La mission au Maroc

Publié le 30 janvier 2013 | Modifié le 31 mars 2016

En octobre 2012, l’UNICEF a souhaité associer le Conseil supérieur du notariat et des notaires à une mission de sensibilisation aux programmes de protection et d’éducation des enfants et des femmes du Maroc. Le but : illustrer les actions réalisées par l'UNICEF grâce, notamment, aux ressources issues des libéralités.

Une délégation de notaires -incluant deux notaires tirés au sort lors du 108e Congrès- à Montpellier a découvert l’action de l’UNICEF pendant 3 jours à Marrakech : Me Stéphane Levet, notaire à Orléans et Me Liliane Paquette, notaire à Béziers.
 

Toutes les missions UNICEF bénéficient d'un cofinancement issu des partenaires et des participants.
 

Ce programme très dense de visites avait pour objectif d’éclairer les notaires sur la situation paradoxale du Maroc. Ce pays en voie de développement a investi beaucoup d’argent pour l’éducation mais de nombreux enfants y restent vulnérables (abandonnés, victimes de violences sexuelles physiques ou psychologiques) ou sont peu pris en charge. L’accès à l’éducation pour les filles n’est pas équitable et la santé continue à poser problème.

 

L’UNICEF au Maroc agit principalement avec le gouvernement et les ONG (il y en a plus de 4000) afin de mettre en réseau les partenaires et de faire le lien entre les différentes politiques de protection de la mère et de l’enfant.

 

La délégation a visité 6 sites à Marrakech et alentours

L’association WIDAD

Située en plein cœur de la ville de Marrakech, elle accueille des mères et futures mères isolées dans un pays où la mère célibataire est socialement rejetée et l’enfant sans filiation reconnue sans existence administrative.

 

La capacité d’accueil est de 26 places dans un espace très réduit mais qui permet à ces femmes de sortir de la rue où la pression sociale les avait reléguées.

 

Parmi les administrateurs de cette association, on compte une femme notaire.

 

 

Unité de prise en charge des enfants et des femmes victimes de violences à l’hôpital public de Marrakech

Le tabou des violences psychologiques, physiques et/ou sexuelles faites aux enfants et aux femmes est tombé récemment au Maroc. Désormais, des cellules d’accompagnement existent pour les victimes.

 

Orientées par les cellules d’écoute dans les écoles, la police ou la justice, les victimes peuvent à la fois être soignées (prévention sida, etc.) et accompagnées.

 

Les femmes sont majoritairement victimes de violences physiques de la part de leur mari et les enfants (garçons et filles à parité) de violences sexuelles de la part de l’entourage familial et du voisinage.

 

La difficulté majeure de cet accompagnement est l’absence de structures intermédiaires permettant à la femme de quitter le domicile.

 

Pour les enfants, il existe des centres de sauvegarde où on trouve pêle-mêle des victimes de violences, des enfants abandonnés ou des délinquants.

 

 

Centre de sauvegarde

20 centres dont 5 destinés aux filles fonctionnent actuellement au Maroc.

 

Hésitant entre répression et éducation, ces centres mélangent des populations aux parcours très divers allant de la jeune mère célibataire (ce qui est un délit au Maroc), au délinquant, à l’enfant handicapé ou encore à l’enfant issu de famille pauvre qui n’a pas la possibilité de le garder avec elle.

 

Ces établissements contrôlés par le ministère de la Jeunesse et des sports sont censés offrir une éducation et une formation aux jeunes. Dans les faits il s’agit bien davantage d’enfermer des « nuisibles » sociétaux.

 

L’UNICEF accompagne le gouvernement pour dépénaliser un certain nombre de cas d’institutionnalisation et mettre en œuvre une réelle pédagogie d’apprentissage pour ces enfants.

 

 

Ecole primaire Ben Youssef

Située en plein cœur d’un quartier très populaire de Marrakech, cette école a été fondée par la France en 1917. Elle accueille 650 élèves dont la moitié de filles.

 

De façon générale la scolarisation des filles au primaire a fait des progrès au Maroc. En revanche, cela reste difficile au collège car les familles, malgré l’évolution de la loi qui n’autorise le mariage des filles qu’à 18 ans, continuent à les marier à partir de 14/15 ans (en falsifiant leur état civil) et considèrent de ce fait le collège comme inutile.

 

La problématique de l’enseignement se noue principalement autour des préapprentissages. La préscolarisation (avant le CP) n’étant plus une priorité pour le gouvernement marocain, beaucoup d’enfants arrivant à l’école à 6 ans se retrouvent en échec et les cas d’abandon avant l’entrée en 6e sont très nombreux.

 

 

Centre d’accès aux soins obstétricaux d’urgence et d’accouchement en milieu rural « DAR OUMOUMA »

Le taux de mortalité infantile et maternelle au Maroc est encore très élevé, de nombreuses femmes n’accouchant pas dans une institution elles n’ont ni accompagnement ni soins pour elles ou leur enfant.

 

L’UNICEF favorise la création de structures de soins pour permettre aux femmes, issues de régions enclavées, d’accoucher dans de bonnes conditions.

 

Ecole primaire Maamal

Située en milieu semi-rural, cette école en partie financée par l’usine située à proximité accueille sur 7 sites plus de 750 élèves dont certain font plusieurs kilomètres à pied pour y accéder.

 

La particularité de cette école est d’avoir réussi à sensibiliser les parents à la scolarisation des filles grâce à des campagnes de scolarisation et de sensibilisation sociale.

 

En conclusion, cette mission a permis de renforcer les liens entre l’UNICEF et les notaires de France en démontrant tout l’intérêt de l’utilisation des dons reçus.

 

Les notaires présents ont été étonnés de voir qu’avec peu de moyens, des actions concrètes étaient réalisables ; sur la durée, ces actions permettent d’obtenir des résultats tangibles (scolarisation des filles dans le primaire qui en 10 ans est passée à 50 %).

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