Les enfants victimes de la répression en Syrie

Publié le 30 janvier 2012 | Modifié le 29 décembre 2015

Tués, blessés, emprisonnés, victimes ou témoins de violences, obligés de fuir dans le froid hivernal : les enfants sont directement touchés par la crise que connait la Syrie depuis dix mois. L’UNICEF continue ses actions pour leur venir en aide.

« C’est la guerre dans mon pays, et je ne sais pas qui se bat contre qui… Je veux juste rentrer à la maison. » Ce petit garçon de 7 ans, interrogé par l’AFP, a fui son pays natal, la Syrie, pour se réfugier au Liban. Un autre enfant du même âge raconte qu’il a eu le genou transpercé par une balle alors qu’il fuyait avec sa famille. Depuis mars dernier, on estime à 27 000, dont la moitié d’enfants et d’adolescents, le nombre de Syriens à avoir passé la frontière vers le Liban, la Turquie ou la Jordanie pour échapper à la répression du gouvernement.

En sécurité de l’autre côté de la frontière, ils n’en restent pas moins traumatisés. « Ces enfants ont été affectés par ce qu’ils ont vu, vécu, et ils ont le droit de vivre leur enfance », explique Annamaria Laurini, Représentante de l’Unicef au Liban. C’est pourquoi l’Unicef et l’ONG Save the Children ont créé cinq « espaces amis des enfants » où plus de 700 enfants, encadrés par du personnel formé, peuvent se retrouver et jouer – enfants syriens réfugiés et enfants libanais, ensemble.

Plus de 380 enfants tués en Syrie

Depuis mars 2011, plus de 5 000 personnes auraient été tuées en Syrie, selon des estimations du Haut Commissariat pour les droits de l’homme, dont plus de 380 enfants.  De nombreux enfants sont également détenus dans le cadre de la répression, et en décembre un rapport du Conseil des droits de l’homme faisait état d’abus intolérables à leur encontre, y compris des abus sexuels. Le Directeur Général de l’Unicef International, Anthony Lake, avait alors exhorté le Gouvernement de Syrie à respecter ses engagements à défendre les droits de l’enfant, et en particulier à les protéger contre les arrestations arbitraires, la détention, la torture et la violence sexuelle.

Pénuries d’essence, coupures d’électricité

Mais au-delà des graves violations des droits de l’homme, les conditions de vie sont très difficiles pour les enfants et les familles restées en Syrie. « Des écoles ferment pendant plusieurs jours, parfois plus. Au fur et à mesure de l’évolution de la crise, la situation des enfants s’aggrave, témoigne Sherazade Boualia, la Représentante de l’Unicef en Syrie. De nouveaux besoins émergent, la situation économique et les sanctions ont des conséquences directes sur la population : pénuries d’essence, de gaz pour faire la cuisine, coupures d’électricité… Les familles ont du mal à se chauffer, alors que l’hiver est particulièrement froid, et on observe une augmentation des infections respiratoires chez les enfants. »
   
L’Unicef continue ses activités de soins et de soutien psycho-social pour leur venir en aide. Dans les « clubs scolaires », du personnel formé à la protection de l’enfance, au soutien psychologique, aux premiers secours et à l’aide sociale, encadre les enfants. Il propose des jeux et des activités récréatives, mais aussi du soutien scolaire pour rattraper le retard pris sur les programmes. « Quand les enfants sont laissés à eux-mêmes dans des moments difficiles, sans aide ou activités pour les occuper, ils peuvent se sentir isolés, et cela les perturbe encore davantage, explique Sherazade Boualia. Dans les lieux d’accueil mis en place par l’Unicef, ils se sentent en sécurité. C’est important de leur permettre de retrouver un sentiment de normalité. »

En savoir plus

Des enfants réfugiés dans les pays frontaliers

Turquie : 9500 réfugiés syriens, dont 42% d’enfants
Liban : plus de 5 000 réfugiés syriens, dont la moitié d’enfants
Jordanie : plus de 3 000 réfugiés syriens dont la moitié d’enfants

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