Même au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem, la pauvreté frappe les enfants

Publié le 12 juillet 2012 | Modifié le 08 janvier 2016

Parmi les touristes qui visitent la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts, bien peu savent qu’à quelques mètres à peine des lieux saints célèbres dans le monde entier, au terme d’un labyrinthe de ruelles pavées et de cages d’escaliers dérobées aux regards, des milliers d’enfants vivent dans la pauvreté.

 

 

Moussa, son épouse et leurs quatre enfants vivent entassés dans une pièce sombre couronnée d’un dôme de pierre, qu’ils ont divisée en deux avec une penderie. Ils partagent cuisine et salle de bains avec des membres de leurs famille qui vivent dans d’autres pièces.

“Je suis né dans la Vieille Ville et j’en suis fier, mais je déménagerais hors des murs dès demain si je pouvais me le permettre”, dit Moussa, reflétant une opinion partagée par la plupart des familles que nous avons rencontrées, et qui expliquent rester en raison des loyers peu élevés.
 

Seul soutien de famille, Moussa gagne 4,300 shekels par mois (un peu moins de 900 euros) avec lesquels il peine à boucler les fins de mois. Au cours de son adolescence, il a quitté l’école et pris de la drogue, et il espère maintenant que ses enfants ne feront pas de même. « Je souhaite qu’ils vivent pleinement leur enfance mais la Vieille Ville n’est pas un endroit facile pour les enfants », dit-il. « Il n’y a aucun endroit où ils puissent jouer en sécurité, les salles de classe sont bondées et il y a des revendeurs de drogue à chaque coin de rue. »

Le fils de Moussa, âgé de neuf ans, nous montre le canapé où il dort chaque nuit au milieu de ses frères et sœurs. « Mon rêve est d’avoir ma propre chambre et un peu d’espace », dit Mohammed.

 

La pauvreté au milieu des splendeurs de la Vieille Ville

 

La famille vit dans le Quartier Musulman, le plus peuplé des quatre quartiers de la Vieille Ville de Jérusalem, où plus de 20 000 palestiniens s’entassent dans des maisons de pierre plusieurs fois centenaires.

Quelques pâtés de maison plus loin, Miassar et ses trois enfants rêvent eux aussi d’intimité. La pièce humide où ils vivent ne dispose que d’une seule fenêtre, donnant sur un mur, et ils doivent partager la petite cuisine et la salle de bains avec les voisins. Ils vivent dans une profonde pauvreté depuis que le mari de Miassar, devenu dépendant de la drogue, a cessé de travailler.

« Je m’appuie sur les membres de ma famille pour m’aider à nourrir mes enfant », explique Miassar. « Mon mari m’a promis à de multiples reprises de cesser de prendre de la drogue et de chercher du travail mais à chaque fois il a rechuté. » Tout en parlant, Miassar aide son fils de neuf ans, Mohammed, à respirer avec un inhalateur pour soulager son asthme, qui s’aggrave dans la pièce humide et sans ventilation où ils vivent. Juste à côté, sa fille de 12 ans, Lujayn, essaie de faire ses devoirs. « Pour apprendre mes leçons je les lis à voix haute, mais cela dérange mes frères et met mon père en colère », dit doucement l’adolescente.

 

Des espaces dédiés aux adolescents

 

Dans l’entassement de vieilles pierres où vivent ces familles, il reste bien peu d’espaces suffisamment vastes pour permettre aux enfants de se retrouver entre eux et de dépenser leur jeune énergie. La seule issue à leur vie cloitrée est Abna Al-Quds, l’un des deux centres pour adolescents soutenus par l’Unicef dans la Vieille Ville de Jérusalem, avec un financement de l’Union Européenne.

Après avoir marché à travers un dédale de ruelles étroites, le visiteur qui atteint Abna-Al-Quds ne peut qu’être surpris par ce vaste espace à ciel ouvert qui s’étire le long du rempart encerclant la Vieille Ville, et qui donne l’impression de s’immerger dans un rêve d’enfant. Dans chaque recoin, des garçons et des filles rient, courent dans tous les sens et jouent au football, au basketball ou au ping-pong sur de vertes pelouses. Le centre pour adolescents offre aussi des sessions encourageant les enfants à vivre sainement et à éviter la drogue. « Lorsque je vois mes enfants courir en riant, cela me donne de l’espoir », dit Moussa. « C’est une rare tranche de vie normale à l’intérieur des remparts. »

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