Mozambique : six mois après les cyclones, les enfants privés de nourriture

Publié le 19 septembre 2019

Six mois après le passage des cyclones Idai et Kenneth au Mozambique, des milliers d’enfants sont toujours en danger : les intempéries ont été néfastes pour les cultures et les réserves ne permettront pas de tenir jusqu’aux prochaines récoltes.

Pour Marques Antonio, âgé d’un an (photo ci-dessus), le manque de nourriture est palpable. Il fait partie des enfants pour lesquels UNICEF a lancé une campagne de dépistage de la malnutrition au Mozambique. Après le passage des cyclones Idai et Kenneth dans le pays il y a six mois, d’importantes inondations ont empêché toute culture et détruit des villages entiers. Près de 160 000 enfants de moins de cinq ans sont en danger et leur nombre pourrait augmenter d’ici à février prochain. Concrètement, cela signifie qu’un grand nombre d’entre eux risque de mourir dans ce pays qui figure parmi les plus pauvres du monde.

« Les cyclones ont aggravé la malnutrition »

« Les deux cyclones ont provoqué d’importants dégâts dans le monde agricole, déplore Marcoluigi Corsi, le représentant d’UNICEF au Mozambique. Ils ont aggravé le taux de malnutrition des enfants qui était déjà très élevé. Dans les régions touchées par la catastrophe, de nombreux enfants n’ont pas accès aux aliments nécessaires à leur bon développement. D’ici six mois, la perspective que ça s’aggrave est très forte puisque l’on entre dans la période de soudure. » Avant même le passage des cyclones, 43% des enfants au Mozambique souffraient déjà de retards de croissance ou de malnutrition.

À cause de la malnutrition, les enfants sont affaiblis et leur système immunitaire en pâtit fortement. Ils sont à la merci de maladies opportunes, comme la pellagre, que l’on n’avait pas constatée au Mozambique depuis des années. Le fait que les routes ont été endommagées empêche aussi de nombreuses familles de se rendre aux centres de santé pour obtenir des soins.

Manjuma Aruni porte ses jumeaux Vania et Valy Adelene dans un centre à Pemba où elle vit depuis le passage du cyclone Kenneth

La hausse des prix agricoles les accule par ailleurs aux dernières extrémités. Privés des moyens financiers pour nourrir leurs enfants, certains parents en viennent à prendre des mesures délétères comme le mariage précoce ou le travail des enfants.

Comment vous pouvez aider

Pour contrer ces conséquences dévastatrices, UNICEF et ses partenaires ont procédé au dépistage nutritionnel de plus de 735 000 enfants de moins de cinq ans. En disposant des fonds nécessaires, nous pourrons examiner 400 000 autres enfants dans les prochains mois. Nous prévoyons d’apporter des compléments alimentaires thérapeutiques à près de 10 000 enfants et de distribuer des bons alimentaires à 100 000 personnes affectées par le cyclone. En collaboration avec le ministère de la Santé, nous procèderons aussi au déploiement d’équipes mobiles qui interviendront jusque dans les zones les plus reculées.

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