Les femmes dans les conflits : premières victimes des violences sexuelles

Publié le 24 novembre 2004 | Modifié le 04 janvier 2016

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Carol Bellamy rappelle que les viols et les violences sexuelles impunis en temps de guerre doivent cesser immédiatement.

« L’utilisation systématique du viol comme arme de guerre est une violation des droits de l’homme qui doit être prise en considération par la communauté internationale et sévèrement punie », a déclaré aujourd’hui Carol Bellamy, directrice générale de l’UNICEF. « Les viols perpétrés lors de conflit ne sont pas un problème récent, mais leurs conséquences sont toujours aussi catastrophiques, » a ajouté Carol Bellamy durant la Journée internationale de prévention de la violence faite aux femmes.

« Les combattants qui commettent des violences sexuelles lors d’un conflit violent la loi internationale. Les Etats doivent les punir, et des recours doivent être mis en place pour que les victimes puissent obtenir justice. » « La guerre a toujours eu un impact dramatique sur les femmes. Mais la nature des conflits qui se déroulent aujourd’hui dans le monde a évolué de telle sorte que les femmes et les enfants sont touchés de plein fouet par l’indicible brutalité des combattants, » a dit Carol Bellamy.

Durant les 14 années qui ont suivi la fin de la Guerre Froide, de 1990 à 2003, 59 conflits se sont succédés dans 48 endroits dans le monde. La plupart étaient des guerres civiles. « Ce qui signifie que les affrontements ont lieu de moins en moins sur des champs de batailles, et de plus en plus sur les lieux d’habitation des populations, » a ajouté Carol Bellamy. « Cela signifie que les civiles sont désormais amenés à devenir les cibles directes ou indirectes de la violence. »

« Durant les conflits, dans les camps de réfugiés, les femmes et les filles se trouvent dans une situation d’extrême vulnérabilité. Elles sont menacées par la violence, les abus sexuels et l’exploitation », a affirmé Carol Bellamy. Alors que les structures communautaires s’effritent et que la violence s’accentue, de moins en moins de mesures sont en place pour assurer leur sécurité.

Carol Bellamy a expliqué que le phénomène le plus inacceptable qui s’est développé lors des vingt dernières années est l’utilisation du viol comme instrument de guerre, comme une arme qui porte atteinte à la dignité de l’ennemi, qui l’humilie et déstabilise des communautés entières. « Lors d’un conflit, les femmes et les filles sont systématiquement visées par des opérations militaires : elles sont violées, mutilées, condamnées à la prostitution et à l’esclavage sexuel », a-t-elle ajouté.

Carol Bellamy a cité en exemple le conflit au Darfour, considéré comme l’une des pires catastrophes humanitaires aujourd’hui, où les milices commettent quotidiennement des viols sur des filles et des femmes de tous âges. Ce conflit a obligé plus d’un million de personnes à quitter leur habitation et à se réfugier dans des camps pour personnes déplacées. Mais même dans ces lieux, les femmes et les filles vivent dans la terreur d’être agressées sexuellement, surtout lors du ramassage du bois à l’extérieur des camps.

« Les soldats auteurs de viols durant les conflits, comme ceux qui leur donnent l’ordre d’attaquer, doivent être traduits en justice », a dit Carol Bellamy. Elle a déclaré que pour combattre l’impunité qui entoure ces crimes, des actions doivent être entreprise aux niveaux local, régional, national et international. Parmi ces actions :

Enquêter et traduire en justice les auteurs de viols

  • Augmenter les ressources pour soutenir les femmes et les filles qui ont été victimes de viols pour qu’elles puissent se reconstruire
  • Améliorer les conditions de sécurité dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées
  • Entraîner les forces du maintien de la paix pour prévenir les violences sexuelles

« Le viol est utilisé comme une arme de guerre, la plupart du temps dans la plus grande impunité, » a affirmé Carol Bellamy. «Si l’on veut respecter les droits de l’homme, la décence et la dignité, cela doit s’arrêter. » 

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