L’UNICEF encourage l’enseignement volontaire auprès des professeurs syriens en Turquie

Publié le 29 avril 2016 | Modifié le 19 septembre 2018

« C’était comme une fête » s’enthousiasme Raid Ramadan, un professeur syrien qui enseigne maintenant aux enfants syriens réfugiés en Turquie. Il fait allusion au jour où lui et ses collègues ont perçu leurs premières primes au bureau de poste local en vertu d'un nouveau programme de l’UNICEF qui encourage les professeurs à l’enseignement volontaire.

« Tout le monde a perçu son argent et retourna dans sa tente avec le bonheur de se retrouver en famille, se souvient Raid Ramadan. Mes enfants adorent leurs jouets et leurs nouveaux vêtements tout comme les autres enfants du camp de réfugiés » raconte ce père de quatre enfants. « J’ai acheté ce qu’ils désiraient. Ils ont été ravis ! Je suis très reconnaissant envers l'UNICEF et le gouvernement turc pour ce programme qui m’a permis d’offrir des cadeaux à mes enfants ».

Des milliers de réfugiés syriens travaillent comme enseignants bénévoles dans les écoles établies à l’intérieur et à l’extérieur des camps. Jusqu'à récemment, ils travaillaient gratuitement. Depuis janvier 2015, ils reçoivent des primes mensuelles à la suite de la coopération entre l'UNICEF, le Ministère turc de l'Éducation nationale et le service postal national (PTT).

Les primes permettent aux enseignants de se sentir valorisés et utiles, de continuer à travailler tout en les encourageant à donner le meilleur d’eux-mêmes. Pour l'UNICEF, l'éducation est toute aussi importante pour les enfants réfugiés que la nourriture et un abri. C’est un droit humain fondamental, mais également un moyen de résilience. L’éducation permet aux enfants syriens de poursuivre leur scolarité, et aide les pays et les communautés à reconstruire en mieux les établissements détruits pendant la guerre. Les enseignants représentent la base d’un système éducatif. Sans eux, il serait vraiment difficile de construire une société pacifique et démocratique.

Un effort conjoint entre plusieurs partenaires

La distribution de primes aux enseignants fait partie de la coopération de l'UNICEF avec le Ministère turc de l'Éducation nationale, les autorités locales et d'autres partenaires publics prêts à fournir une éducation de qualité aux enfants syriens de tous les âges. L'approche de l'UNICEF est d’éviter la mise en place de solutions parallèles ou temporaires lors de l'intervention d'urgence qui peuvent compromettre les programmes à long terme. Ce régime d'intéressement à la prime a été conçu pour renforcer le système éducatif existant, tout en priorisant l’accès immédiat à l'éducation pour les enfants syriens.

Le programme de primes aux enseignants a été soutenu par des dons de la Commission européenne, à travers son initiative « Les Enfants de la Paix de l’Union européenne » qui finance des projets humanitaires pour les enfants dans les zones de conflit, en leur donnant accès à des écoles sécurisées, ainsi qu'un soutien psychologique. 

Chaque enseignant dans des camps de réfugiés syriens reçoit l'équivalent de 133 euros par mois, tandis que ceux en dehors des camps sont payés 195 euros par mois. Plus de 4 000 enseignants syriens bénéficient de ce programme. Les paiements sont effectués sous la supervision du Ministère turc de l'Éducation nationale en utilisant une carte prépayée des services postaux (PTT).
 


La carte de bénéficiaire permet aux enseignants volontaires syriens de percevoir leur prime tous les mois grâce à l’UNICEF et ses partenaires. © UNICEF / Turquie-2015 / Yurtsever

Apprendre la langue turque pour s’intégrer

Raid Ramadan est arrivé en Turquie en août 2012, après avoir fui sa ville Hama en Syrie, et s’est installé dans le camp de Kahramanmaras. Fort de 14 ans d’expérience dans l’enseignement en langue arabe, il a appris à aimer la langue turque et l’enseigne maintenant aux enfants syriens.
« J'ai eu un élève âgé de 10 ans environ, nommé Khalid, se souvient Raid Ramadan. Il persistait à éviter l'école et les cours de turc. J'ai essayé de lui faire aimer la langue turque et je lui ai expliqué pourquoi il devait apprendre cette langue pour pouvoir communiquer avec les gens. Maintenant, Khalid a bien compris mon message et il est l'un des élèves les plus studieux à l'école ».

« Je voudrais utiliser cette somme d’argent pour réparer notre maison en Syrie »

Hanen Elcur, mère de six enfants, est arrivée en Turquie il y a deux ans en provenance d’Alep en Syrie. Hanen Elcur a 13 ans d'expérience en enseignement et a pris des cours d'anglais supplémentaires.

Pour Hanen Elcur, l'argent est venu comme un grand soulagement. « Nous sommes une grande famille. La prime reçue n’est pas un grand montant mais c’est important pour nous. » Elle ajoute qu'elle n'a eu aucune difficulté à retirer de l'argent au distributeur des PTT avec sa carte de bénéficiaire. Pour le moment, l'argent permet aux enseignants comme Hanen Elcur de fournir l'essentiel des besoins à ses enfants. « Je voudrais payer nos dettes, dit-elle. J’ai emprunté de l'argent pour venir en Turquie. Notre maison en Syrie a été endommagée, nos biens dérobés. Je voudrais utiliser cette somme d’argent pour réparer notre maison et acheter de nouveaux équipements quand nous pourrons y retourner... »

Comme de nombreux enseignants volontaires syriens, Hanen Elcur insiste sur le fait qu'elle continuerait tout de même à enseigner sans salaire ni prime si c’était envisagé pour des raisons budgétaires. « Nous sommes venus en Turquie parce que c'est un pays sûr et il y a des écoles pour nos enfants, explique-t-elle. Les Turcs ont été très accueillants. Nous sommes très heureux que nos enfants puissent continuer à aller à l'école ».

 

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