulekha pour travailler sur l’alcoolisme et les mariages précoces. « Le club est la meilleure plateforme pour nous, explique l’adolescente. Nous allons montrer ce que nous arriverons à faire tous ensemble. »
 

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