Mireille, voix de l'UNICEF dans les classes

Publié le 07 octobre 2011 | Modifié le 23 décembre 2015

Sensibiliser les enfants à leurs propres droits et à la situation d’autres enfants dans le monde : c’est la mission que s’est donnée Mireille Bernard en tant que « plaideuse » bénévole à l’Unicef France !

« Pourquoi on demande pas à des milliardaires de construire des puits pour que les enfants aient de l’eau ? »
« Y’a des gens qui font caca dehors ? Ils ont qu’à construire des toilettes, c’est facile ! »
« Et pourquoi on crée pas un impôt, pour que l’Unicef ait des sous pour aider les enfants ? »

Cet après-midi, c’est dans une classe de CM2 que Mireille fait une intervention en tant que bénévole de l’Unicef, et les questions fusent… Après avoir expliqué aux élèves sa mission auprès d’eux et le rôle de l’Unicef dans le monde, elle les invite à lister les droits dictés par la Convention internationale des droits de l’enfant. Les réponses ne se font pas attendre : droit de vivre, d’être nourri, d’avoir un toit et des soins, d’aller à l’école, d’avoir une identité, d’être protégé contre la maltraitance… Cette classe n’en est pas à sa première sensibilisation sur la question, et cela se voit ! « Cela fait 10 ans que j’invite l’Unicef dans mes classes » explique Mme Elie, leur enseignante, « et je leur parle moi-même régulièrement de tout ça… Mais c’est mieux quand c’est un intervenant extérieur : ils sont plus attentifs, les messages passent mieux, surtout avec quelqu’un comme Mireille ! »

« Faire connaître leurs droits à ces petits citoyens, c’est capital ! »

Il faut dire que Mireille ne manque pas d’humour, ni d’aisance avec les enfants. Ancienne institutrice et psychologue scolaire, elle n’a pas quitté les classes très longtemps : après quelques mois de retraite seulement, elle s’est engagée comme bénévole à l’Unicef France, et a choisi de revenir face aux élèves, avec la casquette de « plaideuse » cette fois. « Les gens me disent ‘‘Mais après toutes ces années, tu supportes encore les enfants ?’’ raconte-t-elle en riant. Mais en tant qu’intervenant extérieur, le rapport avec eux est différent… Et puis, le sort des enfants m’a toujours importé, et c’est donc naturellement que je me suis tournée vers l’Unicef. Pour moi, c’est capital que ces enfants connaissent leurs droits, pour les faire respecter, et pour devenir des adultes qui construiront un monde meilleur ! Et qu’ils sachent qu’en France et ailleurs dans le monde, ces droits ne sont pas toujours respectés…»

Après la projection d’un petit film sur les droits de l’enfant, et un long moment d’échange sous forme de questions-réponses avec les élèves, Mireille leur demande, selon eux, pourquoi cela est important qu’ils sachent tout cela. Une forêt de doigts se lève : « Ca nous concerne ! », « Si on est maltraité, et qu’on ne sait pas que l’adulte n’a pas le droit de faire ça, on ne peut pas être aidé ! », « C’est nous les futurs citoyens ! ». Mission accomplie, le message est bien passé !

Tout le monde peut le faire !

Mais Mireille le précise bien, pas besoin d’avoir été enseignant pour être plaideur dans des établissements scolaires - et là, c’est en tant qu’animatrice de formation-plaidoyer qu’elle parle : « Bien sûr, il faut aimer ça, mais tout le monde peut le faire : on ne lâche pas les bénévoles dans la nature comme ça, ils sont formés, sur le contenu mais aussi sur la façon de se comporter face à la classe, de répondre aux questions un peu embarrassantes… Et ils suivent plusieurs interventions en tant qu’observateurs, sur des thèmes différents et avec des plaideurs confirmés différents, avant de se lancer eux-mêmes ! »

Mireille apporte énormément aux enfants – en témoigne l’intérêt des élèves pendant l’intervention et leurs remerciements plus que chaleureux à son départ. Et elle, que retire-t-elle de ces interventions de plaidoyer ? « A chaque fois, j’en ressors pleine d’énergie ! » répond-t-elle avec les yeux qui pétillent. « Je me sens utile, je retrouve le contact avec les enfants, toujours très enrichissant, et puis ça oblige à s’informer, se tenir au courant de l’actualité, se remettre en question, rester actif… Je me suis même mise à l’informatique grâce à l’Unicef ! ».