Mutilations génitales féminines : 30 millions de femmes en danger

Publié le 19 juillet 2013 | Modifié le 31 mars 2016

Malgré des progrès significatifs pour les éliminer, les pratiques traditionnelles de mutilations génitales féminines et d’excision existent toujours. Pourtant, le nombre d’opposants à ces pratiques augmente de jour en jour. Certaines communautés ont même commencé à les abandonner, soutenues par un nombre croissant d’engagements publics. Un seul but : faire disparaître une pratique qui viole les droits fondamentaux des femmes.

Le village de Cambadju, en Guinée-Bissau, n’est pas n’importe quel village. L’an dernier, il est devenu le premier du pays à renoncer aux mutilations génitales féminines et à l’excision (MGF/E). Cette pratique dangereuse menant à des dégâts irréversibles, aussi bien sur le plan physique que psychologique, a cessé lors d’une cérémonie officielle. Parmi les personnes présentes, des membres du gouvernement, d’anciens « coupeurs » et bien sûr les filles et jeunes femmes du village.
 

Des millions de femmes restent menacées

 
Mais Cambadju n’est pas un cas isolé. La majorité de la population des pays où se concentrent  les mutilations génitales féminines ou l’excision s’oppose à ces pratiques, comme l’affirme le nouveau rapport de l’UNICEF publié le 22 juillet. Des enquêtes, menées dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où les MGF/E sont pratiquées, montrent que les filles risquent moins l’excision qu’il y a 30 ans et que l’adhésion à cette pratique est en déclin, même dans les pays où elle reste quasi universelle, comme l’Egypte et le Soudan.

Pourtant malgré cette opposition, plus de 125 millions de femmes et de filles en vie aujourd’hui ont subi des MGF/E et 30 millions de filles risquent encore l’excision au cours de la prochaine décennie. Obstacle principal à la disparition des MGF/E : les traditions culturelles locales qui ne s’arrêtent pas aux frontières, mais qui varient selon les groupes de population, à l’intérieur comme au-delà des bordures nationales.
 
Dans la moitié des pays disposant de données, la majorité des filles subissent ces mutilations génitales avant l’âge de 5 ans. En Égypte, en République centrafricaine, en Somalie et au Tchad, au moins 80 % des filles sont excisées entre 5 et 14 ans, parfois dans le cadre de rites marquant le passage à l’âge adulte.
 
Si les MGF/ E ont été pratiquement abandonnées par certains groupes et dans certains pays, elles restent donc courantes dans beaucoup d’autres, et cela même là où la loi les interdit et où les gouvernements et les ONG tentent de convaincre les communautés d’y mettre fin.
 

Les hommes : acteurs inattendus du changement

 
Pour Geeta Rao Gupta, Directrice générale adjointe de l’UNICEF, la solution à ces pratiques réside dans la prise de parole de toutes les personnes concernées : « Les MGF/E constituent une violation du droit des filles à la santé, au bien-être et à l’autodétermination. Ce qui ressort du rapport, c’est qu’il ne suffit pas de légiférer. Ce qu’il faut à présent, c’est laisser les femmes et les filles, les hommes et les garçons, s’exprimer avec force et clarté pour annoncer qu’ils souhaitent l’abandon de cette pratique néfaste. »
 
Et les hommes sont peut-être les meilleurs porte-paroles de cette volonté de changement. Le rapport de l’UNICEF conclut, d’après les enquêtes menées, que non seulement la majorité des femmes et des filles est contre cette pratique, mais qu’un nombre important d’hommes et de garçons y est opposé. Dans trois pays (la Guinée, la Sierra Leone et le Tchad), les hommes sont plus nombreux que les femmes à vouloir y mettre fin, alors que les MGF/E sont souvent considérées comme étant l’expression d’un contrôle patriarcal sur les femmes.

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En savoir plus

Les cinq plus haut taux de prévalence des MGF/E chez les filles et les femmes de 15 à 49 ans :

Somalie : 98%
Guinée : 96%
Djibouti : 93%
Égypte : 91%
Érythrée : 89%
 

Pour en savoir plus :

Le résumé du rapport en français (PDF)
 
Le rapport en anglais dans son intégralité (PDF)
 

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