OMD : les enfants défavorisés au cœur des projets de demain

Publié le 09 septembre 2010 | Modifié le 19 janvier 2016

Pour le neuvième numéro du rapport «Progrès pour les enfants», publié le mardi 7 septembre, Catherine Langevin-Falcon et son équipe d’experts ont mis en avant les progrès qu’il reste à faire pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Elle répond à nos questions.
 

 

Quel est le message principal de ce rapport ?
Ce rapport pointe du doigt les disparités qui existent encore entre les différentes régions du monde. Il apparaît que les filles sont encore celles qui souffrent le plus souvent de ces disparités, notamment dans le domaine de l’éducation. Ce rapport montre aussi que les OMD sont des principes universels : tous les enfants doivent bénéficier des OMD, peu importe l’endroit où ils vivent, peu importe les moyens financiers dont dispose leur foyer.  C’est pour cela que, cette année, le rapport souligne l’importance de réaliser les OMD avec équité.

Quels sont les enfants qui souffrent le plus ?
La plupart du temps, ce sont les enfants issus de l’immigration, ou encore ceux qui vivent au sein de minorités, et bien sûr, les enfants qui travaillent. Ce sont eux les plus vulnérables.

Quels sont les gros obstacles auxquels sont confrontées les actions de l’Unicef ?
De manière générale, les actions des différentes aides humanitaires sont ralenties par les systèmes de santé et les systèmes d’éducation locaux. Très souvent, ces systèmes sont désuets, voir quasi inexistants. Et il faut beaucoup de temps pour construire de nouvelles infrastructures. Nous sommes aussi confrontés aux problèmes de discrimination au sein des sociétés.

Y a-t-il des pays qui ont fait l’objet d’avancées très positives en vue des OMD ?
Le Bangladesh a fait beaucoup de progrès en matière de sanitaires. Il y a à peine quelques années, la plupart des villages de ce pays pratiquaient la défécation à ciel ouvert, ce qui posait de gros problèmes d’hygiène et de santé. Mais petit à petit, certains villages ont compris qu’il fallait changer cela, bien que cette question implique des changements sociaux en profondeur. Quand les villages sont devenus plus propres, cela a entraîné un vrai sentiment de fierté. L’évolution sociale a donc rendue possible la fin de cette pratique.
Je pense aussi au Brésil qui a fait beaucoup de progrès sur l’enregistrement des naissances, notamment dans le nord du pays. Le gouvernement a fait de gros efforts là-dessus. En effet, l’enregistrement des naissances est très capital pour suivre la santé des enfants. Cela leur donne une identité.

Que reste t-il à faire ?
Le plus gros travail qu’il faut faire réside dans la mise en place de systèmes de santé solides et accessibles à tous, sans questions d’argent. Mais, même si on atteint un OMD, il faut garder en tête que les résultats sont fondés sur des moyennes nationales. On ne dispose pas de chiffres plus précis. Il y aura toujours des enfants qui mourront avant leur cinquième anniversaire.
Les huit OMD sont reliés les uns aux autres. Si l’on fait des progrès dans l’un, ça implique des progrès dans un autre. C’est la même chose dans l’autre sens : si l’on prend du retard dans un domaine, ça touche aussi d’autres points.

 

En savoir plus

Pour découvrir le rapport "Progrès pour les enfants, réaliser les OMD avec équité", cliquez ici.

Et pour en savoir plus sur les OMD, c'est ici.

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Le programme de développement post-2015

Les Objectifs de développement durables (ODD) se basent sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) : 8 objectifs visant à lutter contre la pauvreté, lancés en 2000 et que le monde s’est engagé à atteindre d’ici à 2015. 

Des progrès énormes ont été réalisés vers la réalisation de ces objectifs, ce qui témoigne de la valeur d’un programme unificateur étayé par des objectifs et des cibles. Cependant, malgré ces progrès, la pauvreté accable encore trop de personnes dans le monde.

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