Kenya : l'UNICEF a besoin de 2,94 millions de dollars

Publié le 31 mai 2005 | Modifié le 31 mars 2016

L'UNICEF demande une aide d'urgence pour les milliers d'enfants kenyans menacés par la sécheresse persistante.

Plus d’un enfant sur cinq souffre de malnutrition aiguë dans les districts les plus affectés.

L’UNICEF demande une aide d’urgence pour les milliers d’enfants kenyans menacés par la sécheresse persistante. La situation est particulièrement critique pour 30 000 enfants et 10 000 femmes enceintes et allaitantes qui ont besoin immédiatement d’un soutien nutritionnel ainsi que 200 000 personnes qui manquent d’approvisionnement en eau.

« Nous devons agir rapidement pour protéger les enfants et les femmes les plus vulnérables du paludisme, vacciner les enfants contre la rougeole et la polio, et renforcer leur résistance aux maladies avec des suppléments de vitamine A, » a déclaré le représentant de l’UNICEF Heimo Laakkonen.

« La nourriture, l’eau et la vaccination sont indispensables mais ne sont pas suffisants, » a ajouté M. Laakkonen. « Nous devons également faire en sorte que la sécheresse n’empêche pas les enfants d’aller à l’école ou n’augmente pas les risques d’exploitation sexuelle et d’abus. »

Dans les 4 prochains mois, l’objectif de l’UNICEF et de ses partenaires est d’apporter à 200 000 femmes et enfants vulnérables une aide d’urgence grâce à des programmes de santé, nutrition, eau, éducation et protection.

Les précipitations insuffisantes en décembre et janvier durant la petite saison des pluies sont les causes de cette crise. Mandera, Wajir, Turkana, Isiolo et Kajiado sont les districts les plus touchés. A Kajiado, beaucoup de sources ont taries et celles encore en activité sont insuffisantes pour répondre aux besoins des populations.

Dans le nord du Kenya, les pluies ont augmenté cette année mais pas suffisamment pour enrayer la sécheresse. Dans le district de Mandera, frontalier avec la Somalie et l’Ethiopie, les effets de la sécheresse ont été combinés aux violences transfrontalières et aux conflits interclaniques qui ont conduit au déplacement de plus de 20 000 personnes depuis décembre. Plus d’un quart des enfants à Mandera souffrent de malnutrition aiguë.

« Les évaluations menées dans le nord du Kenya ont donné les mêmes résultats, » a affirmé M. Laakkonen, « de Wajir dans l’Est à Turkana dans l’Ouest, au moins un enfant sur cinq souffre de malnutrition aiguë. »

Les enfants malnutris sont particulièrement vulnérables aux maladies comme la rougeole et le paludisme et pour l’instant, les services de santé dans les zones touchées par la sécheresse sont incapables d’y faire face. La plupart sont en sous effectif et manquent de médicaments. La couverture vaccinale dans la province du Nord-Est est la pire du pays.

L’UNICEF soutiendra la vaccination d’urgence contre la rougeole et la distribution de vitamine A pour plus de 240 000 enfants et fournira des moustiquaires imprégnées d’insecticide à plus de 30 000 femmes enceintes et enfants pour lutter contre le paludisme. Le risque de poliomyélite a nettement augmenté au Kenya depuis la propagation de la maladie au Soudan, pays voisin. L’UNICEF, l’OMS et le ministère de la santé du Kenya ont prévu des campagne de vaccination dans cinq districts vulnérables, afin d’atteindre 200 000 enfants.

Le niveau d’abandon scolaire augmente dans les régions touchées par la sécheresse qui ont déjà les taux de scolarisation les plus bas du pays. Seulement 10% des filles vont à l’école primaire dans la province du Nord-Est.

« Le Kenya ne peut pas se permettre de perdre une seule fille à l’école primaire, surtout dans la province du Nord-Est, » a déclaré M. Laakkonen. Les actions d’urgence de l’UNICEF pour faire face à la sécheresse, devraient permettre qu’au moins 3 500 enfants dans les communautés vulnérables, et particulièrement les filles, puissent être hébergés près des écoles primaires.

L’expérience a montré que les plus vulnérables sont souvent les enfants qui migrent avec leur famille dans les faubourgs des petites villes. Beaucoup d’entre eux ont perdu leur bétail et n’ont pas de moyens de subsistances. Les femmes et les filles deviennent particulièrement vulnérables et exposées à l’exploitation. Elles peuvent être forcées au commerce sexuel.

« Le risque d’exploitation sexuelle est malheureusement très important dans ce genre de situation », a témoigné M. Laakkonen. « Les femmes et les filles sont exposées aux abus, là où les familles viennent chercher de l’eau et de la nourriture. »

Il a ajouté que le programme d’urgence de l’UNICEF incluait une formation du personnel humanitaire à la prévention de l’exploitation sexuelle ainsi qu’à la sensibilisation des familles les plus vulnérables aux risques du VIH/Sida.

L’appel de l’UNICEF pour ces fonds supplémentaires se base sur l’aide d’urgence (débutée en mars 2004) dans les zones affectées par la sécheresse au Kenya.

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