L’impact décisif du bien être des femmes sur celui des enfants

Publié le 18 mars 2007 | Modifié le 04 janvier 2016

Nutrition, éducation, économie, orientations politiques : dans tous ces domaines, l’émancipation des femmes a des conséquences clairement mesurables sur la vie des enfants. Quiz pour prendre conscience de cette réalité.

Quiz pour prendre conscience de l’impact décisif du bien être des femmes sur celui des enfants.

NUTRITION

En 2005, en Asie du Sud, où entre 40 et 60% des femmes sont trop maigres, 45% des enfants présentaient une insuffisance pondérale.
VRAI : Lorsque le statut social des femmes est faible et qu’elles n’ont pas leur mot à dire à la maison, il n’est pas rare qu’elles souffrent de dénutrition et qu’elles n’aient pas accès à des ressources susceptibles d’être consacrées directement à la nutrition de leurs enfants.

Des études en Inde et au Népal montrent que quand les femmes ont voix au chapitre dans leur foyer, on observe moins de retards de croissance chez l’enfant, et la mortalité infantile recule.
VRAI : Malheureusement une étude menée dans l’Etat du Gujarat, en Inde, révèle qu’environ 50% des femmes interrogées ne pouvaient pas emmener un enfant malade chez le médecin sans l’approbation de leur conjoint ou des beaux-parents. 10 seulement des 30 pays étudiés par l’Unicef voyaient au moins une moitié ou plus de femmes prendre part aux décisions du ménage.

Si les hommes et les femmes exerçaient la même influence sur les prises de décision, en Asie du Sud, l’incidence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de trois ans pourrait reculer de 13 points de pourcentage.
VRAI : Selon une étude menée par l’International Food Policy Resaearch Institue, cela représenterait en Asie du sud une diminution de 13,4 millions du nombre d’enfants sous-alimentés. Signalons qu’en Afrique sub-saharienne, 1,7 million d’enfants de plus seraient nourris correctement.

Les femmes ne donnent pas plus que les hommes la priorité aux dépenses alimentaires et médicales.
FAUX : Au Cameroun, les femmes ayant un revenu consacrent 74% en moyenne à l’amélioration quotidienne des repas, contre 22% pour les hommes. Les mêmes études montrent qu’avec une mère à la tête du foyer, les enfants bénéficient d’un régime alimentaire plus varié. Au Ghana et en Côte d’Ivoire, l’augmentation du revenu des femmes se traduit par une augmentation des dépenses alimentaires, alors qu’une augmentation de revenu des hommes n’a pas de conséquences sur cet item.

Les femmes préfèrent soigner leurs enfants en utilisant des méthodes traditionnelles plutôt qu’en ayant recours aux médicaments.
FAUX : Une étude faite au Ghana a montré que les femmes ont majoritairement recours aux médicaments quand leur enfant a une crise de paludisme, alors que les hommes se tournent plutôt vers les remèdes traditionnels.

EDUCATION

La scolarisation des mères n’a pas de conséquences sur celle de leurs enfants.
FAUX : Une étude de l’Unicef sur plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie du Sud et d’Afrique subsaharienne, montre que les enfants dont les mères ne sont pas instruites ont 2 fois moins de chances d’être scolarisés en primaire.

En Afrique subsaharienne, 60% des enfants dont les mères sont instruites sont scolarisés, contre 51% de ceux dont les mères n’étaient pas allées à l’école.
FAUX : L’écart est de 73% contre 51%.

Dans les foyers défavorisés avec une femme à leur tête, les enfants ont moins de chance d'accéder à l'instruction. 
FAUX : Au Brésil, une étude portant sur des ménages défavorisés affirme que les filles vivant avec des mères indépendantes et instruites ont de meilleures chances d’être scolarisées et d’échapper à l’économie informelle.

ECONOMIE

Les femmes doivent gagner en responsabilité économique pour améliorer le bien-être des enfants. Or, elles sont encore minoritaires dans la population active mondiale.
VRAI : Elles représentaient environ 40% en 2005.

Quand elles occupent un emploi rémunéré, les femmes gagnent en moyenne beaucoup moins que les hommes.
VRAI : Le chiffre est très variable, mais estimé à environ 20%.

Il est très fréquent que les femmes consacrent la majorité de leur temps à des tâches ménagères non rémunérées.
VRAI : Une étude menée sur 15 pays latino-américains montre que les activités ménagères représentent la principale activité d’une femme sur 4, contre un homme sur 200.

Les femmes, de par leur position dans le foyer, sont privilégiées lors des héritages.
FAUX : Elles possèdent moins de biens. Des lois sexistes sur la propriété et l’héritage exposent davantage les femmes et les enfants à la pauvreté. Au Cameroun, les femmes qui accomplissent 75% des travaux agricoles ne sont propriétaires que de moins de 10% des terres. Au Mozambique, les femmes n’ont pas le droit d’être propriétaires d’un terrain et de le vendre.

Un meilleur accès des femmes aux moyens de production agricole (terres arables, engrais, main d’œuvre, crédit, éducation) a des conséquences directes sur la sécurité alimentaire et l’état nutritionnel des enfants.
VRAI : En Afrique subsaharienne, on a constaté une augmentation de 15% de la production agricole lorsque les femmes ont la maîtrise de ces intrants.

En 1998 on estimait que 35% des ménages dans le monde étaient dirigés par des femmes.
FAUX : 20% au niveau mondial (24% en Amérique latine, 22% en Afrique subsaharienne, 16% en Asie, 13% au Moyen-Orient & Afrique du Nord).

Les Pays-Bas ont adopté une loi sur la garde des enfants (entrée en vigueur en janvier 2005) à travers laquelle les parents, les employeurs et le gouvernement se partagent la responsabilité des frais de garderie.
VRAI : C’est une initiative encourageante dans une Europe de l’Ouest où, néanmoins, les systèmes de garde pour la petite enfance et les cantines scolaires restent en-deçà des besoins.

Une étude menée dans six Etats de l’Inde montre que les femmes consacrent 20 heures par semaine aux tâches ménagères, aux soins des enfants et des personnes âgées contre 4 heures pour les hommes.
FAUX : Le rapport est de 35 heures à 4.

POLITIQUE

En juillet 2006, les femmes représentaient 30% des parlementaires dans le monde.
FAUX : Elles représentaient moins de 17%.

Sur le plan politique, les femmes parlementaires sont plus disposées que les hommes à soutenir les droits des enfants et des femmes.
VRAI. En Nouvelle-Zélande : sur la période 1987-1992, 66% des débats sur les soins aux enfants et les congés parentaux ont été lancés par des femmes (qui ne représentent pourtant que 15% de l’assemblée). En Argentine : sur les années 1993-94, 78% des projets de lois sur les droits des femmes ont été proposés par des femmes (qui ne représentent pourtant que 14% de l’assemblée).

Une étude menée auprès de 187 femmes parlementaires explique cette disposition par des éléments principalement économiques et sociaux.
VRAI : L’étude donne plusieurs raisons :
- Leur parcours politique n’est pas le même : 40% d’entre elles entrent en politique par intérêt social ou en provenance d’organisations non gouvernementales.
- Dans la plupart des pays les femmes assument toujours les principales responsabilités de prestataires de soins non professionnels pour leur famille et notamment les enfants et les personnes âgées.

Source : Rapport 2007 de l'Unicef sur La situation des enfants dans le monde.

En savoir plus

L’UNICEF, acteur de l’émancipation des femmes

Soutenu par l’Unicef, le mouvement des Centres pour les mères, parti d’Allemagne pour toucher plusieurs pays d’Europe de l’Est apporte ressources pratiques (repas, ludothèques, cours de couture et de langues) et soutien social. C’est une initiative qui apporte des résultats encourageants.
VRAI : 55% des femmes affirment avoir pris de l’assurance, 58% pouvoir mieux exprimer une opinion.

En Gambie, les clubs de mères se sont fixés comme objectif primordial le soutien financier et moral à l’éducation des filles. L’Unicef a aidé au développement d’activités génératrices de revenus (artisanat, élevage, minoterie) : les ressources sont investies pour payer les frais scolaires. Une trentaine de clubs a ainsi été créée.
FAUX : Ce sont 65 clubs de mères qui ont été créés dans trois régions de Gambie. Les taux de fréquentation scolaire ont augmenté de 34%. Et l’incidence des mariages précoces a fortement diminué.

Pour accorder des microcrédits, les investisseurs font davantage confiance aux hommes.
FAUX : Au Bangladesh, la "Grameen Bank" de Muhammad Yunus, accorde plus de 96% de ses prêts à des femmes. Créée il y a trente ans, la Grameen Bank a travaillé avec l’Unicef dès le début des années 80. La somme moyenne prêtée est de 130 $. Ces petits prêts rendent les femmes capables d’investir dans des initiatives génératrices de revenus, qui leur donnent le pouvoir de prendre des décisions économiques dans leurs foyers et leur permettent également d’accéder plus largement aux services sociaux dans leurs communautés.

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