Journée du paludisme : la moustiquaire, prévention essentielle

Publié le 24 avril 2013 | Modifié le 17 décembre 2015

A l’occasion du 25 avril, Journée mondiale du paludisme, l’UNICEF rappelle que cette maladie tue encore chaque année environ 660 000 personnes, des enfants africains pour la plupart. Et que l’utilisation universelle de moustiquaires imprégnées d’insecticide est essentielle pour combattre ce fléau...

Pour lutter contre les ravages du paludisme, qui reste encore aujourd’hui l’une des principales causes de mortalité des enfants dans le monde, l’UNICEF et ses partenaires préconisent la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide (et notamment d’insecticide de longue durée), et aident les gouvernements à y parvenir. Lorsque le taux de couverture universelle – une moustiquaire pour deux personnes – sera atteint, cette méthode simple et efficace pourrait entraîner une réduction de la mortalité de l’enfant allant jusqu’à 20 %.
 
En 2004, on ne comptait que 5,6 millions de moustiquaires de lit en Afrique subsaharienne. Il y a peu encore, le prix de ces moustiquaires était trop élevé pour les distribuer à grande échelle, du fait de la faible concurrence entre producteurs. Mais en 2010, ce chiffre avait atteint 145 millions, grâce aux achats en grand nombre, à l’approvisionnement groupé, à l’amélioration des moyens de financement et au développement des capacités de production en Afrique. C’est en grande partie grâce à la priorité désormais accordée à la généralisation de cette intervention antipaludique efficace que 1,1 million de vies ont été sauvées et que les taux de mortalité dus au paludisme ont diminué d’un tiers en Afrique depuis 2000.
 

Prévention… et prise en charge rapide

 
« 1500 enfants meurent encore chaque jour du paludisme, explique Michèle Barzach, présidente de l’UNICEF France, c’est inacceptable dans la mesure où il s’agit d’une maladie que l’on peut facilement éviter et soigner. Fournir des moustiquaires imprégnées d’insecticide, ainsi que des tests de dépistage et des traitements adéquats à tous ceux qui en ont besoin est essentiel pour limiter les décès d’enfants liés à la maladie. »
 
Un traitement de trois jours permet de guérir des infections paludiques, surtout si la maladie a été diagnostiquée suffisamment tôt et prise en charge adéquatement, en particulier avec des traitements à base d’artémisinine. Mais en Afrique notamment, de nombreux enfants continuent de mourir du paludisme car ils ne dorment pas sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide et n’ont pas accès au traitement susceptible de leur sauver la vie dans les 24 heures suivant l’apparition des premiers symptômes.
 
L’UNICEF appuie les efforts déployés à l’échelle nationale pour former des agents de santé locaux et leur fournir des moyens d’intervention simples, par exemple des tests de diagnostic rapide du paludisme, afin que les enfants qui en ont besoin puissent bénéficier sans tarder des médicaments nécessaires. Mais dans la plupart des pays africains, moins de 30 % des enfants soignés reçoivent des traitements de première intention tels que ceux à base d’artémisinine.
 

Objectif : couverture universelle

 
En coopération avec les gouvernements, les donateurs et d’autres partenaires, l’UNICEF cherche également de nouveaux moyens d’atteindre les enfants les plus vulnérables et les plus difficiles d’accès, afin de parvenir à la couverture universelle. Par exemple, en plus des campagnes à grande échelle de distribution gratuite de moustiquaires menées dans les régions les plus pauvres et les plus reculées, des moustiquaires sont également remises aux enfants dans le cadre des vaccinations de routine et aux femmes enceintes lors des visites de soins anténatals. L’UNICEF intensifie également ses efforts dans le domaine de la prise en charge communautaire intégrée, qui met un ensemble d’interventions vitales à la portée des enfants, des familles et des foyers. 
 
On estime que suffisamment de moustiquaires ont été distribuées au cours des dix dernières années pour répondre à 80 % des besoins de l’Afrique subsaharienne. Beaucoup de moustiquaires arrivent cependant à la fin de leur durée d’utilisation et doivent être remplacées. Les pays qui ont déjà réduit leur nombre de cas de paludisme – de 50 % pour certains d’entre eux – peuvent rapidement détecter une résurgence de la maladie et de la mortalité associée quand les moustiquaires usagées ne sont pas remplacées à temps.
 
En Afrique subsaharienne, entre 2000 et 2010, la proportion d’enfants dormant sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide est passée de moins de 5 % à plus d’un tiers. Mais l’achat de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée a chuté de 52 % à l’échelle mondiale, l’objectif annuel étant fixé à 150 millions. Ce ralentissement risque de nuire gravement aux progrès accomplis. 
 

Rester vigilant : le combat continue

 
« Nous avons réalisé d’importants progrès mais cela n’est pas suffisant : notre objectif est de réduire à zéro le nombre de cas de paludisme et de décès dus à cette maladie. Cela nécessite que les fonds soient suffisant, sans quoi les enfants et les femmes enceintes ne pourront pas être protégés », ajoute Michèle Barzach.

Combattre le paludisme n’a pas seulement pour effet de sauver la vie d’enfants mais présente également d’autres avantages pour les communautés touchées. Cela permet par exemple d’améliorer la santé des femmes enceintes et donc ensuite de leur nourrisson et de réduire l’absentéisme scolaire et professionnel. Éliminer le paludisme soulagerait les centres de santé du fardeau que fait peser la maladie. On estime que chaque dollar consacré à la lutte contre le paludisme en Afrique donne un retour sur investissement 40 fois supérieur.
 
Des victoires et progrès impressionnants ont été obtenus grâce à de solides partenariats et aux contributions généreuses de nombreux donateurs mais ces progrès risquent d’être réduits à néant rapidement si les efforts se relâchent et si les investissements diminuent.
 

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