La triste histoire d’un enfant du Sahel, amputé après des tirs d’hélicoptère

Publié le 30 janvier 2020

Les violences au Sahel visent un nombre croissant d’enfants, victimes d’attaques injustes et meurtrières qui les marquent à vie.

Issu d’une famille de nomades qui font paître les troupeaux depuis des générations, Ismail est devenu berger dans la région du Sahel. L’adolescent est originaire du Niger, mais il lui arrive régulièrement de franchir la frontière avec le Mali pour respecter le cheminement du troupeau : « Nous nous déplaçons avec nos animaux, explique-t-il. Nous suivons le pâturage, nous suivons l’eau. » Depuis plusieurs mois cependant, la région est en proie à de graves violences. Ismail et son frère cheminaient avec leurs bêtes lorsqu’un hélicoptère a surgi derrière eux. « Nous avons eu peur, se souvient l’adolescent. Ils ont soudainement ouvert le feu sur nous. »

« Ils tiraient sur nous et nos animaux »

Les deux jeunes ont été blessés par balles. Cette salve de tirs provenait de forces de sécurité qui ont confondu les adolescents avec les membres d’un groupe armé. Ismail a perdu connaissance. Grièvement touché, l’adolescent a été transporté à l’hôpital, mais il se remémore difficilement les circonstances de la catastrophe. « Tout ce dont je me souviens, c’est qu’ils tiraient sur nous et nos animaux », confie-t-il. L’attaque lui a fait perdre son bétail, le seul moyen de subsistance de sa famille, ainsi que sa jambe droite, trop abîmée pour pouvoir être soignée. Ismail a éclaté en sanglots lorsque les médecins lui ont appris qu’il devrait être amputé. En sortant de l’hôpital, son sort a empiré puisqu’il a été placé en détention au Mali.

Nos équipes sur le terrain sont parvenues à faire sortir ce mineur de détention. Avec le soutien d’UNICEF, Ismail vit maintenant avec son frère dans un centre dédié aux jeunes séparés de leur famille. Ils y sont en sécurité et ils bénéficient d’un accompagnement. Nous veillerons à ce qu’Ismail ait le meilleur avenir possible. Mais son histoire n’est qu’un exemple bien trop commun de ce que vivent les enfants et les jeunes dans le Sahel. Depuis la recrudescence des violences en 2019, nos équipes ont remarqué que de plus en plus d’enfants sont blessés dans des attaques. Chacun d’entre eux fait l’expérience de traumatismes et de souffrances injustes.

Sur place, nous contribuons à prendre soin de ces enfants : nous proposons des soins médicaux adaptés à l’âge et au genre, nous mettons en place un soutien psychosocial, une assistance juridique et des formations professionnelles. Nous nous assurons que dans la mesure du possible,parents et enfants soient réunis et que l'intérêt supérieur de ces derniers soit pris en compte. Aidez-nous à faire valoir au quotidien les droits de ces enfants : faites un don à UNICEF.

De plus en plus d'enfants touchés par la violence

Au cours des trois premiers trimestres de 2019, 571 violations graves
contre des enfants ont été enregistrées au Mali, contre 544 en 2018 et
386 en 2017. A la fin du mois de septembre 2019, 277 enfants ont été
tués et mutilés, soit plus du double du nombre total d’enfants en 2018.8
De même, au Niger et au Burkina Faso, des enfants ont été victimes
d’enlèvement, de meurtre, de recrutement et d’utilisation par des
groupes armés.

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