Menace de malnutrition pour les enfants du Niger

Publié le 08 août 2007 | Modifié le 31 mars 2016

Depuis le début de l’année, l’Unicef et ses partenaires ont pris en charge 152 934 enfants et devraient au total traiter 370 000 enfants malnutris sur l’année. En cette période de soudure (de juillet à octobre), au moment où les communautés sont les plus vulnérables, trop d’enfants sont en danger. La réponse mise en place a prouvé son efficacité pour des milliers d’enfants mais doit être augmentée pour bénéficier à tous les enfants qui en ont besoin.

Au Niger, la menace de malnutrition est aggravée lors de la période de soudure, de juillet à octobre.

La dernière enquête nutritionnelle nationale révèle que la proportion d’enfants souffrant de malnutrition aiguë est de 11,2% (contre 15,3% en octobre 2005). Plus important : comparé à octobre 2005, la forme sévère de malnutrition aiguë a diminué de moitié. « Cela signifie que des milliers de vies d’enfants ont été sauvées mais également que beaucoup trop d’enfants sont encore sur la brèche » affirme Noël Zagre, chef de la nutrition pour l’Unicef au Niger.

La moyenne nationale cache des disparités :

  • Les enfants de moins de 3 ans sont les plus affectés : 15,5% d’entre eux souffrent de malnutrition aiguë. La situation est particulièrement préoccupante dans les régions d’Agadez, Diffa, Maradi et Zinder où la malnutrition aiguë sévère chez les enfants de moins de 3 ans a nettement augmenté ces derniers mois.
  • Dans 2 des 8 régions, chez les moins de 5 ans, les niveaux de malnutrition aiguë sont au-dessus du seuil d’urgence (plus de 15%) : 19,6% à Diffa et 17,5% à Agadez. Dans les régions de Maradi et Zinder, pourtant considérées comme des zones agricoles de premier plan, les taux de malnutrition aiguë ont nettement augmenté durant les 6 derniers mois, et sont actuellement de 11,8% et 14,2%.

Les taux élevés de malnutrition chez les jeunes enfants s’expliquent par le manque d’accès à la nourriture, par des pratiques alimentaires inadaptées et par le manque de services de santé de base. La situation est aggravée par le peu d’accès des femmes et des travailleurs sociaux à l’information, à l’éducation et au soutien dans un contexte de pauvreté massive et généralisée.

Pour l’Unicef et ses partenaires, cette enquête représente une photographie de la situation et permet d’ajuster les interventions déjà en cours pour suivre quelque 275 000 enfants malnutris durant la période actuelle de soudure.

L’Unicef intensifie donc son soutien au gouvernement en coordonnant un réseau de 21 ONG.

Principales actions :

  • Augmenter les soins pour traiter les enfants non couverts par les quelque 900 centres nutritionnels déjà opérationnels. L’Unicef prend en charge la formation du personnel, les aliments thérapeutiques, les médicaments essentiels, le matériel anthropométrique ainsi que le suivi et le conseil des centres nutritionnels.
  • Proposer en coopération avec le PAM à tous les enfants de moins de 3 ans, dans toutes les régions sauf Niamey, des distributions gratuites de nourriture complémentaire pour couvrir leurs besoins pendant deux mois. Dans la région de Diffa, l’opération sera étendue à tous les enfants de moins de 5 ans et aux femmes enceintes et allaitantes et inclura un déparasitage et un complément en vitamine A.
  • Intensifier les activités communautaires pour protéger les enfants de la menace de malnutrition (identifier les enfants malnutris et les adresser aux centres nutritionnels).
  • Promouvoir des pratiques comme l’allaitement maternel, une alimentation complémentaire adaptée, un apport en vitamines et minéraux, soutenir le déparasitage et le contrôle du paludisme.
  • Fournir éducation et aide aux femmes et aux travailleurs sociaux.

Des solutions de long terme

« Beaucoup a été fait pour améliorer la situation nutritionnelle des enfants, conclut Akhill Lyer, représentant de l’Unicef au Niger. Nous devons être prêts pour les milliers d’enfants menacés pendant la période de soudure. Cependant, l’amélioration de la situation ne viendra que d’un appui continu aux soins de santé, à l’information, à l’éducation (surtout pour les filles) et au développement rural ».

En savoir plus

Les recommandations de l’enquête

  • Garantir à tous les enfants une alimentation adaptée à leur âge, de bonnes pratiques alimentaires et d’hygiène.
  • Garantir à tous les enfants l’accès gratuit aux services de santé de base.
  • Réduire l’insécurité alimentaire chez les communautés les plus vulnérables.

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