Mobilisation générale pour démobiliser les enfants soldats

Publié le 17 novembre 2004 | Modifié le 24 décembre 2015

A l’occasion d’une conférence de presse accueillie à l’Hôtel de Ville de Paris et avant la Journée internationale des Droits de l’enfant (samedi 20 novembre 2004), c’est une véritable mobilisation pour la démobilisation des enfants soldats qui a été annoncée.

Jacques Hintzy, président de l’UNICEF France et Jean-Claude Alt, responsable pour Amnesty International France de la Commission Enfants, ont annoncé la création, en France, du Collectif contre l’utilisation d’enfants soldats. A l’instar des Coalitions déjà existantes dans certains pays (dont la Grande Bretagne et la Belgique), ce Collectif français regroupe des associations qui souhaitent relayer les actions et publications de la Coalition internationale et assurer une veille sur la France. Sont, à ce jour, membres du Collectif français contre l’utilisation d’enfants soldats : Amnesty International France, Défense des Enfants International-France, Terre des Hommes France, UNICEF France. Handicap international lui apporte son soutien.

Résultats du rapport 2004 de la Coalition
 
 Le rapport 2004 de la Coalition diffusé à cette occasion analyse les tendances depuis 2001 dans 196 pays et territoires et constate que, malgré quelques améliorations, la situation reste la même ou a empiré dans un certain nombre de pays. La fin de la guerre en Afghanistan, en Angola et en Sierra Leone a conduit à la démobilisation de 40 000 enfants, mais plus de 25 000 ont été entraînés dans les seuls conflits de Côte d’Ivoire et du Soudan. Les enfants soldats seraient donc au moins 300 000 dans le monde.

Des dizaines de groupes, dans au moins 21 conflits, ont recruté des dizaines de milliers d’enfants depuis 2001, les forçant à combattre, les entraînant au maniement d’armes et d’explosifs, leur faisant subir des viols, des violences et les soumettant au travail forcé. Les groupes armés, paramilitaires soutenus par les gouvernements et forces d’opposition, sont les principaux coupables en matière de recrutement et d’utilisation d’enfants soldats.

Les occasions de progrès, notamment le soutien grandissant en faveur d’un traité des Nations unies sur les enfants soldats, la création de programmes de démobilisation dans certains pays et l’élan en faveur de poursuites judiciaires contre les personnes soupçonnées d’enrôler des enfants, ont été mises à mal par des gouvernements qui n’ont pas tenu leurs engagements internationaux.

Bien que le Conseil de sécurité des Nations unies ait condamné l’enrôlement d’enfants soldats et surveille les pays recrutant des enfants pour mener leurs guerres, certains membres ont bloqué tout progrès réel en s’opposant à ce que des pénalités concrètes soient imposées à ceux qui violent cette interdiction. Toujours selon le rapport de la Coalition, le Conseil de sécurité devraient prendre des mesures immédiates et décisives pour sortir les enfants des conflits en appliquant des sanctions ciblées et en poursuivant devant le Tribunal pénal international ceux qui enrôlent des enfants dans les guerres.

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