Municipales 2020 : la tribune du Conseil UNICEF des jeunes

Publié le 25 février 2020

Composé de 30 jeunes venus de toute la France, le Conseil UNICEF des jeunes souhaite peser dans le débat public à l'occasion des élections municipales. Avec Jean-Marie Dru, président d'UNICEF France, il appelle les élus locaux à agir en faveur des enfants et des jeunes.

Nous sommes 30. Nous sommes les membres du Conseil UNICEF des jeunes. Nous nous adressons à vous, électeurs et électrices.

Les 15 et 22 mars prochains, les Français se rendront aux urnes pour élire leurs nouveaux maires et choisir un projet pour leur ville. Toutefois, près de 15 millions d’entre eux ne pourront pas choisir le candidat qui les représentera le mieux. Pourquoi ? Parce que ces 15 millions de personnes c’est nous, les enfants et les jeunes.

Alors que nous ne votons pas encore, nous sommes concernés de près par les élections municipales. La ville est un acteur crucial dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de l’enfance. Le maire est souvent le premier élu que nous connaissons. Pour l’aider à imaginer pour nous un meilleur présent, mais aussi un meilleur futur, il est primordial que nous ne soyons pas les grands oubliés de ce scrutin. C’est pourquoi nous vous demandons de voter pour le maire qui s’occupera véritablement des enfants et des adolescents de son territoire et agira dans leur intérêt supérieur. Car les maires peuvent faire beaucoup ou peu. Pour nous. Pour les enfants et les jeunes de France.

UNICEF a émis des recommandations autour de quatre grands thèmes : bien-être et qualité de vie des enfants, lutte contre l’exclusion et la discrimination, parcours éducatif de qualité pour chaque enfant et enfin, participation des jeunes.

UNICEF s’est appuyé sur les bonnes pratiques observées au sein de son réseau de Villes amies des enfants fondé en 2002. Nous, bénévoles UNICEF, présentons actuellement ces recommandations aux candidats.

La politique au niveau national nous paraît parfois lointaine et déconnectée de nos préoccupations quotidiennes, mais la politique locale, au sein de notre collectivité, nous intéresse car elle nous permet de voir l’engagement réel de notre maire en faveur des causes qui nous tiennent à cœur.

Nous voulons ici attirer l’attention des futurs élus municipaux sur quelques actions clés qu’ils ou elles pourraient entreprendre en vue d’améliorer le bien-être des enfants et des jeunes.

Trois millions d’entre nous vivent sous le seuil de pauvreté en France. Pour en finir avec l’exclusion sociale, les maires disposent de plusieurs leviers parmi lesquels l’éducation, la meilleure arme pour lutter contre l’extrême pauvreté. Pour favoriser la scolarisation des enfants et des jeunes en situation de grande précarité, les maires peuvent, par exemple, rendre gratuites la cantine et toutes les activités périscolaires, permettant ainsi un égal accès de tous les enfants aux pratiques culturelles, artistiques, sportives et aux loisirs.

En France, nous sommes trois enfants sur quatre à respirer un air pollué. Comme l’ont révélé plusieurs études, la pollution de l’air nuit plus gravement et plus durablement à notre santé. Les maires peuvent agir directement à travers des politiques publiques visant à améliorer la qualité de l’air que nous respirons. Ils ou elles peuvent par exemple instaurer des « rues scolaires » aux heures d’entrée et de sortie des écoles. Cela permettra à la fois d’assurer la sécurité routière, de réduire l’exposition des enfants à un air toxique, et d’encourager la mobilité active (marche ou vélo) dont les bienfaits sur la santé ne sont plus à démontrer.

Comme vous pouvez le lire nous avons des choses à dire et pourtant les enfants et les jeunes sont trop souvent laissés à l’écart de la vie de la cité. UNICEF France invite les maires à mettre en place des instances représentatives, sous la forme de conseil municipal d’enfants, de jeunes, de quartier, donnant ainsi l’opportunité aux enfants et adolescents de s’investir dans la vie locale. Ils peuvent aussi recourir de manière systématique, à la consultation des enfants et des jeunes sur les sujets les concernant.

Si les nouveaux.elles élu.e.s s’engagent sur ces quatre propositions, alors nous aurons avancé vers un meilleur respect des droits de tous, et en particulier des enfants. Ces engagements doivent vous inspirer, vous les candidats, mais doivent aussi vous guider, vous les électeur.trices au moment de votre choix.

Les 15 et 22 mars prochains, nous serons 15 millions à ne pas pouvoir voter pour le.la maire et le projet municipal de notre choix. Alors votez, pour vous, mais aussi pour nous.

Le Conseil UNICEF des jeunes et Jean-Marie Dru, président d’UNICEF