Moldavie : lutter contre l'abandon des enfants

Publié le 31 juillet 2006 | Modifié le 31 août 2015

Trois axes pour l'Unicef : prévenir les nouveaux cas de placement en institutions, retirer les enfants qui y sont déjà, améliorer les conditions de vie de ceux qui y restent.

Pays d’Europe de l’Est indépendant depuis 1991, la Moldavie compte 3,9 millions d’habitants, Transnistrie comprise. L’abandon est l’un des principaux problèmes auxquels sont confrontés les enfants : « On parle d’enfants séparés, indique Mohamed Azzedine Salah, coordinateur des programmes de l’Unicef sur place. Le pays, pourtant très petit, compte 67 institutions et internats. 45% des enfants qui sont placés ont un handicap, des problèmes médicaux. Parmi les 55% restants, certains ont des difficultés sociales, d’autres non. L’abandon tient à la pauvreté mais aussi à une tradition : le taux de natalité n’est pas vraiment élevé et certains parents placent leurs enfants parce qu’ils ont eux-mêmes été placés étant enfants ».

Le taux de pauvreté de la population moldave est évalué à 27%. Cette situation s’explique par la très grande dépendance qu’avait le pays au reste de l’Union soviétique avant son indépendance. Pays agricole qui s’est vu privé de débouchés quand la crise a gagné la Russie, son économie s’est affaiblie aussi dans les villes avec la fermeture des usines. C’est même dans les villes que les conditions de vie sont les plus difficiles, les populations rurales profitant d’entraide et d’une production agricole suffisante.

En ce qui concerne la prise en charge des enfants séparés, les institutions manquent de moyens : chauffage, vêtements, nourriture. Les méthodes pédagogiques y sont archaïques : punitions corporelles, journées de travail interminables, faible place accordée à la participation des enfants.

« Le travail de l’Unicef, explique Mohamed Azzedine Salah, porte sur trois grands axes. Premièrement : prévenir les nouveaux cas de placement en institutions. L’Unicef apporte aide et conseil auprès des familles, forme le personnel auprès des comités qui reçoivent les parents au niveau des institutions, essaie de trouver des alternatives à travers des familles d’accueil qui pourraient recueillir les enfants pour du plus ou moins long terme. Deuxièmement : retirer des institutions les enfants déjà placés. Sur ce point, le même genre d’actions est requis : conseil auprès des familles, recherche de moyens pour subvenir à leurs besoins, recherche de familles d’accueil. Troisièmement : améliorer les conditions de vie dans les institutions. L’Unicef compte mettre en place un système de surveillance, avec du personnel gouvernemental et associatif, développer des normes, mais aussi trouver des solutions pour le chauffage sachant que ni l’Etat ni les institutions n’ont de moyens (la Banque mondiale a un projet qui permettrait de financer des mini centrales électriques) ».

Jusqu’à la fin 2001, l’action menée par l’Unicef dépendait du bureau de Roumanie. Depuis, l’Unicef a une représentation à part entière en Moldavie. L’Unicef a déjà appuyé le pays pour la mise en place de lois de protection de l’enfance, a mené des actions sur le travail, sur la santé. La première étape de son projet actuel sur les internats a consisté à sensibiliser les autorités à la situation (ministère de l’éducation, ministère de la santé et de la protection sociale…) afin de définir un meilleur système et une stratégie de mise en oeuvre. L’Unicef s’inspire largement du travail accompli dans un centre à Balti, la deuxième ville du pays : l’internat a été transformé en centre multidisciplinaire, plus humanisé, avec assistantes sociales et formation d’équipes chargées de trouver des familles d’accueil.

Unicef France

Dans ce pays où le système de protection sociale est en crise, l’Unicef France soutient depuis 2005 le programme de prévention de l’abandon à la naissance et particulièrement l’initiative innovante lancée à Balti. Dans le cadre de ce programme, des centres de prise en charge mères-enfants ont été créés près des maternités. Dans ces centres, les mères en difficulté sont hébergées après leur accouchement, le temps pour elles de recevoir une assistance sociale et psychologique les incitant à ne pas se séparer de leurs bébés.

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