La malnutrition au Mali : une question de santé publique

Publié le 08 août 2011 | Modifié le 31 mars 2016

Très présente au Mali, la malnutrition est un problème de santé publique grave dans ce pays de la bande sahélienne, où vivent 15 millions d’habitants. Malgré les moyens de prévention mis en œuvre ces dernières années, la malnutrition atteint plusieurs poches dans le pays. État des lieux.

 

 

 

Il existe plusieurs poches de malnutrition au Mali. Depuis quelques années, les autorités maliennes réagissent. Pour lutter contre un taux de mortalité infantile très fort - près d’1 enfant malien sur 5 meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans – la nutrition devient peu à peu une priorité pour ce pays d’Afrique de l’Ouest. La malnutrition est une maladie insidieuse dont les conséquences sont visibles sur les court, moyen et long termes, aussi bien au niveau familial qu’au niveau national.

Au sein des familles maliennes, les naissances sont souvent très peu espacées. Ce faible espacement constitue l’une des causes principales de malnutrition chez le jeune enfant et la mère. Et plus la taille du ménage est élevée, plus l’incidence de la malnutrition est forte.

 

Au-dessus des seuils d’alerte

La malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) affecterait 15 % de la population malienne, alors que le niveau d’alerte international est fixé à 10%. Quant à la malnutrition chronique, elle atteint 38 % des enfants de moins de 5 ans dans le pays ; le seuil d’alerte international étant situé à 20 %. Le Mali est donc largement au-dessus des seuils fixés par l'Organisation mondiale de la santé

De plus, au Mali, plus de 80 % des enfants de moins de 5 ans et plus de 65 % des femmes souffrent d’une carence en fer. C’est l’un des taux les plus élevés au monde. Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants quand on sait qu’une carence en fer diminue fortement le développement intellectuel et la capacité d’apprentissage chez les enfants. En ce qui concerne les mères, une carence en fer peut avoir des conséquences directes sur l’enfant, et cela dès la conception du bébé. Une femme anémiée a plus de chances de donner naissance à un enfant souffrant de malnutrition.

À ce jour, au regard de l’incidence de la malnutrition sur la population malienne, (40% de la population est sont concernés) ce problème est un problème de santé grave.

 

Les défis à relever

Pour lutter efficacement contre la malnutrition, l’État malien met en place « une politique de nutrition claire », explique Médiatrice Kiburente Touré, spécialiste en nutrition à l’Unicef Mali. « Cette politique est accompagnée d’un plan d’action, dans le but de mobiliser des financements pour ce secteur », ajoute t-elle. Ce plan d’action a aussi pour objectif de permettre une meilleure prise en charge. 

À titre d’exemple, le Mali a adopté dernièrement l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés à la carence en iode. Aujourd’hui, 79 % des ménages maliens disposent de sel iodé, mais ce chiffre est encore bien inférieur à l’objectif fixé à 90 %. 

Depuis 2005 les semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) ont lieu deux fois par an et elles permettent de couvrir 95% du pays. Spécifiquement destinées aux enfants âgés de 6 à 59 mois, les SIAN sont inscrites dans les habitudes des communautés, une très bonne chose en matière de sensibilisation et de prévention. Pendant les SIAN, l’État et les organisations humanitaires, dont l’Unicef, font notamment la promotion de la vitamine A (un renfort efficace pour prévenir les maladies) et des comprimés de déparasitage.

Parmi les différentes actions menées par le gouvernement malien, l’Unicef et les diverses ONG présentes au Mali, ces deux initiatives permettent de réduire de manière significative le taux de mortalité infantile dans le pays.  

Les SIAN font partie de l’approche communautaire globale adoptée par l’Unicef pour sensibiliser les populations au problème de la malnutrition. Notre organisation effectue un travail en profondeur en apprenant aux communautés à reconnaître les signes extérieurs de la malnutrition, en détectant les cas avérés, et en venant en aide aux enfants malades le plus tôt possible. « Afin de donner plus d’impact à ces démarches de sensibilisation, l’Unicef et ses partenaires travaillent à mettre le dépistage de la malnutrition au sein des activités de santé qui rythment la vie des communautés », ajoute Médiatrice Kiburente Touré. D’après elle, « il faut continuer à informer les populations, en insistant sur les bien faits de l’eau potable, en couvrant tout ce qui est à l’origine du problème de la malnutrition ».

En 2010, 50 % des enfants maliens atteints de malnutrition aigue sévère étaient pris en charge. Peu à peu, cette couverture augmente.

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