Notaires en terre d'Afrique

Publié le 16 décembre 2014 | Modifié le 27 juillet 2018
Lors du 110e Congrès des Notaires de France, deux cents notaires ont participé au quizz de l’UNICEF France, ouvrant la possibilité à 4 d'entre eux de vivre une expérience humanitaire unique.
 
Durant cinq jours, en octobre dernier, la délégation s’est rendue en mission d’observation au Sénégal, à la découverte des actions en faveur des enfants soutenues par l’UNICEF: dispositif financier pour faciliter l’accès à l’école « Cash transfer », centres d’accueil d’enfants des rues et dispositif de soins des enfants nés en dessous de 2.5kg dans les unités de soins appelés «unités Kangourou ».
 
En juin dernier, l’actualité n’était pas aussi tourmentée qu’aujourd’hui pour la profession, ni l’environnement aussi instable au Sénégal, avec la virulente épidémie d’Ebola sévissant non loin et les attaques des États islamiques. C’est donc avec un sentiment de fatigue avouée, et une anxiété palpable, que Maîtres Gontier, Lemée et Larche se lancent dans cette aventure pour « prendre un peu de recul » comme ils le confessent eux mêmes.
 
L’objectif de cette mission est d'une part de sensibiliser la profession sur l’usage des fonds issus des libéralités, et d’autre part, de construire des liens pour  les défis de l’UNICEF.
L’une des priorités étant de pourvoir tout enfant d’un état civil et ainsi de lui permettre de naître dans la lumière pour ne pas être un enfant fantôme*.
 
 
 
A notre arrivée, une chape de chaleur humide nous écrase sur le tarmac. Au départ de Dakar, notre convoi se dirige vers le sud du pays. Après avoir parcouru près de 500 kms et traversé la Gambie, nous arrivons à Kolda, lieu de la mission. C’est l’une des trois régions administratives de la Casamance, proche de la Guinée et de la Guinée Bissau. Les enfants y sont très vulnérables. La population vit en-dessous du seuil de pauvreté (fixé à $1,20 par jour). Kolda est une ville de transit pour les pourvoyeurs d’enfants, beaucoup d’entre eux y sont exploités et des jeunes filles maltraitées par les marabouts coraniques des villages des alentours.
 
A Dialambere, village peulh, situé à 40 km de Kolda, à plus d’une heure de route, nous arrivons sur la place du village organisée autour d’un arbre majestueux, le Fromager, en présence de ses habitants réunis pour l’occasion. Vingt-huit familles y bénéficient d’un dispositif initié par l’UNICEF, le « Cash transfert ». Il permet d’augmenter les capacités financières des familles afin de faciliter la scolarisation des enfants.
Soudiou, une jeune fille nous raconte son histoire : au décès de ses parents, elle a été prise en charge par la famille du chef du village, au sein d’une fratrie de cinq enfants, elle n’avait pas d’état civil. Cette aide a permis à la famille de payer les frais nécessaires à l’obtention d’un acte de naissance, à la recherche et à l’identification d’un parent adoptif et à ses frais de scolarité. Aujourd’hui elle est en classe de CM2, heureuse de savoir qu’elle pourra se présenter au concours d’entrée en 6e . Grâce à son inscription dans les registres de l’état civil, ses bonnes notes et le dispositif de l’Unicef, elle réalisera peut-être son rêve d’être institutrice.
Avec près de 46 % d’enfants scolarisés, le gouvernement du Sénégal, avec le soutien de l’UNICEF, s’est engagé à investir dans un programme d’accès à l’éducation des enfants les plus isolés et vulnérables. Le cash transfert est un outil de soutien à cette politique qui démontre très largement son efficacité. UNICEF France soutient directement ce programme jusqu’en 2016 à hauteur de plus de deux millions d’euros.
 
La mission se poursuivra par les visites d’un centre d’accueil d’enfants des rues, et de centres hospitaliers à Dakar.
 
 
 
Cette immersion, est selon Me Larche,
nécessaire à la compréhension des actions menées par l’UNICEF et de leur perception par les bénéficiaires de ces programmes. A la veille du retour, il y avait évidemment, autour de la table, de nombreux échanges sur la réforme de la profession, mais il y a des regards qui ne trompent pas, ces officiers publics sont rentrés avec des souvenirs inoubliables et des convictions renforcées.
 

* Référence au livre « les enfants fantômes » de Maître L. Dejoie et A. Harissou.

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