La moitié des adolescents dans le monde sont victimes d’actes de violence à l’école et aux abords de l’école

Publié le 14 septembre 2018 | Modifié le 14 septembre 2018

Les agressions et le harcèlement perturbent l’éducation de 150 millions de jeunes âgés de 13 à 15 ans dans le monde entier.

La moitié des élèves âgés de 13 à 15 ans dans le monde, soit près de 150 millions d’adolescents, rapportent avoir été exposés à la violence entre pairs à l’école et aux abords de l’école, d’après un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’UNICEF.

 

Selon ce rapport, intitulé Une leçon quotidienne : mettre fin à la violence à l’école, la violence entre camarades, évaluée d’après le nombre d’enfants ayant été victimes de harcèlement au cours du mois dernier ou mêlés à une bagarre au cours de l’année passée, est un élément récurrent dans l’éducation des jeunes à travers le monde. Dans tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres, cette violence a des effets sur l’apprentissage et le bien-être des élèves.

 

« L’éducation joue un rôle fondamental dans l’édification de sociétés pacifiques. Malgré cela, pour des millions d’enfants dans le monde, l’école n’est pas un lieu sûr », a déploré Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF. « Chaque jour, les élèves sont exposés à de multiples dangers – bagarre, pression pour intégrer un gang, harcèlement dans la vie réelle ou en ligne, discipline violente, harcèlement sexuel ou violence armée. À court terme, cette situation affecte leur apprentissage ; à long terme, elle peut les conduire à la dépression, à l’anxiété et même au suicide. La violence est une leçon inoubliable qu’aucun enfant n’a besoin d’apprendre. »

 

Le rapport présente un éventail de situations dans lesquelles les élèves sont exposés à la violence à l’école et aux abords de l’école. D’après les dernières données disponibles de l’UNICEF :

  • À travers le monde, dans la tranche des 13-15 ans, un peu plus d’un élève sur trois est victime de harcèlement et une proportion comparable d’élèves est mêlée à des bagarres.
  • En France, 51 % des élèves âgés de 13 à 15 ans déclarent avoir été victimes d'intimidation à l'école au moins une fois au cours des deux derniers mois et / ou avoir été impliqués dans une bagarre physique au moins une fois au cours des 12 derniers mois.
  • Dans 39 pays industrialisés, trois élèves sur dix admettent harceler des camarades.
  • En 2017, 396 attaques ciblant des établissements scolaires ont été recensées ou vérifiées en République démocratique du Congo, 26 au Soudan du Sud, 67 en République arabe syrienne et 20 au Yémen.
  • Près de 720 millions d’enfants en âge d’être scolarisés vivent dans un pays qui n’interdit pas totalement les châtiments corporels à l’école.
  • Si les filles et les garçons sont tout aussi susceptibles d’être harcelés, les filles ont plus de risques d’être victimes de harcèlement psychologique tandis que les garçons sont davantage exposés à la violence et aux menaces physiques.

 

Le rapport indique en outre que la violence armée (couteaux et armes à feu) continue de coûter la vie à des écoliers. Par ailleurs, dans un monde de plus en plus dominé par le numérique, les auteurs de harcèlement ont la possibilité de diffuser des contenus violents, blessants et humiliants d’un simple clic.

 

La publication du rapport Une leçon quotidienne : Mettre fin à la violence à l’école intervient dans le cadre de la campagne mondiale #ENDviolence de l’UNICEF. Ce rapport a également pour objectif de soutenir un effort collectif déployé par plusieurs organisations, dont l’UNICEF, le Ministère du développement international du Royaume-Uni (DFID), l’UNESCO, d’autres membres du Partenariat mondial, pour mettre fin à la violence envers les enfants et l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles (UNGEI), pour sensibiliser à la violence à l’école et aux abords de l’école, et susciter une action pour mettre fin à cette violence.

 

Dans le cadre de cette campagne contre la violence, l’UNICEF organisera plusieurs Débats Jeunesse #ENDviolence dans le monde entier au cours des prochains mois. Ces discussions dirigées par les élèves serviront de tribune aux jeunes pour partager leur expérience de la violence et exprimer ce dont ils ont besoin pour être en sécurité à l’école et à ses abords. Les fruits de ces discussions orienteront l’élaboration de recommandations adressées aux dirigeants mondiaux. En juillet, Lilly Singh, ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, a inauguré le premier Débat Jeunesse en Afrique du Sud avec un groupe d’élèves âgés de 13 à 19 ans.

 

Pour mettre fin à la violence à l’école, l’UNICEF et ses partenaires demandent que des actions urgentes soient mises en place pour :

  • Élaborer et appliquer des politiques et des lois visant à protéger les élèves de la violence à l’école ;
  • Renforcer les mesures de prévention et d’intervention à l’école ;
  • Encourager vivement les communautés et tout un chacun à soutenir les élèves qui dénoncent la violence et s’attachent à changer la culture de la violence dans les salles de classe et au sein de leur communauté ;
  • Réaliser des investissements plus efficaces et ciblés dans des solutions éprouvées qui aident les élèves et les établissements à assurer leur sécurité ;
  • Collecter de meilleures données ventilées sur la violence envers les enfants à l’école et aux abords de l’école, et partager les mesures qui fonctionnent.

 

L’UNICEF encourage les jeunes du monde entier à faire entendre leur voix pour mettre fin à la violence à l’école et aux abords de l’école, et les invite à partager leurs efforts collectifs et leurs solutions pour en finir définitivement avec cette violence. En savoir plus sur le site https://uni.cf/end-violence.

 

Accéder aux ressources multimédias en téléchargement ici.

En savoir plus sur la campagne mondiale #ENDviolence de l’UNICEF : ici.

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